Tensions Iran-USA : Où en est la situation après les frappes iraniennes contre des bases américaines ?

RIPOSTE Les tensions entre les deux pays ont atteint un tournant dans la nuit de mardi à ce mercredi après l’envoi de missiles sur des bases américaines en Irak

L.Br. avec AFP

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Un écran diffuse la photo de Donald Trump et celle de l'ayatollah Khamenei, le 8 janvier 2020 au Japon.
Un écran diffuse la photo de Donald Trump et celle de l'ayatollah Khamenei, le 8 janvier 2020 au Japon. — Koji Sasahara/AP/SIPA

La riposte iranienne a fini par arriver. Dans la nuit de mardi à ce mercredi, l’Iran a tiré des missiles sur des bases abritant des soldats américains en Irak. Des représailles à l’assassinat ciblé de Qassem Soleimani, un général iranien tué vendredi dernier par un raid américain. 

Que s’est-il passé exactement ?

Au total, en l’espace d’une demi-heure, 22 missiles se sont abattus sur deux bases irakiennes, Aïn al-Assad (ouest) et Erbil (nord) où sont installés des soldats étrangers – en majorité des Américains –, a annoncé l’armée irakienne. Et ce, à l’heure exacte où un tir de drone américain tuait le général Qassem Soleimani à Bagdad cinq jours plus tôt.

« L’Iran a pris et conclu des mesures proportionnées de légitime défense en vertu de l’article 51 de la Charte des Nations Unies visant une base à partir de laquelle une attaque armée lâche contre nos citoyens et hauts fonctionnaires a été lancée. Nous ne recherchons pas l’escalade ou la guerre, mais nous nous défendrons contre toute agression », a tweeté le ministre des Affaires étrangères iranien Javad Zarif après l’attaque. Le ministre a ajouté que les représailles « proportionnées » de la nuit étaient « terminées ».

Pourquoi cette riposte a-t-elle été menée ?

Ces raids, qui selon l’armée irakienne n’ont pas fait de victime dans ses rangs, sont la première réponse de l’Iran à l’assassinat de l’architecte de sa stratégie au Moyen-Orient, Qassem Soleimani. Dans la foulée, les Gardiens de la révolution iraniens, l’armée idéologique de la République islamique, ont conseillé à Washington de rappeler ses troupes déployées dans la région « afin d’éviter de nouvelles pertes », menaçant Israël et « des gouvernements alliés » des Etats-Unis, en premier lieu les Etats du Golfe, pris entre l’Iran et l’Irak.

Une hypothèse écartée par les Etats-Unis. Pour Donald Trump, un retrait des troupes américaines « serait la pire chose qui puisse arriver à l’Irak ». Dans ce contexte, les Canadiens et les Allemands ont annoncé mardi le retrait d’une partie de leurs troupes d’Irak, redéployés vers la Jordanie et le Koweït. L’Otan a décidé de retirer temporairement une partie de son personnel d’Irak. La France et l’Italie en revanche, ont fait savoir leur intention de rester dans le pays.

Comment Donald Trump a-t-il réagi ?

Le président américain doit réagir publiquement mercredi matin (heure américaine), donc en début d’après-midi à l’heure de Paris. Sur Twitter, Donald Trump a calmé le jeu : « L’évaluation des dégâts et des victimes est en cours. Jusqu’ici, tout va bien ! Nous avons l’armée la plus puissante et la mieux équipée au monde, de loin ! ».

Il y a aussi eu un crash en Iran dans la nuit. Est-ce lié ?

Environ 170 personnes ont été tuées dans le crash d’un Boeing 737 de la compagnie Ukraine International Airlines qui s’est écrasé en Iran peu après avoir décollé de Téhéran ce mercredi, ont annoncé les médias iraniens. A Kiev, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a mis en garde contre toute « spéculation ». Le crash a vraisemblablement été causé par « des difficultés techniques », a indiqué PressTV, citant Ali Khashani, porte-parole de l’aéroport international Imam Khomeiny. L'avion transportait 82 Iraniens et 63 Canadiens. Le personnel de bord ainsi que deux passagers était en revanche ukrainiens.