Ligue 1 : Final 8, cadences infernales, changement de coach… Les raisons de l’échec du PSG

FOOTBALL Le Paris Saint-Germain a perdu son titre de champion de France au profit du Losc, ce qui s’explique par une saison vraiment pas comme les autres pour les Parisiens

William Pereira

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Malgré un Kylian Mbappé hallucinant, le PSG échoue sur la deuxième marche du podium en Ligue 1.
Malgré un Kylian Mbappé hallucinant, le PSG échoue sur la deuxième marche du podium en Ligue 1. — AFP
  • Vainqueur de Brest dimanche soir, le PSG a tout de même dû céder son titre de champion au Losc à l’issue de la 38e journée de Ligue 1.
  • Un échec retentissant, forcément, pour le club parisien, impuissant face à ses adversaires directs cette saison.
  • Sur le pont depuis juillet dernier du fait de la pandémie, les Parisiens ont dû composer avec de nombreux blessés et le licenciement en cours de route de Thomas Tuchel.

Cette fois, c’est fini. Le PSG a fait le boulot en s’imposant à Brest dimanche soir lors de la 38e journée de Ligue 1, mais doit abandonner son titre de champion au Losc, vainqueur à Angers. Une conclusion somme toute logique pour cette saison au cours de laquelle les Parisiens auront laissé trop de points en route, notamment face à leurs concurrents directs. Un échec cuisant qui peut s’expliquer par une préparation tronquée et la délicate fin de mandat de Thomas Tuchel – même si ça ne peut tout excuser.

Une saison à rallonge

Il y a un côté rassurant à avoir vu le Paris Saint-Germain ramer autant en cette saison 2020-21. Si Paname s’était baladé en Ligue 1 en ayant repris l’entraînement le 22 juin pour se taper des finales de Coupe puis le Final 8 de Ligue des champions, quand aurait-il pu être inquiété ? D’autant plus que ses trois adversaires directs n’ont que très peu (voire pas du tout) goûté aux compétitions européennes tout du long de l’exercice 2021, là où Paris a dû se farcir un an à jouer tous les trois jours – à quoi il faut ajouter des fenêtres internationales également agrandies. De quoi justifier la dynamique collective irrégulière et les trous d’air individuels auxquels même Kylian Mbappé, dont on retiendra finalement qu’il a encore survolé les débats avec plus de 25 buts marqués, n’a pas échappé.

Pas une victoire contre ses adversaires directs

Deux défaites contre Monaco, un nul et une défaite contre le Losc. Des trois équipes sur le podium de L1, le PSG est la seule à n’avoir pas battu une seule fois un membre du trio de tête. Bizarre. Petit lot de consolation : Paris a quand même réussi à battre l’OL une fois, et de fort belle manière (4-2). Mais cette saison, Paris n’a pas su se hisser à la hauteur de ses concurrents en championnat.

Un mercato vraiment pas fou

Peut-on citer une vraie bonne affaire dans le mercato estival parisien en dehors du départ de Jesé ? Blague à part et pour les services rendus, on citera éventuellement le prêt de Moise Kean, qui, avant de sniffer des ballons gonflés à l’hélium, a un temps eu le mérite de compenser la disparition sous les radars de Mauro Icardi. Pour le reste, ce n’est pas fameux.

A commencer par Alessandro Florenzi et son autonomie d’iPhone en fin de vie. Et que dire de la non-prolongation de Thiago Silva, pseudo-responsable de toutes les faillites du PSG en Ligue des champions qui se retrouve étrangement pour la deuxième année consécutive en finale de C1. Le départ du Brésilien a certes permis à Marquinhos de s’émanciper en tant que leader du vestiaire, mais il a aussi laissé son compatriote en galère avec Kehrer ou Danilo Pereira, dernière recrue surestimée de Leonardo.

Tuchel et Leonardo sont dans un bateau…

Arrivé sur la pointe des pieds, le Portugais a fait bien malgré lui l’objet d’une des nombreuses bisbilles entre Leonardo et Thomas Tuchel, l’Allemand ayant décidé de laisser Marquinhos en 6 pour faire redescendre Danilo en défense centrale. Ce que n’avait évidemment pas apprécié Leo, qui confirmera plus tard en public que l’ancien capitaine du FC Porto « est un milieu de terrain » et que « même Tuchel le sait ».

Le genre d’embrouilles qui participent d’un climat interne délétère, bien loin de l’esprit de corps affiché à Lisbonne, quand le PSG avait atteint la finale de Ligue des champions. On se doutait bien que tout ça se finirait mal pour l’Allemand, mais pas aussi brutalement qu’un licenciement en guise de cadeau de Noël. « Un Noël de merde », comme ne tardera pas à confirmer Tuchel.

Avec Pochettino, rien de neuf

Son successeur, Mauricio Pochettino, n’aura donc pas réussi à redresser la barre, du moins pas suffisamment. Si l’arrivée de l’Argentin rime avec une plus grande régularité dans les résultats – 16 points perdus en route tout de même – elle ne suffit pas à gommer les défauts collectifs d’une équipe vouée à être éternellement sauvée par le génie de ses individualités. Mais Poche avait prévenu tout le monde : avec un match tous les trois jours, on ne peut rien mettre en place. Les réussites à venir du PSG ne seraient pas les siennes, pas plus que ses échecs. Une manière efficace de travailler tranquillement pendant six mois. Mais à partir de maintenant, l’ancien coach de Tottenham n’a plus d’excuses.