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L’inconstant « esthète » Houssem Aouar portera-t-il l’OL en Ligue Europa ?

FC Porto-OL : Houssem Aouar, qui « se sublime vraiment dans l’adversité », peut-il porter Lyon comme au Final 8 ?

FOOTBALLLe milieu de terrain lyonnais, cantonné à un rôle de joker depuis un mois, a souvent brillé sur la scène européenne depuis ses débuts professionnels. Il compte bien remettre ça ce mercredi (18h45) en 8e de finale aller de Ligue Europa à Porto
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’Olympique Lyonnais s’attend à un 8e de finale aller de Ligue Europa très délicat, ce mercredi (18h45) à Porto.
  • Absent des grands rendez-vous européens depuis le Final 8 de Ligue des champions 2020, Lyon pourrait s’appuyer sur Houssem Aouar, qui avait été lumineux à Lisbonne.
  • Si son inconstance lui est reprochée, surtout depuis ses coups d’éclat contre la Juve et Manchester City en 2020, le milieu lyonnais sait depuis toujours « se sublimer dans l’adversité ».

Un 200e match avec le brassard de capitaine, et deux ouvertures délicieuses à l’origine des deux derniers buts lyonnais. La soirée parfaite de l’OL, vendredi à Lorient (1-4), va peut-être marquer un tournant dans l’année 2022 d’Houssem Aouar, jusque-là remplaçant depuis un mois et la mise en place d’un 4-2-3-1 par Peter Bosz. Le forfait de Tanguy Ndombele (blessé) a donc permis au milieu de terrain de 23 ans de retrouver la lumière dans un timing idéal, avant le choc contre le FC Porto, ce mercredi (18h45) en 8e de finale aller de Ligue Europa.

Très convaincant à Lorient vendredi (1-4), pour sa première titularisation depuis un mois, Houssem Aouar pourrait revenir dans les plans de Peter Bosz. Loic VENANCE
Très convaincant à Lorient vendredi (1-4), pour sa première titularisation depuis un mois, Houssem Aouar pourrait revenir dans les plans de Peter Bosz. Loic VENANCE - AFP

L’homme aux 37 buts et 34 passes décisives sous le maillot de l’OL depuis 2017 choisit d’ailleurs souvent bien ses moments pour briller, ce qui peut être perçu à la fois comme une force et une faiblesse. « C’est un peu la marque de fabrique des grands joueurs de répondre présent dans les grands matchs », pose Armand Garrido, emblématique ex-formateur de l’Olympique Lyonnais, qui a entraîné Houssem Aouar en U17 nationaux.

« Il a le caractère d’un sportif de haut niveau »

« C’est un garçon intelligent qui sait bien préparer les grands événements, approuve Gérard Bonneau, ancien directeur de la cellule de recrutement des jeunes à Lyon. En dehors de ses qualités techniques hors normes, il a le caractère d’un sportif de haut niveau. Donc c’est certain qu’il va tout faire pour se montrer contre Porto. » Habituelle bête noire du rival marseillais (4 buts et 2 passes décisives au total contre l’OM), comme lorsqu’il avait climatisé le Vélodrome en mars 2018 (2-3) dans un match disputé en étant malade, le Villeurbannais a également crevé l’écran à plusieurs reprises en Ligue des champions.

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En décembre 2019, l’OL est dos au mur en vue de sa qualif en 8es, mené 0-2 à la pause par Leipzig dans une ambiance délétère. Houssem Aouar enroule alors une merveille de frappe câlinée dans la lucarne pour relancer son équipe, qui sauvera in extremis (2-2) sa peau en C1. Et quand personne ne donne la moindre chance aux Lyonnais derrière contre la Juventus puis surtout Manchester City, le numéro 8 se transcende.

Petit pont sur Dybala, louanges de De Bruyne

Petit pont sur Paulo Dybala, et quatuor de passes dé combinées en trois matchs pour faire tomber ces deux monstres européens, recevoir les louanges de Kevin De Bruyne, et hisser son club formateur dans le dernier carré de la Ligue des champions. Lors de cet insensé Final 8 en plein été 2020 à Lisbonne, l’élégant meneur de jeu est clairement l’atout numéro un du dernier frisson européen du club, privé de qualification en C1 depuis.

La masterclass absolue d'Houssem Aouar reste son quart de finale de Ligue des champions 2020 contre Manchester City, qui lui avait même valu les louanges de Kevin De Bruyne.
La masterclass absolue d'Houssem Aouar reste son quart de finale de Ligue des champions 2020 contre Manchester City, qui lui avait même valu les louanges de Kevin De Bruyne. - Franck Fife/AP/SIPA

« Déjà en Youth League [la Coupe d'Europe des U19] en novembre 2016, dans un match de poule contre la Juve (0-1) très important pour la qualif, Houssem avait fait la différence en marquant un super but après un grand pont sur un contrôle orienté dans le rond central », se souvient le défenseur Bryan Ngwabije, son ex-partenaire durant de longues saisons à l’académie. Trois mois plus tard, son premier but professionnel (dès son deuxième match) est inscrit en 16e de finale de Ligue Europa contre Alkmaar (7-1), à 18 ans. Il y a pire, non ?

Houssem Aouar a inscrit son premier but professionnel à seulement 18 ans, en 16e de finale de Ligue Europa contre Alkmaar, en février 2017.
Houssem Aouar a inscrit son premier but professionnel à seulement 18 ans, en 16e de finale de Ligue Europa contre Alkmaar, en février 2017. - McManus/BPI/Shutterstoc/SIPA

« De temps en temps, on aurait envie de le booster un peu »

Pourquoi tous les souvenirs marquants qu’il a impulsés sur la scène européenne avec son club de toujours ne lui permettent-ils pas, après cinq saisons professionnelles, d’être l’égal d’un Lacazette, Umtiti, Tolisso ou Fekir aux yeux des supporteurs lyonnais ?

« Tout le monde s’accorde à reconnaître que c’est un joueur talentueux mais je trouve qu’il y a quand même beaucoup d’exigence vis-à-vis de lui, estime Armand Garrido. Bien sûr, de temps en temps, on aurait envie de le booster un peu. Mais ça reste un esthète avec une finesse technique et une remarquable lecture du jeu comme il n’y en a pas tant. »

Les stats montrent qu’il est plus décisif en Coupe d'Europe qu’en L1

On a quand même l’impression qu’Houssem Aouar ne s’est jamais totalement relancé sur la durée, après son départ avorté vers Arsenal en 2020, dans la foulée de son Final 8. « Imaginez, je me souviens d’un tournoi poussins où il était déjà avec l’OL, sourit Gérard Bonneau. Ça fait 13 ans qu’il joue à Lyon, c’est logique qu’il y ait des moments de lassitude. Mais sur la totalité de ses 200 matchs en pros, il y en a entre 75 et 80 % de satisfaisants, non ? » Au vu de l’inconstance qui lui colle désormais à la peau, et alors qu’il ne s’est toujours pas stabilisé clairement à un poste, on peut estimer que ce chiffre est un peu gonflé.

Dès 2016, Houssem Aouar, ici contre la Juventus, s'était mis à porter son club formateur en Youth League, avec 3 buts inscrits durant la phase de poules.
Dès 2016, Houssem Aouar, ici contre la Juventus, s'était mis à porter son club formateur en Youth League, avec 3 buts inscrits durant la phase de poules.  - Jérémy Laugier/20 Minutes

« Je ne le trouvais pas forcément inconstant en jeunes, mais on savait en tout cas qu’on pouvait compter sur lui dans les grands rendez-vous », résume Bryan Ngwabije, aujourd’hui à Lyon Duchère (National 2), qui a été marqué par « sa maturité et son professionnalisme » dès l’adolescence. Il n’empêche, les chiffres sont parlants, puisque le joueur est en moyenne décisif un match sur deux en Coupe d'Europe (5 buts et 10 passes décisives en 30 matchs), contre un match sur trois en Ligue 1 (26 buts et 22 offrandes en 152 matchs). Armand Garrido décrypte une période délicate rencontrée par Houssem Aouar durant sa formation, et qui peut faire écho aujourd’hui.

« Il avait signé une première saison éblouissante avec les U17, quand nous avions fini champions de France en 2014. L’année suivante, il était davantage dans la facilité, à chercher l’exploit individuel. On sentait qu’il était déjà pressé de jouer à l’étage au-dessus, en U19. Il ne se rendait pas service en cherchant à faire la différence seul, et au final, même ses stats personnelles avaient été moins bonnes que sur sa première année. J’ai compris qu’Houssem se sublimait vraiment dans l’adversité. » »

« Les grosses frappes à l’anglaise, ce n’est pas son registre »

Celle-ci est bien présente à Lyon désormais depuis l’installation de Maxence Caqueret comme taulier inamovible du milieu lyonnais, avec la recrue hivernale Tanguy Ndombele à ses côtés et Lucas Paqueta en chef d’orchestre devant eux. Les reproches récurrents à l’encontre d’Houssem Aouar, surtout sur son manque d’explosivité, de vitesse, et de puissance de frappe, vont-ils le cantonner à un rôle de joker sur cette fin de saison avec Peter Bosz ?

« Pour la vitesse, la télévision laisse une impression très trompeuse, assure Bryan Ngwabije. Croyez-moi, c’est un faux lent, il a ce coup de rein qui fait mal aux défenseurs. Après oui, les grosses frappes à l’anglaise, ce n’est pas son registre. » Et si l’arrivée d’une échéance européenne clinquante, à 15 mois de la fin de son contrat, faisait sauter même cette barrière-là, ce mercredi à l’Estádio do Dragão ?