France – Pologne : A quand la fin des courses d’élan ridicules comme celles de Lewandowski sur les pénaltys ?
FOOTBALL•Robert Lewandowski a égalisé contre les Bleus, mardi, sur péno, après avoir à deux reprises stoppé sa course d’élan. La loi 14, qui permet ce genre de comportements, fait partie des étrangetés dont le football raffole (ou pas)Aymeric Le Gall
L'essentiel
- Lewandowski a réussi à obtenir et à transformer un penalty injuste car le gardien des Bleus Mike Maignan a été induit en erreur par sa course d’élan déroutante avec de nombreux arrêts et changements de rythme.
- L’IFAB, qui régit les règles du football, est trop permissive avec les tireurs de pénaltys, notamment en autorisant les changements de rythme et les feintes lors de la course d’élan. Les gardiens de but en revanche sont de plus en plus limités dans leurs mouvements.
A Dortmund,
Mettons les choses au clair avant d’avoiner Lewandowski, l’IFAB (qui régit les règles du football), l’arbitre du match et puis la terre entière tant qu’on y est : ce papier n’est pas une espèce de « ouin ouin » qui servirait à dire que c’est-pô-juste-les-Bleus-auraient-dû-gagner-ce-match-mais-on-nous-a-volé. On serait même tenté de dire qu’il y a une justice en ce bas monde et que cette équipe de France ne méritait rien d’autre que de se faire reprendre, après une énième purgeasse qui commence gentiment à fatiguer dans les chaumières françaises.
Non, c’est juste un cri du cœur de passionnés qui aiment profondément le football et détestent par la même occasion la bêtise dans ce qu’elle a de plus crasse. Comme cette foutue loi 14, forcément sortie du cerveau maléfique d’un sadique en manque de divertissement, qui a permis à Lewandowski d’égaliser sur pénalty après avoir vu son premier tir repoussé par Mike Maignan. Une loi qui permet donc aux tireurs de pénos de faire à peu près tout ce qu’ils veulent quand, en face, une seconde loi interdit au gardien de jaillir avant que le ballon n’ait été frappé.
Lewandowski dans la polka
Revenons à notre action : Selon l’arbitre (et le buteur du Barça, qui s’est empressé à peine sa tentative repoussée de crier au scandale), le portier français était justement sorti un peu trop tôt de sa ligne, quelques millisecondes avant que le pied de Lewandowski ne percute le ballon. Sur le principe et dans les faits, rien à dire, les pieds du gardien milanais sont bien hors de la ligne de but. Le problème, on y vient, c’est ce qui mène à cette sortie prématurée, à savoir le cirque ridicule du buteur polonais au moment de sa course d’élan. On décortique :
1. Une première course d’élan
2. Stoppée immédiatement pour faire des claquettes
3. Suivie d’une reprise de course
4. Un second arrêt, plus net encore que le premier
5. Un saut de cabri
6. Et ENFIN, un tir
Après une bonne dizaine de visionnages de l’action au ralenti, on est catégorique : il faudrait plutôt donner la légion d’honneur à Mike Maignan pour avoir réussi à ne pas sortir plus tôt de son but, au lieu de le sanctionner pour cela. Car comment peut-on être aussi sévère avec les gardiens et aussi permissifs avec les zozos au point de péno ? Les premiers articles ont rapidement fleuri après le match pour dire que les tirs de Lewandowski – car vous pensez bien qu’il ne s’est pas privé pour refaire les mêmes gaudrioles sur sa seconde tentative – étaient bel et bien valides.
Oui, c’est vrai. Selon l’IFAB, « si le tireur fait semblant de frapper le ballon après avoir terminé sa course (marquer un temps d’arrêt dans sa course est autorisé), auquel cas l’arbitre avertira le tireur ». Dans un français un chouïa plus compréhensible, cela veut dire que le joueur peut être, non pas sanctionné, mais averti (lol), s’il fait une feinte de frappe, mais qu’il n’encourt aucune sanction s’il coupe sa course à grand renfort de pitreries corporelles.
Mesdames et messieurs de l’IFAB, réveillez-vous !
On aurait beaucoup aimé poser la question au gardien des Bleus mais celui-ci n’est pas venu en zone mixte. Il a tout de même partagé son étonnement ironique sur les réseaux – « Tandis que l’attaquant entame sa 87e feinte dans sa course d’élan » – en commentaire d’un de ses précédents tweets où il avait raillé une nouvelle loi – encore une ! – qui entrera en vigueur en 2026 et interdira aux gardiens de « distraire abusivement le tireur, par exemple en retardant l’exécution du penalty ou en touchant les poteaux, la barre transversale ou les filets. » « Nouvelles règles de l’IFAB pour les penaltys en 2026 : les gardiens devront être de dos au moment du tir. En cas d’arrêt, coup franc indirect », avait-il écrit, déjà ironiquement, sur X.
Sous couvert de cette petite blagounette, le portier des Bleus mettait adroitement en lumière la différence de traitement sur l’exercice du penalty entre ceux qui les frappent et ceux qui essayent de les arrêter. Si les personnes qui édictent les lois du jeu étaient devant leur téléviseur ou au stade mardi et faisaient preuve d’un peu de bon sens, elles s’empresseraient de rééquilibrer les débats en interdisant à tout jamais ces courses d’élan pathétiques. Mais c’est sûrement trop leur demander…


















