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Lens-Arsenal : Pardonne-nous, ô club lensois, de ne pas avoir cru en toi en Ligue des champions
FOOTBALL•Après un nul à Séville (1-1) et une victoire probante contre Arsenal (2-1) mardi soir, le RC Lens est premier de son groupe de Ligue des championsAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Le RC Lens a battu Arsenal, mardi soir, lors de la deuxième journée de la phase de poule de la Ligue des champions et est premier de son groupe.
- Après un début de saison compliqué, le club artésien ne partait pas franchement favori de son groupe.
- Mais le travail effectué par Franck Haise et ses hommes, avec le nul à Séville comme déclic commence à porter ses fruits.
Au stade Bollaert à Lens,
Il est agité dès qu’un club français réalise une contre-performance en Coupe d'Europe : le coefficient UEFA. Et, après l’élimination de l’Olympique de Marseille en tour préliminaire de la Ligue des champions, on s’est tous demandé si l’Islande et même le Liechtenstein allaient nous passer devant au classement. Surtout quand on a vu la poule de Lens, qui retrouvait la plus grande compétition européenne, après plus de vingt ans de disette.
Au programme, donc Arsenal (qui a titillé Manchester City dans la course au titre en Premier League), le Séville FC (qui connaît l’Europe comme sa poche) et le PSV Eindhoven (grand habitué de la C1). On allait voir ce qu’on allait voir, certains avaient même peur que le RCL fasse, comme on dit dans le métier, une « Marseille », soit un zéro pointé au bout de six matchs. Et le début de saison lensois confirmait, un peu, cette tendance. Des défaites à Brest, à Monaco, contre Metz…
Le nul ramené de Séville, le déclic
Voilà, on en était là, mi-septembre, avant l’entrée en lice en Ligue des champions au Sanchez-Pizjuan, en Andalousie. Et, puis, le 20 septembre, le nul ramené de haute lutte de Séville (1-1) a marqué un tournant dans la saison des Lensois. « Depuis le match de Séville, on a retrouvé nos valeurs, on est à nouveau difficile à jouer. Ce match là, avec celui de Toulouse, nous a fait du bien », a d'ailleurs souligné en zone mixte le buteur Adrien Thomasson. Depuis, le club artésien enchaîne, et la prestation face aux Gunners, mardi soir, a confirmé cette embellie et a chassé nos doutes quant à la propension du RCL d’exister en Europe.
« Il y a beaucoup de fierté »
S’ils ont mené au score (Gabriel Jesus, 14e) et eu quelques opportunités (Havertz 20e, Tomyasu 66e et Smith Rowe 88e), les Gunners n’ont pas été le club souverain qu’ils sont de l’autre côté de la Manche. Pire, face aux phases de possessions stériles des hommes de Mikel Arteta, c’est même Lens qui a proposé un jeu léché et plaisant, a été présent dans les duels et a effectué des sorties de balle digne du grand FC Barcelone, avec Kevin Danso ou Jonathan Gradit en grandes jugadores.
Les déboulés de Machado et Frankowski sur les côtés (les deux joueurs sont à l'origine des deux buts face aux Gunners), l'activité au milieu d'Abdul Samed, les réflexes incroyables de Samba dans les buts, la bonne intégration de Wahi nous font finalement dire que cette équipe peut vraiment exister en Europe, malgré une inexpérience notoire (six matchs de C1 pour la totalité de l'effectif avant le début de cette campagne).
« Il y a beaucoup de fierté avec ce que les joueurs ont réalisé, a expliqué Franck Haise en conférence de presse. On avait essayé de mettre la manière contre Séville, mais c’était un ton au-dessus face à Arsenal, qui est un très grand d’Europe. Il fallait être à la hauteur d’abord sur les aspects défensifs, savoir leur poser des problèmes, mais aussi défendre un peu plus bas aussi. Il fallait utiliser le ballon le plus intelligemment possible, c’est ce que les joueurs ont fait, c’est très très fort. »
« Une excellente équipe »
Signe que le RC Lens est passé dans une autre dimension, Mikel Arteta et Martin Odegaard ont salué la qualité de leur adversaire du soir : « C’est une excellente équipe, a indiqué l’ancien milieu de terrain du PSG. Elle est dirigée par un très bon coach. Je m’attendais à un match difficile. » Le Norvégien a insisté, de son côté, sur le fait que « c’était dur de jouer en Europe. On a joué une bonne équipe, qui était solide. Ça a été vraiment très compliqué pour nous. On doit apprendre de ça. »
Le RC Lens qui sert de modèle au grand Arsenal, même dans nos rêves les plus fous, on n'imaginait pas ça. Alors qu'on les voyait lutter, au maximum, pour une troisième place de groupe qualificative pour la Ligue Europa, voilà qu'on se met à rêver plus grand après ce succès notoire contre les Gunners. « Il ne faut pas brûler les étapes, je pense qu'on va être attendu au retour, déjà, a souligné Gradit. On a bien commencé, et on a à coeur de rester sur cette lancée. »
« On a fait deux matchs, il y en a six, a ajouté Franck Haise. Si vous prenez 30 points en 10 journées [de L1], mais que vous n’en prenez plus ensuite, vous descendez en Ligue 2. C’est une belle soirée, mais il y en a d’autres à vivre. » Autant dire que le manageur des Sang et Or attend déjà le prochain rendez-vous face à Eindhoven, le 24 octobre. Une victoire serait déjà presque synonyme de qualification pour la Ligue Europa. Mais, visiblement, ce n'est pas ce qui intéresse les Lensois.


















