Equipe de France féminine : Sarah Bouhaddi prête à revenir « mais il y a beaucoup de choses à régler avant »

FOOTBALL La gardienne de l'OL n'exclut pas un retour en Bleues si la situation s'éclaircit avec la sélectionneuse 

N.C.

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Sarah Bouhaddi lors du match de la France contre les Etats-Unis en quart de finale de la Coupe du monde 2019.
Sarah Bouhaddi lors du match de la France contre les Etats-Unis en quart de finale de la Coupe du monde 2019. — CHRISTOPHE SAIDI/SIPA

C’est d’elle que tout est parti. Si Wendie Renard avait décrit en fin d’année dernière ses relations difficiles avec Corinne Diacre dans son livre Mon étoile, c’est bien la décision de Sarah Bouhaddi de ne plus venir en équipe de France tant que la sélectionneuse resterait en place, annoncée début septembre, qui a été l’élément déclencheur de la situation tendue chez les Bleues.

La semaine dernière, elle s’est à nouveau exprimée, sur Canal+. Elle a assuré que si elle était à nouveau sélectionnée, elle « irait avec plaisir ». Une sortie mal comprise, selon elle. La gardienne de l’OL a donc tenu à « mettre les choses au clair » dans L'Equipe ce mercredi. « On a pensé que je faisais machine arrière, que j’étais une girouette mais les choses sont claires dans ma tête », a-t-elle assuré en préambule.

En résumé, elle est prête à revenir si les choses sont claires entre elle et Corinne Diacre. « C’est toujours un plaisir et un honneur de porter le maillot bleu, mais la situation n’est pas favorable pour moi, dit-elle. Je ne reviens pas en arrière, je ne regrette pas ce que j’ai fait. On doit tous être capables de mettre les choses à plat et d’avancer pour gagner un titre. Mon objectif est de gagner un titre, pas de partir en vacances avec Corinne Diacre. Si demain je suis championne d’Europe avec elle, je serais fière et heureuse. Mais il y a beaucoup de choses à régler, avec elle et avec son staff. »

Bouhaddi précise que son intention n’est pas d’attendre que la sélectionneuse ne soit plus en poste pour retrouver les Bleues. Et encore moins d’avoir voulu sa peau. « On m’a attaquée en pensant que je voulais la faire licencier de son poste, c’est faux et irréel. Je ne voulais pas la faire licencier », assène-t-elle.

« J’ai fait remonter des informations qui n’ont pas plu »

Bouhaddi revient également en longueur sur les raisons qui l’ont poussée à prendre cette décision en septembre. Le lien, ténu, s’est rompu au sortir de la Coupe du monde 2019. « Il y a eu un bilan. Le mien s’est bien passé. Jusqu’au moment où, ayant des responsabilités dans cette équipe, j’ai fait remonter des informations à Corinne. Ces informations n’ont pas plu. »

La gardienne raconte que lors des rassemblements suivants, la sélectionneuse l’a complètement ignorée. Et quand elle ne le faisait pas, c’était pour lui reprocher de vouloir la faire partir. « Je l’ai regardée dans les yeux, en lui disant : "Corinne, tu te trompes sur moi, à aucun moment je n’ai voulu te faire virer de l’équipe nationale. Tu es sélectionneuse et on est avec toi". Elle m’a répondu : "OK, je te crois". Mais les actes qui se sont passés derrière n’ont pas montré qu’elle était avec moi. »

Bientôt la grande explication… et un retour ?

Sarah Bouhaddi va maintenant voir comment la situation évolue. A 34 ans, elle n’a pas encore fait une croix sur l’Euro 2022, peut-être sa dernière chance de gagner un titre avec les Bleues après 149 sélections. Même avec Corinne Diacre, donc, alors qu’elle avait dit que la chose lui semblait « impossible » il y a quelques semaines.

La sélectionneuse, elle, a annoncé la semaine dernière qu’une grande explication pourrait avoir lieu, mais après les deux derniers matchs de qualifications, prévus vendredi contre l’Autriche et mardi face au Kazakhstan.