VIDEO. Lille : « Ma grand-mère m’appelait "min garchon" », raconte Michel Blanc, parrain du festival CineComedies

INTERVIEW Le comédien et réalisateur, Michel Blanc, sera le parrain de la deuxième édition du festival CineComedies, consacré aux comédies et qui se tiendra à Lille, du 2 au 6 octobre 2019

Propos recueillis par Gilles Durand

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L'acteur et réalisateur, Michel Blanc.
L'acteur et réalisateur, Michel Blanc. — Guillaume Collet / SIPA
  • La 2e édition du festival CineComedies aura pour parrain Michel Blanc.
  • L'acteur et réalisateur raconte à 20 Minutes que sa grand-mère employait parfois des expressions ch'tis.

On va rire à Lille. Du 2 au 6 octobre, la 2e édition du festival CineComedies aura pour parrain Michel Blanc. L’acteur et réalisateur viendra présenter une soirée carte blanche et animera une masterclass, le 5 octobre.

Qu’est ce qui vous a motivé pour être parrain de ce festival ?

J’ai surtout été flatté qu’on pense à moi. Ça me touche beaucoup qu’on projette certains de mes films. En plus, j’adore Lille. Et c’est le seul moment de répit que j’aurai cette année. Je viens de finir la post-production d’un film dans lequel je joue et je vais commencer la tournée de promotion après le festival. D’ailleurs, le film, qui s’appelle Docteur ?, sera projeté pour la première fois lors du festival. Ça fait un peu peur.

Avez-vous un lien particulier avec le Nord ?

Je suis un vrai Parisien, mais figurez-vous que ce lien avec le Nord, c’est ma grand-mère. Comme mes parents d’origine modeste travaillaient tous les deux, elle me gardait, la journée. Or, mes grands-parents, avant la guerre, avaient habité à Arras. Mon grand-père était originaire de Bretagne, mais son travail d’ouvrier dans l’horlogerie l’a amené jusque dans le Nord. Ils ont dû y séjourner longtemps car ma grand-mère avait pris des habitudes du Nord. Elle employait des expressions ch’tis, mêlées d’argot, que je répétais à l’école.

Quoi, par exemple ?

Je me souviens du mot « tijon » qui signifiait un tisonnier. Elle m’appelait « min garchon ». Il y avait toujours du café sur le feu. Et surtout, elle trempait sa tartine avec du camembert dans le café au petit-déjeuner. Ça m’a fait rire de retrouver cette coutume dans Bienvenue chez les ch’tis.

Pour avoir tourné Embrassez qui vous voudrez au Touquet, vous connaissez un peu la région…

Le Touquet est une ville un peu particulière, mais j’aime beaucoup le Nord. J’adore le potschevlesch, par exemple. Lorsque j’ai écrit Un petit boulot, j’avais transposé l’histoire dans le Nord. Ensuite, le film a été tourné en Belgique pour des raisons de production, mais il parle un peu du Nord.

Quelle est votre comédie de référence ?

Quand j’étais jeune, le dimanche après-midi, il n’y avait pas que des grosses conneries de séries à la télé. On pouvait aussi voir de grands classiques du cinéma. J’ai été marqué par To be or not to be de Lubitsch, que j’ai vu aussi comme un film d’aventures. C’est une des plus grandes comédies réalisées. Traiter ainsi du thème de l’Occupation en 1942, c’est génial. Après, j’aime aussi la comédie moins intellectuelle. J’adore Louis de Funès, par exemple, même si je ne m’inspire pas du tout de son jeu.

Qui vous a inspiré, à vos débuts ?

Mon personnage de comédie s’est forgé en regardant les premiers films de Woody Allen. Ça m’a consolidé dans l’idée qu’un petit avec plein de défauts pouvait réussir et faire rire.

Pourquoi avoir choisi de projeter Marche à l’ombre et Viens chez moi, j’habite chez une copine ?

Marche à l’ombre semble demandé. Canal + l’a fait remastériser pour le ressortir en DVD. Comme ce ne sont pas des philanthropes, je me suis dit que c’est parce qu’il y avait de la demande. Du coup, je vais le voir pour la première, à Lille, dans sa nouvelle version. Viens chez moi, j’habite chez une copine, c’est le premier film coécrit avec Patrice Lecomte, et indépendamment des Bronzés. Ça a été aussi un des plus gros succès.

Etes-vous nostalgie de cette époque ?

J’ai adoré cette époque mais je n’en suis absolument pas nostalgique. Je ne considère pas que c’était l’âge d’or. Il y avait aussi des choses qui étaient compliquées. Comme aujourd’hui, d’ailleurs. Le public imagine qu’on se marre quand on fait des comédies, mais ce n’est pas toujours vrai. On peut jouer un personnage comique en étant soi-même dans une situation difficile. C’est le côté schizophrénique de notre métier.