Santé mentale : Thierry Henry estime avoir vécu « des épisodes de dépression durant sa carrière » sans le savoir
Football•Dans un long entretien diffusé sur la chaîne YouTube « The Diary Of A CEO », l’actuel sélectionneur des Espoirs a évoqué son enfance et l’impact de son père sur son caractèreA.H.
Des confessions, des larmes qui montent aux yeux… Il est rare de voir Thierry Henry aussi dissert sur son histoire. Dans un entretien accordé au podcast « The Diary OF A CEO », diffusé ce lundi, l’actuel sélectionneur des Espoirs français a expliqué « les difficultés » qu’il a traversées pour qu’on comprenne mieux le Thierry Henry actuel. L’ancienne légende d’Arsenal est revenue sur son enfance, les relations compliquées avec son père et les épisodes de dépression qu’il a traversés.
« Titi » reconnaît avoir vécu dans un foyer où il n’y avait pas de « câlins », de « je t’aime » ou de « bien joué », « il n’y avait pas beaucoup d’amour ». « Avec l’influence du quartier, c’était plus "tu es un homme, sois fort, ne pleure pas". Même aujourd’hui, quand je prends ma mère dans mes bras, c’est bizarre. » Il estime avoir eu la chance, en grandissant d’avoir eu « un frère aine qui [l'] a protégé. Quand tu as un certain don, les gars du quartier savent que tu peux en faire quelque chose, ils te protègent aussi d’une certaine façon. »
« Je voulais juste faire plaisir à mon père »
Thierry Henry a également évoqué la dure éducation transmise par son père : « Mon père, la première fois qu’il m’a pris dans ses bras, m’a dit : "Ce bébé sera un joueur de football incroyable". Et à partir de ce moment-là, j’étais programmé pour réussir. Mon père a pris le contrôle total de mon corps et c’était difficile. Faire plaisir aux fans, c’était faire plaisir à mon père. »
Interrogé sur sa santé mentale durant sa carrière, Thierry Henry a répondu qu’il avait dû traverser des épisodes de dépression, mais qu’il ne s’en était jamais rendu compte, car « il n’avait pas les outils pour le faire ». « Mais je me suis adapté d’une certaine manière. Cela ne veut pas dire que je marche droit, mais je marche, je mets un pied devant l’autre, et c’est ce qu’on m’a appris depuis l’enfance. »
Henry a tout de même reconnu avoir vécu des périodes compliquées après sa carrière de footballeur, « où on ne peut plus mettre la cape », qui protège du monde environnant et de ses problèmes. « Mes enfants m’ont sauvé, littéralement. C’est quand je suis rentré [de Montréal, où il entraînait en 2020] après le Covid-19 pour voir mes enfants. Je m’apprêtais à repartir, et je ne savais pas quand je pourrais les revoir avec les restrictions, je leur ai dit au revoir et tout le monde s’est mis à pleurer, la nounou, ma copine, mes enfants. Pour la première fois, je me suis "nourri" de cet amour, je me suis senti humain. » A la suite de ça, l’ancien attaquant a décidé de quitter son poste au Québec.


















