OL-OGC Nice : Comment les Lyonnais ont-ils pu laisser filer la Ligue des champions après une défaite « indigne » ?

FOOTBALL Battus dimanche par les Niçois à la surprise générale (2-3), les partenaires de Memphis Depay n'ont pas réussi à bénéficier du faux pas de l'AS Monaco à Lens (0-0) 

Jérémy Laugier
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Tout le désarroi de l'OL est symbolisé par cette photo de Memphis Depay, pour son dernier match avec Lyon
Tout le désarroi de l'OL est symbolisé par cette photo de Memphis Depay, pour son dernier match avec Lyon — Laurent Cipriani/AP/SIPA
  • Les Lyonnais ont dit adieu dimanche à leurs derniers espoirs de se qualifier pour la Ligue des champions pour la saison prochaine, après une défaite inattendue contre l’OGC Nice (2-3).
  • « Je pense qu’on est à notre place : on ne mérite pas d’aller en Ligue des champions », a martelé Rudi Garcia, qui ne prolongera pas son bail à Lyon.
  • Devancé par l’ASM pour la qualif' en C1, l’OL va devoir vite annoncer l’identité du successeur de Garcia sur le banc

 

Au Parc OL,

Comme un douloureux clin d’œil, l’envoûtant titre des Fugees, Killing Me Softly, a été diffusé au Parc OL, dimanche soir, juste après l’ultime rencontre de Ligue 1 entre Lyon et Nice (2-3). Encore privés de stade, même si certains d’entre eux ont bravé le couvre-feu pour encourager leur équipe aux abords du virage nord, les supporters lyonnais ont eu cette sensation de « mort douce » pour les ambitions de Ligue des champions de leur club. A savoir une première période tranquillement maîtrisée, avec un doublé de Karl Toko Ekambi (1-0, 14e puis 2-1, 40e) sur deux caviars du meilleur passeur de L1 cette saison, Memphis Depay, ainsi qu’un penalty qui aurait dû être accordé à Houssem Aouar (19e).

Puis c’est « la panne d’éclairage » totale au retour des vestiaires. « On prend un deuxième but indigne d’une équipe professionnelle avec ce tir plein axe [d’Hassane Kamara à 2-2, 50e], », peste Rudi Garcia, remonté juste avant d’annoncer son départ du banc lyonnais. Sans vie, sans liant et sans la moindre réaction, les partenaires de Memphis Depay ont traversé le deuxième acte comme des fantômes, subissant même comme coup de grâce un but de l’ancien défenseur stéphanois William Saliba, bien servi par Amine Gouiri, ex-grand espoir de l’académie de l’OL (trop) vite vendu (2-3, 57e).

« Cette saison a été très usante mentalement, très dure »

Memphis Depay quitte la pelouse dimanche, très marqué, avec un trophée de meilleur passeur de la saison en Ligue 1. Avant cela, il s’en est pris à Benoît Millot, pour l'action d'Aouar en pleine surface, alors qu'il n'a pas daigné vérifier le VAR sur le coup. « Ce n’est pas la première fois cette saison qu’on gaspille un match, note Memphis Depay. Il y a une question de concentration mais c’est dur à expliquer. On a contrôlé la première partie du match et je pense qu’on s’est un peu arrêtés de jouer en deuxième période. Finir comme ça cette importante partie de ma carrière, c’est triste. » Triste comme le total de 15 points perdus en L1, rien qu’à domicile, depuis janvier dernier. Clairement fautif sur le but d’Hassane Kamara, Anthony Lopes y va de son tranchant constat, au micro de Canal +.

On a tout perdu, on avait vraiment à cœur de démarrer la deuxième période comme la première. Là, il n’y a pas de mots, c’est très dur. Sur notre deuxième partie de saison, je ne pense pas qu’on méritait le podium avec ces résultats à domicile. Cette saison a été très usante mentalement, très dure. Il va falloir se relever et vite repartir de l’avant pour la saison prochaine. »

« On ne mérite pas d’aller en Ligue des champions »

S’il a disputé dimanche son dernier match sous le maillot lyonnais, Memphis Depay exhorte ses partenaires à « se regarder dans le miroir pour voir ce qu’on a fait de mal ». « On voulait vraiment ramener la Ligue des champions au président et aux supporters, insiste le buteur néerlandais. On sait que ce soir, on s’est fait du mal tout seuls. » Assez pour permettre à l’AS Monaco (3e), pourtant tenue en échec à Lens (0-0), de conserver sa place en Ligue des champions. Comment ce groupe a-t-il donc pu passer à ce point au travers contre une équipe 9e et en roue libre ? « Je pense qu’on est à notre place : on ne mérite pas d’aller en Ligue des champions, sinon on aurait gagné ce soir, résume Rudi Garcia. Ce n’est que de notre faute, et évidemment de la mienne aussi. C’est hallucinant, un peu à l’image de notre saison. »

Rudi Garcia, ici à l'occasion de la réception de l'OGC Nice, le 23 mai au Parc OL. JEFF PACHOUD / AFP
Rudi Garcia, ici à l'occasion de la réception de l'OGC Nice, le 23 mai au Parc OL. JEFF PACHOUD / AFP - AFP

Une saison faite de hauts et de bas assez spectaculaires, comme cet OL-Losc basculant d’un coup dans la folie furieuse (2-0 à la mi-temps, 2-3 au final). Jean-Michel Aulas et  Juninho  n’ont pour l’instant pas voulu réagir à cet épilogue de saison très mal négocié, ou à la succession de Rudi Garcia. Quelques jours avant ce dernier match déterminant contre Nice, Léo Dubois et Rudi Garcia ont respectivement qualifié cette saison de « grande », et « d’exceptionnelle ». Killing me softly with his song.