RC Strasbourg : Avec 44 buts en 22 journées, l’attaque actuelle est-elle la meilleure de l’histoire du club ?

LIGUE 1 Alors, Ajorque and Co. sont ils plus forts que le duo Pagis-Niang ou l’historique attaque du Racing Gemmrich-Wagner-Tanter-Piasecki ?

Thibaut Gagnepain
Ludovic Ajorque a déjà inscrit 10 buts cette saison, contre 8 pour Kévin Gameiro.
Ludovic Ajorque a déjà inscrit 10 buts cette saison, contre 8 pour Kévin Gameiro. — Patrick Hertzog / AFP / Paint
  • Le RC Strasbourg possède cette saison la deuxième meilleure attaque de Ligue 1, avec 44 buts en 22 journées.
  • Au sein de cette ligne offensive, quatre joueurs marquent beaucoup : Ajorque (10 buts), Diallo (9), Gameiro (8) et Thomasson (7).
  • Est-ce que cette attaque est la meilleure que le club alsacien ait connue ? Réponse avec des joueurs qui ont connu d’autres glorieuses années, comme Albert Gemmrich, David Zitelli et Cédric Kanté.

Le Bayern, l’Inter, Manchester City, le PSG… et le  RC Strasbourg ! Après environ six mois de compétition, le club alsacien possède la 14e meilleure attaque des grands championnats européens. La deuxième de France, derrière le club parisien. Presque incroyable et surtout historique.

C’est simple, après 22 journées de Ligue 1, ou Division 1, jamais le  Racing n’avait inscrit 44 buts. Même lors de l’unique titre de champion en 1978-1979, les hommes de Gilbert Gress n’en étaient « qu’à » 37 pions au même stade de la saison. Emmenés par un trio Gemmrich-Wagner-Tanter soutenu par Piasecki.

« C’était une autre époque et c’est difficile de les comparer. Aujourd’hui, le jeu va beaucoup plus vite », rigole le premier cité, canonnier en chef (17 buts). Au style alors bien différent de celle actuelle coachée par Julien Stéphan. Ici, pas de 3-5-2 ni de pressing haut, plutôt du marquage individuel sur le meneur de jeu adverse et des ailiers de débordement prêts à semer le désordre.

« Joël [Tanter] nous a beaucoup fait marquer comme ça », poursuit Gemmrich, aujourd’hui président de la ligue de football du Grand-Est. « Roland [Wagner] était certainement le plus doué de nous tous et on permutait beaucoup dans l’axe. Moi j’allais aussi sur le côté et ma force, c’était de tirer des deux pieds. Francis [Piasecki] avait aussi une bonne frappe et n’hésitait pas à prendre sa chance de loin, ce qu’on ne voit plus. Aujourd’hui, on a plutôt tendance à contourner la défense pour centrer. »

« Le danger peut venir de partout »

Les partenaires de Dimitri Liénard en sont les parfaits exemples : ils ont jusque-là inscrit 12 buts sur les 350 centres tentés, record en Ligue 1. Mais ce n’est pas leur seule arme… « Cette année, on a l’impression de voir une équipe allemande jouer. Ça part dans tous les sens ! », apprécie l’ancien défenseur du club Cédric Kanté. « Il y a beaucoup de joueurs de ballon dans cette équipe, avec un QI foot élevé, et ils ne s’enferment pas dans un rôle. Ils sont très polyvalents et on sent que le danger peut venir de partout. »

L’actuel consultant pour Canal+ International l’admet bien volontiers, rarement il avait vu une telle animation offensive au Racing. Même pendant son passage et la fameuse saison 2004-2005 d’un certain duo Pagis-Niang. Les deux avaient alors respectivement planté 15 et 12 buts… « En termes de talent et sans faire injure à personne, ils étaient au-dessus des attaquants actuels, reprend-il. Mais on s’appuyait beaucoup sur eux devant et dès qu’il en manquait un, ça se sentait. Cette saison, on voit que ça tourne toujours, même s’il y a des absents. »

Habib Diallo parti à la Coupe d'Afrique des nations, Kévin Gameiro a ainsi pris le relais avec 4 réalisations sur les 3 derniers matchs. « Lui, c’est un top joueur », réagit David Zitelli, qui savait aussi faire trembler les filets en son temps. En 1996-1997, c’était arrivé 19 fois, avec un Pascal Nouma pas en reste (14 buts). « On jouait en 4-4-2 et tout le monde faisait très bien son boulot. Pascal et moi, on avait juste à en profiter », minimise-t-il en citant quelques partenaires facilitateurs. « Gérald Baticle qui nous donnait des caviars, Olivier Dacourt qui avait un talent fou ou Alexander Mostovoï la saison d’avant, un virtuose. Fallait être réveillé avec lui ! »

Cette année, les passes décisives arrivent de plusieurs joueurs, Ibrahima Sissoko (5), Adrien Thomasson (4), Ludovic Ajorque (4) notamment. De quoi accréditer l’image d’une attaque protéiforme qui régale chaque week-end. Jusqu’à quand ? « Je leur souhaite de battre notre record de 70 buts en 1978, ça voudra dire qu’on aura encore vu du spectacle », conclut Albert Gemmrich.