TFC – Liverpool : Pourquoi Jürgen Klopp et les Reds garderont un mauvais souvenir de Toulouse
Football•Les Violets ont écrit une splendide page de leur histoire jeudi soir au Stadium, en battant Liverpool en Ligue Europa (3-2). Mais l’entraîneur adverse est reparti contrariéNicolas Stival
L'essentiel
- Le TFC a réussi un exploit en battant Liverpool jeudi soir au Stadium (3-2). Après quatre journées de Ligue Europa, Toulouse compte 7 points et remonte à la deuxième place du groupe E, à deux longueurs des Reds, toujours leaders.
- Jürgen Klopp a raté le pari qui lui avait si bien réussi deux semaines plus tôt à Anfield, face à la même équipe (5-1).
- Le manager allemand, qui vantait auparavant l’enthousiasme des fans toulousains, encore incroyables ce jeudi, n’a en revanche pas apprécié les conditions dans lesquelles s’est déroulée la conférence de presse d’après-match.
Au Stadium de Toulouse,
Parfois, il faut savoir avouer son ignorance. On ne sait pas, par exemple, si la popularité de Michel Blanc a franchi la Manche et le Rhin. Et on ne peut donc pas dire si les Reds et leur entraîneur allemand Jürgen Klopp ont saisi la référence des Indians Tolosa, ce jeudi soir, juste avant le coup d'envoi du match de Ligue Europa au Stadium. Les ultras du TFC ont déployé le portrait géant de Jean-Claude Dusse, flanqué de l’une des répliques fétiches du antihéros des Bronzés font du ski : « Sur un malentendu, ça peut marcher. »
En revanche, on est sûr d’une chose : l’espoir de Carles Martinez Novell est devenu réalité. Le technicien espagnol annonçait mercredi : « Il faut que Liverpool se souvienne du Stadium. » Et effectivement, les troisièmes de Premier League ne sont pas près d’oublier leur expérience dans l’antre du 14e de Ligue 1, qui restait sur trois défaites, la dernière dimanche à la maison face au Havre, concurrent direct pour le maintien (1-2).
Les Anglais avaient été surpris par la ferveur des 2.400 supporteurs toulousains qui avaient ambiancé Anfield deux semaines plus tôt, malgré la raclée reçue par leurs favoris (5-1) ? Ils ont dû halluciner devant l’exceptionnel soutien apporté au vainqueur de la dernière Coupe de France jeudi soir, dans une enceinte remplie jusqu’au ciel (32.026 personnes, très exactement).
« Une soirée historique » pour le TFC
Depuis leur virage Brice-Taton, les Indians ont donné le ton, du début jusqu’à la fin, dans un enthousiasme contagieux qui a porté l’exemplaire capitaine Vincent Sierro et ses coéquipiers vers le plus bel exploit européen du TFC depuis l’antédiluvienne victoire face au Naples de Diego Maradona (1-0), voici 37 ans. « C’est une soirée historique, pour le club, la ville, les joueurs », s’est enflammé Martinez Novell, bien plus inspiré dans son coaching que lors des derniers matchs.
Selon les stats de notre partenaire Sofascore, Liverpool a affiché 71 % de possession, réussi 512 passes contre 153 à Toulouse et tiré 19 fois contre 11. Mais les Reds, avec une équipe de départ que l’on qualifiera pudiquement de mixte (tout comme à l’aller, ce qui ne les avait pas empêchés alors de gagner en sifflotant), ont chuté.
Et cela, malgré la tentative de Klopp de reproduire l’effet « bomb squad » en sortie de banc, si efficace chez les rugbymen sud-africains lors de la dernière Coupe du monde. Seulement, « Mo » Salah, Alexander-Arnold et Szobozlai, lancés en bloc et bien plus tôt que prévu dès le retour des vestiaires, à 1-0 pour Toulouse, n’ont pas empêché la défaite.
Longtemps poussif sur la pelouse, le spectacle s’est mis au diapason du public en deuxième période, avec quatre buts validés par l’arbitre bulgare M. Kabakov. Et un dernier refusé au jeune défenseur central des Reds Jarell Quansah après recours au VAR, tout au bout du temps additionnel (90e+7), pour une main d’Alexis Mac Allister au départ de l’action. « Ce troisième but de Liverpool finalement annulé permet de rendre cette soirée encore plus épique », relève Martinez Novell.
Une fin de match très confuse
Lequel a commencé à trembler lorsque le remplaçant de luxe adverse – encore un – Diogo Jota a réduit la marque à 3-2 à l’orée du temps additionnel. « Je vois l’action parce que je suis face à lui, je sais qu’il y a main », ajoute Frank Magri, auteur du 3-1 à la 76e minute, peu après son entrée en jeu. L’attaquant camerounais du Tef' reconnaît quand même s’être retrouvé « dans le doute » avant la délivrance, au terme de « beaucoup de suspense » (et de quelques cartons jaunes distribués en raison de la nervosité ambiante).
On ne sait pas ce que Mac Allister avait à dire à ce sujet puisque le champion du monde 2022 s’est seulement arrêté au micro d’un journaliste hispanophone (comme Darwin Nuñez juste avant lui) pour évoquer… le prochain Argentine – Uruguay du 17 novembre. C’est toujours mieux que leurs collègues qui ont pressé le pas en zone mixte pour rejoindre le plus vite possible leur car, au cas improbable où celui-ci partirait sans eux.
Quelques minutes plus tôt, Klopp avait donné son avis et, sans trop de surprise, il était différent de celui des Toulousains. « Pour moi, le ballon touche la poitrine, je n’ai pas vu le contact avec le bras pour être honnête, a assuré l’Allemand. Peut-être que l’arbitre a vu une image que je n’avais pas. Il aurait aussi pu y avoir un penalty pour nous. » On ne sait pas vraiment de quelle action le manager des Reds a voulu parler.
Mais Klopp a tout de même reconnu : « On aurait dû mieux être en place, plus agressifs, il faut accepter la défaite, c’est mérité. » Ce seront ses derniers mots en conférence de presse, organisée dans un chapiteau érigé sur le parvis du Stadium, hérité du récent Mondial de rugby.
Le chapiteau de la colère
Celui qui se disait la veille « impatient » de voir à l’œuvre « les supporteurs exceptionnels » du TFC, n’avait alors plus qu’une envie : quitter les lieux, Toulouse et la France, tant le vacarme de certains fans violets, qui chantaient au-dehors tout en tapant sur une paroi de l’édifice provisoire, l’insupportait et couvrait ses propos.
« Qui a eu l’idée de faire la conférence de presse à cet endroit ? » a lancé l’Allemand, excédé. On aurait bien aimé lui expliquer que l’habituelle salle dédiée à l’intérieur du Stadium était bien trop exiguë par rapport à l’affluence médiatique du soir, mais on a senti que ce n’était pas forcément le moment de lui parler de ça. Ni de lui proposer un quiz sur Les Bronzés font du ski.


















