France – Pays-Bas : Griezmann en galère face au but, c’est grave docteur ?
QUE PASA ?•Plus en vue que lors du match contre l’Autriche, Antoine Griezmann a cependant manqué une brouette d’occasions face au but, vendredi, face aux Pays-BasAymeric Le Gall
L'essentiel
- Placé plus haut sur le terrain que contre l’Autriche pour pallier l’absence de Mbappé, Griezmann a manqué de justesse face au but.
- Le joueur de l’Atlético n’a inscrit que trois buts lors de ses trente et une dernières sélections.
- De quoi inquiéter, alors que l’équipe de France peine à planter depuis le début de l’Euro ? Non, selon les principaux intéressés.
A Leipzig,
Bah alors, Grizou, on te voit plus en soirée ? Disons-le tout net : L’analyse de la performance des Bleus face aux Pays-Bas, vendredi, aurait été foncièrement différente si l’attaquant de l’Atlético de Madrid et chouchou de Didier Deschamps avait rentré ne serait-ce qu’une de ses quatre occasions du soir. Mais tout le problème est là, le garçon n’arrive plus à conclure ses rencards avec le but en équipe de France ces derniers temps. Avec seulement trois buts inscrits sur ses trente et une dernières sélections, Griezmann est loin de ses standards en club, lui qui a planté vingt-trois pions cette saison avec les Colchoneros.
Certes, ses ratés n’ont pas tous à voir avec le but tout fait manqué par Mbappé contre l’Autriche, mais le manque d’efficacité (et de confiance) de Griezmann se voit comme un gaucho au milieu d’une émission de Cyril Hanouna. Pourtant, sa première tentative de loin, bien claquée par Verbruggen, laissait entrevoir un entrain retrouvé après son non-match cinq jours plus tôt. Positionné dans un rôle de n° 10/second attaquant, juste derrière Marcus Thuram, celui-ci est en effet apparu plus en forme que lors du premier match à Düsseldorf.
« Un manque de lucidité », pour Deschamps
Sauf dans le dernier geste, donc. Si l’on ne peut lui imputer la responsabilité sur la grosse occasion de la première période, la passe de Rabiot lui arrivant un peu dans le dos, on ne peut en dire autant sur la deuxième, au retour des vestiaires, où il est en position idéale, seule à cinq mètres du but, après que N’Golo Kanté l’a parfaitement servi dans un trou de souris. Mais un problème d’appuis conjugué à une vitesse d’exécution loin d’être optimale lui ont fait perdre le temps d’avance qu’il avait sur Van Dijk avec, à l’arrivée, un tir un peu forcé détourné facilement par le gardien hollandais.
« La première, je savais qu’Adrien allait me la donner, mais elle m’arrive un peu derrière et sur le mauvais pied (le droit), ça arrive, analyse-t-il à chaud en zone mixte. La deuxième, je savais aussi que NG allait me trouver mais le défenseur veut la dégager, je crois qu’il y a un faux rebond, ce qui fait que je suis un peu surpris de la recevoir. Mon corps part en arrière, j’essaye de la rattraper comme je peux, pareil ça se joue à quelques centimètres. » N’empêche, le Griezmann que l’on connaît l’aurait mise au fond 99 fois sur 100.
Pour Deschamps l’optimiste, ou le diplomate, c’est selon, cela tient plus d’un manque de clairvoyance que d’une confiance perdue. « Il est très généreux et par moments, ça l’emmène à avoir moins de lucidité. Je l’ai trouvé beaucoup mieux que sur le premier match où il avait un déchet technique qui n’est pas habituel chez lui », a-t-il analysé après la rencontre. Pour aller dans son sens, le garçon traîne un certain retard physique sur ses petits copains depuis son arrivée à Clairefontaine. Si les prépas d’avant compétition n’ont jamais été sa tasse de thé, la saison qu’il vient de claquer avec l’Atlético n’a clairement pas arrangé la chose.
Pas de panique à bord, Griezmann reste zen
Comme il le disait lui-même en conférence de presse à la veille de France – Pays-Bas, il va « monter en puissance » au fil des jours. Mais est-ce simplement une affaire de gaz ? Trois buts en trente et un match international, quand bien même il a tendance à jouer plus bas sur le terrain depuis la Coupe du monde au Qatar, ça fait un léger pour un joueur de son calibre. Le bonhomme ne s’en est pas caché, quand il a envoyé valdinguer d’un revers de main les excuses que Deschamps lui a trouvées. « J’avais trois milieux de terrain derrière moi, je n’ai donc pas eu besoin de redescendre pour venir faire le jeu, a-t-il admis. C’est similaire à ce que je fais à l’Atlético où je suis plus près de la surface. »
Si ce n’est pas ça, c’est que le problème est plus profond et que cela touche le mental. Faut-il alors s’en inquiéter ? C’est un grand non pour Aurélien Tchouameni, croisé dans les entrailles de la Red Bull Arena de Leipzig vendredi soir : « Les meilleurs joueurs du monde ratent aussi des occasions. Mais sinon il a été très performant. Je reste confiant, lui comme nous va monter en puissance dans cette compétition. »
Même zenitude du côté du buveur de maté. « Il y a des moments où le ballon ne veut pas rentrer, c’est comme ça. C’est frustrant mais il n’y a rien d’alarmant. Je suis dans la zone. Ce sont des périodes comme ça, ça arrive pour un attaquant. Il faut rester serein et faire en sorte de se remettre au travail pour que ça revienne. » On l’espère car, en l’absence de Mbappé, Grizou semble être le seul à l’heure actuelle, avec Thuram à la rigueur, à pouvoir faire la différence sur le front de l’attaque. Le prochain match contre la Pologne arrive vite et c’est peut-être mieux ainsi. Moins il y a de temps pour tergiverser, plus vite le « modjo » peut revenir.


















