Greffe du foie d'Abidal : « J’aimerais savoir si quelqu'un a réalisé un profit avec mon corps », le donneur exprime ses doutes

JUSTICE Eric Abidal aurait bénéficié du don d’organe de son cousin éloigné après sa tumeur au foie, mais la justice espagnole doute encore de sa provenance réelle

A.L.G.

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Eric Abidal a subi une greffe de foie en avril 2012 sur laquelle enquête la justice espagnole.
Eric Abidal a subi une greffe de foie en avril 2012 sur laquelle enquête la justice espagnole. — Enric Fontcuberta/SIPA

Alors que la justice espagnole a rouvert l’enquête au sujet de la greffe de foie subie par Eric Abidal en avril 2012, le cousin de ce dernier, qui affirmait jusque-là être le donneur, a accordé une interview au média espagnol El Confidencial dans laquelle il fait part de ses doutes.

Pour rappel, une enquête avait été ouverte en 2017 par l’Organisation nationale des greffes et par le parquet espagnol qui jugeaient suspecte la manière dont l’ancien Lyonnais avait acquis l’organe. Des soupçons d’achat illégal en lien avec un possible trafic d’organe pesaient alors sur la procédure après la mise sur écoute de l’ancien président du club blaugrana, Sandro Rosell. Après écoute de ces enregistrements, la justice espagnole soupçonnait l’ancien boss du Barça d’avoir participé d’une manière ou d’une autre à l’achat d’un foie illégal.

Les doutes de Gérard Armand

De son côté, Gérard Armand, le cousin d’Abidal, a bien subi une opération en vue de donner son foie au directeur sportif catalan, mais il ne sait plus aujourd’hui si c’est bien le sien qui a été greffé à son cousin éloigné. « Quand j’ai lu que le foie qu’Éric avait reçu n’était peut-être pas le mien, j’ai été abasourdi. Au début, j’ai ri. Je pensais, mais que disent ces gens ? », a-t-il déclaré à El Confidencial.

Aujourd’hui, après la réouverture de l’enquête, celui-ci aimerait « savoir si quelqu’un a réalisé un profit avec [mon] don, avec [mon] corps. Et s’il y a quelque chose, je ne sais pas comment le dire, mais j’espère qu’Eric n’est pas au courant, que cela n’a rien à voir avec le sujet. » Gérard Armand conclut son entretien en expliquant regretter l’absence de « reconnaissance humaine » de la part d’Eric Abidal et confie s’être senti oublié après la greffe. « Et ça fait mal », dit-il.