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Coupe du monde 2026 : « On n’a pas peur »… Après la qualif de l’Espagne, qui flippe le plus des Bleus ou de la Roja ?
LA BAGARRE !•Vainqueur sans (trop) briller face à une Belgique privée de Courtois à l’heure de jeu, l’Espagne va retrouver l’équipe de France en demi-finale de la Coupe du monde, mardi à Dallas. Un match aux airs de revanche pour les Bleus après l’échec de 2024Aymeric Le Gall
L'essentiel
- L’Espagne a battu la Belgique (2-1) en quart de finale de la Coupe du monde 2026 et affrontera donc l’équipe de France au tour suivant, mardi, à Dallas.
- Comme face au Portugal avec la blessure de Nuno Mendes, il aura fallu que l’adversaire perde son meilleur joueur (Thibaut Courtois) pour que la Roja parvienne à faire la différence en toute fin de match.
- La demi-finale face aux Bleus s’annonce autrement plus compliquée, mais elle le sera pour les deux équipes, qui se respectent autant qu’elles se craignent.
De notre envoyé spécial à Los Angeles,
Aucun supporter français, nous compris, n’a regardé ce quart de finale Espagne-Belgique d’un œil distrait ni totalement partial. Car se trouvait là sous nos yeux le futur adversaire des Bleus en demie, à Dallas, mardi prochain. Chacun avait donc sa petite préférence : l’Espagne pour la gloire, pour l’envie de revanche après la défaite on ne peut plus logique en demi-finale de l’Euro 2024 ; la Belgique parce que si on aime bien les chambrer de temps en temps, au fond, on les aime tout court nos amis belges. Et aussi, il faut bien l’avouer, parce que ça semblait bien moins coton sur le papier d’affronter des Diables Rouges amputés de trop de joueurs et ayant terminé le match contre la Roja sur la jante.
« On était cramés », dira ainsi Youri Tielemans après le match, lui qui a dû déclarer forfait après avoir ressenti des douleurs à l’échauffement. Déjà amputée de leur milieu Amadou Onana, blessé face aux USA, la bande à Rudi Garcia n’a pu que constater la sortie de Thibaut Courtois, en larmes, après avoir ressenti une douleur à la cuisse sur un arrêt pourtant anodin à vingt minutes du terme. Ce fut le tournant de ce match plutôt plaisant, comme le fut la sortie de Nuno Mendes au tour précédent avec le Portugal.
Une Roja pas (encore ?) franchement impressionnante
La Roja aura donc arraché son ticket pour les demies dans la douleur, une nouvelle fois, après une bourde du gardien remplaçant belge de Manchester United, Senne Lammens, sur son premier ballon chaud à jouer. Un tir pas si puissant de Cubarsi, des mains qui tremblent, un ballon qui rebondit et Mikel Merino en position de (re) jouer les bourreaux, lui qui avait déjà fait le coup face à la Seleçao à Dallas en début de semaine.
Mais cette équipe d’Espagne a une nouvelle fois souffert dans ce tournoi, encaissant (enfin !) son premier but, celui du 1-1 après l’ouverture du score du Parisien Fabian Ruiz (30e), d’une très belle tête de De Ketelaere juste avant la pause (41e). Pour le reste, toute dominante qu’elle soit dans le jeu, cette équipe semble tout à fait à la portée des Bleus, qui ne sont plus du tout ceux qu’ils étaient il y a deux ans lors d’un Euro à s’ouvrir les veines au cutter rouillé, quand notre meilleur buteur s’appelait encore “Céèssecé” et que Mbappé cachait sa misère derrière son masque.
Depuis, des petits jeunes sont arrivés (Doué, Barcola, Cherki), Dembélé est devenu « le Ballon d’or du peuple », et cette équipe soulève autant les foules que les cœurs et l’admiration. Comme pour notre confrère belge Romain Van de Pluym, que l’on avait entendu dire à l’un de ses collègues en zone mixte que si « l’Espagne est forte, très forte », les Diables Rouges étaient quand même à deux doigts « de les faire chier ».
La France favorite ? On se calme, les enfants
Et les Bleus, alors, il en pense qui face à cette Roja ? « Pour moi la France est ultra-favorite, répond-il du tac au tac. Votre équipe est stratosphérique, il n’y a pas d’autres mots. Qu’est-ce que tu veux faire ? Quand les mecs de devant décident de jouer, tu ne peux rien. On savait d’avance que si on passait ce tour on aurait pris cher derrière. Lukaku ou De Ketelaere face à Saliba ou Upamecano, c’est pas Cubarsi quoi. Mechele sur Mbappé, Olise ou Dembélé, il se serait fait un tour de reins. Au final, on est content de ne pas nous taper les Bleus. Parce qu’après 2018, les chambrages, là on aurait pris une dérouillée devant le monde entier. Non merci. »
Ce sentiment de toute-puissance des Bleus est unanimement partagé jusque chez nos confrères espagnols (sans que cela ne leur fasse peur pour autant). Ils ont pour eux les souvenirs de 2024 et 2025, en demi-finale de l’Euro (2-1) et de la Ligue des nations (5-4, après que les Bleus ont été menés 5-1 à la 67e minute).
« C’est le match le plus beau mais aussi le plus compliqué du Mondial pour l’Espagne, plus encore que la finale, si finale il y a, admet Anton Meana de la radio Cadena Ser. La France est l’équipe qui a l’attaque la plus impressionnante du monde avec notamment ce trio Olise-Mbappé-Dembélé. Sans manquer de respect à la Belgique, en Espagne on ne pensait qu’à la France avant même le quart de finale. Et les gens auraient préféré que ce soit le Maroc qui passe contre vous parce que cette équipe fait peur. »
Ça tombe bien, le sentiment est là aussi partagé. Car on connaît trop bien nos voisins du sud pour les prendre de haut avant ce qui ressemble pas mal à une finale avant l’heure, comme l’avait été PSG-Bayern il y a deux mois de cela en demi-finale de la Ligue des champions. Une éternité. Si les Espagnols n’ont pas une armada offensive comparable à celle des Bleus, ils ont tout de même un petit salopiaud nommé Lamine Yamal qui ferait peur à n’importe quel défenseur à peu près sensé (à part Nuno Mendes).
Yamal n’a peur de rien, pas même des Bleus
S’il n’a pas été transcendant face à la Belgique, bien canalisé dans son couloir par De Cuypers, le prodige barcelonais a tout de même allumé quelques mèches à même d’obliger Courtois à plusieurs parades décisives. On pense alors au duel que va devoir livrer Lucas Digne et on ne peut s’empêcher de frissonner un peu. D’autant qu’en zone mixte, le garçon avait ce petit sourire carnassier que son appareil dentaire ne saurait à lui seul expliquer. La demie, il y est déjà le morveux.
« Nous avons battu la France lors de nos deux dernières rencontres. Si la France doit craindre quelqu’un, c’est nous, lançait-il tout sourire dans les entrailles du stade d’Arlington, dans la banlieue de Los Angeles. C’est nous qui les avons éliminés la dernière fois. C’est évident que ce sont deux supers équipes, deux sélections parmi les meilleures au monde. Les deux meilleures, à mes yeux. On verra bien ce qui se passera, mais on n’a pas peur. » Nous non plus, hein Kylian ?
Voir le meilleur joueur du Real Madrid de la saison passée affronter son nouveau pays d’adoption nous rappelle forcément ce 8e de finale France-Espagne à la Coupe du monde 2006 quand, dans sa sobriété légendaire, la presse nationale appelait à mettre le numéro 5 des Merengue « à la retraite ».
L’histoire devrait leur avoir appris l’humilité et il y a peu de chance qu’on les y reprenne cette année avec Mbappé, quand bien même sur les réseaux sociaux on prie fort Exter Esposito, « la novia de Kyky » et actrice espagnole, à donner de sa personne pour envoyer le meilleur buteur du Mondial et de l’histoire de l’équipe de France à l’infirmerie. Mais le garçon est en mission et l’idée d’affronter l’Espagne dans quelques jours devait encore attiser son féroce appétit. Allez, plus que trois dodos et c’est parti.


















