OL-Losc : Comment l’équipe lyonnaise a-t-elle reconquis ses supporters ?

FOOTBALL Malgré une demi-finale médiocre contre le Losc, l’OL est parvenu mardi à se rapprocher pour de bon de ses groupes de supporters grâce à sa qualification pour la finale de la Coupe de la Ligue

Jérémy Laugier

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Contrairement à l'après-match contre le RB Leipzig, les joueurs lyonnais ont cette fois spontanément célébré leur qualification avec leur public. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK
Contrairement à l'après-match contre le RB Leipzig, les joueurs lyonnais ont cette fois spontanément célébré leur qualification avec leur public. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK — AFP
  • L’OL est parvenu mardi à prendre le meilleur sur le Losc, par le biais d’une séance de tirs au but (2-2 ; 4-3).
  • Un gros mois après les incidents ayant éclaté face à Leipzig, les joueurs lyonnais sont parvenus à fêter leur qualification pour le Stade de France avec leurs deux virages de supporters.

Au Parc OL,

« Ça faisait tellement longtemps qu’on ne se souvient plus bien des dates, c’était en 2014, non ? » Quand Jean-Michel Aulas nous pose une telle accroche d’auto-trolling en se présentant en zone mixte, on arriverait presque à en oublier cette interminable demi-finale de Coupe de la Ligue au Parc OL. Son intervention de 13 minutes, pour célébrer cette première finale lyonnaise depuis six ans ( JMA avait bien raison), était finalement plus longue que l’unique temps fort de cet OL-Losc (2-2, 4 t.a.b. à 3), à savoir les deux buts en toute fin de match et la séance de tirs au but.

« On savoure plus quand on est critiqués et que les choses tournent enfin dans le bon sens, confie le président lyonnais, ne manquant pas de souligner la réussite de Juninho et Rudi Garcia dans cette performance. En étant tenaces, on arrive à reprendre le cours de l’histoire et à se retrouver à notre place. Et ce en se réconciliant avec nos supporters. » Auteur d’un match plus que moyen… mais aussi d’un joli but de loin (2-1, 85e), Houssem Aouar n’a pas dit autre chose : « Nous sommes fiers de ramener tous les Lyonnais au Stade de France. Je pense que le club le méritait depuis un bon bout de temps, il fallait le ramener à sa place et ça passe par une finale au Stade de France. »

« Proposer un jeu beaucoup plus flamboyant entraîne tout le monde »

Face au PSG ou à Reims (ce mercredi à 21 h), les Lyonnais viseront donc leur premier trophée depuis la Coupe de France 2012. De quoi oublier la fadeur de cette demie ? Qualifiée par Houssem Aouar de « match très fermé » (un doux euphémisme), avec « une première période exécrable » (dixit Rudi Garcia), celle-ci a débouché sur une ferveur retrouvée entre groupes de supporters et joueurs.

Un gros mois après les incidents post-Leipzig (2-2), c'était une grosse cote, comme l’invincibilité de l’OL en 2020 et le non-transfert de Marcelo durant ce mercato hivernal. Comment cette rédemption a-t-elle pu se dessiner si vite, notamment entre le virage nord et les joueurs ? « Le fait de proposer un jeu beaucoup plus flamboyant entraîne tout le monde, estime Houssem Aouar. On est beaucoup mieux dans le jeu en 2020, même si cela a été très compliqué pour nous aujourd’hui. Lille a effectué un énorme pressing et on a eu beaucoup de difficultés à ressortir le ballon proprement ou à se trouver au milieu du terrain. »

« Tout le monde a pu revenir bien frais »

Presque aussi déterminant que Moussa Dembélé depuis la reprise, Houssem Aouar précise : « Même après le match de Leipzig, les supporters ont continué de nous encourager. On a tous le même but : que l’OL avance dans le bon sens. C’est donc logique d’aller dans le même sens ». A écouter Rafael et Moussa Dembélé, les vacances de Noël ont fait le plus grand bien à cette équipe.

« Nous sommes revenus motivés en ce début d’année, indique le meilleur buteur lyonnais. Le break a fait du bien car avant cela, le contexte était lourd à porter pour le groupe. Tout le monde a pu se concentrer sur autre chose que le football et revenir bien frais. » Les longues célébrations au pied du virage, avec chants et danses partagées à la clé sont le symbole de cette fraîcheur. C’est le latéral brésilien Rafael qui en parle le mieux.

« On aime le foot pour ça. Je suis moi-même supporter d’une équipe au Brésil. J’ai envie qu’elle gagne et j’insulte parfois les joueurs chez moi (sourire). Je comprends ça mais il ne faut pas manquer de respect ici. C’était magnifique ce soir. On est tous ensemble là et c’est pour ça qu’on gagne. Ce moment-là représente beaucoup pour moi car je suis à Lyon depuis quatre ans et demi sans jamais aller en finale. »

« Tout le monde a mis les erreurs du passé derrière »

A 29 ans, l’ancien latéral de Manchester United a bien cerné « la spirale vertueuse » du moment (expression évidemment signée JMA). Autrement plus bavard qu’à l’accoutumée, Moussa Dembélé précise au sujet des tensions d'OL-Leipzig : « Nous sommes conscients de ce qu’on a fait dans cette première partie de saison et on a voulu remédier à ça. Ça prouve que tout le monde a mis les erreurs du passé derrière pour essayer d’aller de l’avant, c’est tout bon pour le club ».

A commencer par le dialogue lancé par Marcelo auprès des Bad Gones, il y a une dizaine de jours à Bordeaux (1-2). Prêt « à renforcer l’équipe », Jean-Michel Aulas va jusqu’à évoquer « un passage de l’enfer au paradis » permis par la « Coupe moustache ». Vous l’aurez compris, 19 ans après être devenue le premier sacre de l’ère Aulas (contre Monaco en 2001), cette Coupe de la Ligue (la dernière édition) titille depuis mardi soir tout Lyon. « Il y a neuf chances sur dix de rencontrer notre petit voisin bien-aimé de Paris en finale », nuance Jean-Michel Aulas. C’est décidément plus fort que lui.