OL : « Physiquement, ils sont morts »… Pourquoi Lyon ne profite-t-il pas d’un report en Ligue 1 comme le PSG ?
à bout de souffle•Malgré six joueurs majeurs à l’infirmerie et un gros coup d’arrêt depuis deux semaines, l’Olympique Lyonnais ne souhaite pas reporter son prochain match de Ligue 1 au Havre, placé entre ses 8es de finale de Ligue Europa contre le Celta VigoJérémy Laugier
L'essentiel
- L’OL connaît un sérieux coup d’arrêt après une série de 13 victoires consécutives, avec seulement 1 point pris sur 9 en Ligue 1 et une élimination en Coupe de France en deux semaines.
- L’équipe de Paulo Fonseca est actuellement décimée par les blessures de joueurs clés comme Pavel Sulc, Afonso Moreira, Ruben Kluivert et Ainsley Maitland-Niles, tandis que Corentin Tolisso et Endrick étaient « physiquement morts » dimanche, et donc incapables de démarrer contre le Paris FC (1-1).
- Malgré cette spirale négative, la direction du club a choisi de ne pas demander le report du prochain match de championnat au Havre, dimanche (17h15), placé au milieu du double affrontement contre le Celta Vigo en Ligue Europa (les 12 et 19 mars).
Une incroyable série de 13 victoires consécutives synonyme de retour sur le podium, un statut de leader en Ligue Europa et le rêve plus si dément d’un triplé Ligue 1-Coupe de France-C3 au printemps, avant le coup de la panne au pire moment. Voici ce que vivent les supporteurs de l’OL depuis la fin des vacances scolaires et une défaite en championnat à Strasbourg (3-1) le 22 février, la première en 2026.
En quête d’un trophée depuis quatorze ans, ils se mettaient alors à croire en un alignement des planètes absolu, entre un Paulo Fonseca enchaînant les masterclasses, le recrutement inespéré d’Endrick à Noël, un Corentin Tolisso en guide ultime et dans la forme de sa vie, et les retours à venir des ailiers Malick Fofana et Ernest Nuamah. Sauf que ces quatre composantes ont toutes mal tourné en seulement deux semaines.
Toujours pas de retour en vue pour Fofana et Nuamah
Les choix de l’entraîneur portugais n’ont pas tous été irréprochables dans le sérieux coup d’arrêt de la dynamique lyonnaise (1 point sur 9 en Ligue 1 et une élimination aux tirs au but contre Lens en quart de finale d’une Coupe de France sans le PSG ni l’OM), l’état de grâce de son attaquant brésilien semble être déjà loin, son indispensable capitaine est à la peine physiquement et a dû débuter sur le banc face au Paris FC dimanche (1-1), tandis que ni Fofana (cheville), ni Nuamah (ligaments croisés) n’est en mesure de retrouver une place de titulaire à court terme.
Outre ces blessés de longue date, l’OL ne peut plus s’appuyer sur ses deux atouts offensifs les plus réguliers/déterminants depuis le début de la saison, à savoir Pavel Sulc (13 buts et 7 passes décisives en 31 matchs) et Afonso Moreira (6 buts et 9 offrandes en 28 apparitions), touchés aux ischios tout comme Ruben Kluivert, qui montait en puissance avant sa blessure, ou encore Ainsley Maitland-Niles (adducteurs).
Après avoir virtuellement compté 8 points d’avance sur l’OM dans la course à la Ligue des champions, avant son écroulement final au Vélodrome le 1er mars (de 1-2 à 3-2), Lyon est à présent 4e avec seulement 3 points d’avance sur Rennes (5e). Alors que le double affrontement européen avec le Celta Vigo (6e en Liga), les 12 et 19 mars, apparaît bien plus périlleux que lors du tirage au sort, les suiveurs de l’OL ne se rassureront pas avec les interviews des tauliers Corentin Tolisso et Moussa Niakhaté sur Ligue 1 + dimanche.
Endrick et Tolisso n’étaient pas prêts à démarrer
« Après le match de Lens, j’étais vraiment atteint physiquement, a ainsi lancé le milieu de terrain de 31 ans, remplaçant au coup d’envoi et buteur sur penalty face au PFC. Je sentais que ça pouvait "péter" à tout moment. Je sais que j’ai un passé assez lourd niveau blessures et je n’aurais pas été à 100 % pour commencer ce match. Je ne veux pas tricher ou handicaper mon équipe. »
Moussa Niakhaté a même glissé à son sujet, ainsi que sur Endrick : « Ils étaient très fatigués, il était impossible de commencer pour eux. Ce n’est pas parce qu’on ne respecte pas le Paris FC, bien au contraire, mais ils ne pouvaient pas démarrer car physiquement, ils sont morts ».
Un constat pour le moins alarmant, alors que la double ambition d’une aventure en Ligue Europa, au vu d’une partie de tableau très ouverte, et d’un retour en Ligue des champions après six années d’absence, se joue dans les prochaines semaines.
Un simple « petit coup de pompe », vraiment ?
« Je ne sais pas si c’est bien de le dire et d’être trop honnête mais physiquement, ça commence à être dur, poursuivait Moussa Niakhaté. On l’a senti en première mi-temps car on essayait de mettre de l’intensité. Et il y a directement eu un petit coup de pompe. C’était dur de faire les efforts. »
De son côté, Paulo Fonseca cherche à maintenir le cap : « Finalement, ce match nul est un mal pour un bien. Nous devons comprendre les circonstances du moment, les solutions que nous avons, et rester positifs. C’est comme ça, on fait avec ce qu’on a ». Et l’audace d’un bluffant Rémi Himbert (18 ans) ne suffira sans doute pas au vu des objectifs. Une question se pose, quand on parcourt cet effectif de plus en plus décimé : pourquoi les dirigeants lyonnais n’ont-ils pas demandé le report du prochain match de Ligue 1 au Havre, dimanche à 17h15 ?
Une stratégie identique à celle de 2025
Coincé entre les 8es de finale aller et retour de C3 contre le Celta Vigo, celui-ci aurait pu être replacé plus tard dans le calendrier, à l’image du report de PSG-FC Nantes, accepté à la fois par la direction nantaise et par la LFP fin février. Avec la perspective de pouvoir disposer d’un effectif plus fourni voire plus frais après la trêve internationale du 23 mars au 2 avril. Mais non, comme l’a indiqué Tonic Radio vendredi, la direction du club ne « sollicite pas auprès de la LFP le report de son match au Havre ».
Notre dossier sur l'OLEt ce malgré l’allégement de son calendrier lié à l’élimination en Coupe de France. Une stratégie qu’avait déjà adoptée le club la saison passée, en indiquant vouloir « garder le rythme en enchaînant les matchs », y compris entre les deux chocs contre Manchester United en quart de finale de Ligue Europa. Si « l’entre-deux » avait été bien négocié en Ligue 1, avec un net succès à Auxerre (1-3), on ne saura jamais l’impact qu’avait eu cette rencontre en vue du finish cata à Old Trafford (de 2-4 à 5-4 au bout de la prolongation).



















