PSG-ASSE: « On a changé de mentalité »... Le PSG a-t-il trouvé la formule parfaite pour faire jouer son carré magique ?

FOOTBALL Le quatuor Neymar-Icardi-Mbappé-Di Maria a éclaboussé le Parc de sa classe mercredi contre Saint-Etienne

Aymeric Le Gall

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Los cuatros fantasticos, comme on les surnomme à Vera Cruz.
Los cuatros fantasticos, comme on les surnomme à Vera Cruz. — Anne-Christine POUJOULAT / AFP
  • Alignés ensemble pour la deuxième fois de la saison seulement, le quatuor Neymar-Icardi-Mbappé-Di Maria a réalisé un match parfait.
  • Après avoir longtemps douté de la pertinence de titulariser ce carré d’attaque, Thomas Tuchel est en train de revoir sa position.
  • Pour que cela fonctionne, les attaquants doivent accepter de faire les efforts défensifs. Bonne nouvelle pour Paris, ce fut le cas contre Sainté.

Au Parc des Princes,

Comment dit-on en allemand « il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis », déjà ? Non, on pose la question car après le désossage généralisé de Saint-Etienne par le PSG mercredi soir en Coupe de la Ligue (6-1) et la performance incroyable du carré magique devant (Neymar, Mbappé, Di Maria et Icardi), le coach parisien a prouvé que sa prudence s’arrêtait là où l’évidence commence.

Après avoir annoncé en début de saison qu’il serait difficile de faire jouer ce quatuor ensemble sans que ce soit open bar derrière, Thomas Tuchel est en train de revoir petit à petit sa copie. Pas le choix. Avec à disposition « quatre des dix meilleurs du monde », dixit Marco Verratti en zone mixte après le match, TT dispose de plus de puissance de feu que les Etats-Unis, la Russie et la Chine réunis.

Tuchel revoit sa position

Mercredi soir, si la performance du duo Icardi-Mbappé sort forcément un peu plus du lot (triplé et une passe dé pour l’un, un but et deux passes dé pour l’autre), les quatre compères ont tous livré un match Ferrero Rocher. Pourtant, jusqu’ici – début décembre plus exactement – Thomas Tuchel s’était montré très prudent quand nous lui demandions s’il allait pouvoir aligner ce quatuor sans que son équipe ne perde en densité et en combattants au milieu.

Après le nul arraché fin novembre à Madrid avec un PSG en 4-4-2 (où 4-2-4 dès qu’il a le ballon) en deuxième période, l’ancien du BVB semblait s’être fait une raison. « Demandez à Marquinhos et Marco Verratti s’ils ont trouvé intéressant de courir autant tout le match !, avait-il ironisé avant de détailler le cheminement de sa réflexion. Pour moi, ce n’est pas assez équilibré à ce niveau-là. Je pense que c’est absolument nécessaire avec les trois au milieu, et les quatre derrière. Je ne sais pas si on peut gagner un match en Ligue 1 avec quatre, cinq ou six attaquants. Je ne crois pas, ce n’est pas possible. » Il semblerait que si, finalement.

Après Madrid, Tuchel n’a pourtant pas annoncé l’heure du décès du quatuor d’attaque. La preuve, une quinzaine de jours plus tard, il retentait le pari. Contre Saint-Etienne, déjà. Et pour un résultat pas dégueu (victoire 4-0). Pourquoi un tel changement d’acte après le discours madrilène ? Premièrement parce qu’il a compris qu’il serait plus difficile de pousser une de ses quatre stars sur le banc que de régler la crise Iran-USA et, surtout, que se priver d’une telle puissance offensive, « c’est dommage pour le football ». Ce n’est pas nous qui le disons, c’est Marco Verratti.

« Il a fallu changer de mentalité »

Mais pour que ça fonctionne, pas le choix, Tuchel a dû faire comprendre aux joueurs en question que ce n’est pas le Club Med à la perte du ballon. Comme ce sont de grands garçons, ils ont vite pigé que tous ces efforts étaient dans leur intérêt. Mbappé : « Il y a eu une prise de conscience je pense après Madrid. On a compris que ce n’était pas suffisant pour des joueurs de ce niveau-là de fournir aussi peu d’efforts [dans le repli défensif et à la récupération du ballon]. Après je n’irai pas jusqu’à dire que c’est parfait mais on est beaucoup mieux. Ça soulage les joueurs derrière qui sont beaucoup plus frais pour nous mettre de meilleurs ballons. C’est donnant-donnant, à l’arrivée tout le monde tire bénéfice de cette situation. »

Un peu plus tôt, Verratti parlait déjà de cette réunion au sommet, de ce déclic dans les têtes. « On s’est parlé dans le vestiaire après le match à Madrid, confie Il Buffetto. On s’est dit que si on voulait continuer à jouer dans ce système, il faudrait faire plus d’efforts. Il a fallu changer de mentalité et je tiens à féliciter les quatre de devant qui ont été les premiers à défendre ce soir [mercredi]. » Dernier à faire un petit coucou en zone mixte après la balade stéphanoise, Mauro Icardi confirme à son tour que le message de Tuchel est bien passé. Ballon en main (triplé oblige), l’Argentin explique « beaucoup travailler pour jouer un football total » avec ses potes d’attaque.

« On essaye à la fois de bien attaquer mais aussi de bien défendre. On sait ce qu’on a à faire, on a conscience que si on veut jouer encore comme ça à l’avenir, on doit aider au maximum nos défenseurs et les milieux », conclut-il avant de quitter le Parc. Reste à savoir si Thomas Tuchel osera ressortir ce système aussi risqué que dévastateur en février prochain, quand retentira la petite musique de la Ligue des champions face à une équipe de Dortmund autrement plus dangereuse que la colonie de vacances stéphanoise. On paye pour voir.