Galatasaray-PSG : Boucan d’enfer et chair de poule, on vous raconte la folie furieuse du public à Istanbul

FOOTBALL Le public de Galatasaray est réputé pour mettre le feu au stade. Mardi soir, il n’a pas failli à sa réputation

Aymeric Le Gall

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Les ultras de Galatasaray ont mis le feu face au PSG.
Les ultras de Galatasaray ont mis le feu face au PSG. — OZAN KOSE / AFP
  • Le PSG s’est imposé mardi soir face à Galatasaray lors de la deuxième journée de Ligue des champions.
  • L’ambiance au Türk Telecom Stadium est l’une des plus belles au monde.
  • On vous emmène dans l’enfer d’Istanbul, pour une rencontre avec des supporters vraiment pas comme les autres.

De notre envoyé spécial à Istanbul,

Il y a dans le foot des ambiances que l’on qualifierait de « surcotées », que l’imaginaire collectif se plaît à magnifier mais qui parfois nous hérissent à peine un petit poil une fois qu’on les vit en direct (coucou Anfield, coucou le Camp Nou), et puis il y a les autres. Comme Galatasaray. La vérité c’est qu’on a beau être prévenu, la claque est quand même immense. Et face au PSG, mardi soir, le public de la Türk Telecom Arena n’a pas failli à sa réputation.

A une demi-heure du coup d’envoi, alors que les gradins se remplissent peu à peu, les deux groupes ultras donnent le ton mais la machine n’implose réellement qu’une fois pleine. Et là, mieux vaut avoir les tympans solidement accrochés. « C’était dur de communiquer entre nous sur le terrain », admettait Marco Verratti​ en zone mixte après le match. Même constat en tribune de presse, où les journalistes français qui faisaient leur dépucelage turc mardi soir ne cessaient d’écarquiller les yeux face à un tel ouragan de folie. En fait, à Galatasaray, s’il y a bien deux kops blindés d’ultras pour donner le ton derrière chaque but, c’est le stade tout entier qui fait office de virage.

52.000 spectateurs, mais combien de poumons ?

Il fallait voir ce môme à quelques mètres de nous mettre un point d’honneur à huer CHAQUE possession parisienne pendant quatre-vingt-dix minutes pour bien mesurer l’ampleur du bazar. Du dévouement, même. C’est peut-être ça le plus impressionnant finalement : au-delà des chants d’encouragements, ce qui prend aux tripes, c’est le bruit hallucinant que font les supporters quand ils sifflent les adversaires. Du travail de pro. Sur le moment, on ne peut s’empêcher de se dire que les fans de Galatasaray sont naturellement dotés à la naissance d’un poumon de plus que le commun des mortels. On en reviendrait presque à regretter que ce nouveau stade soit construit dans un quartier d’affaires flambant neuf qui sent plus la peinture fraîche que la passion. Il ne mérite pas son public, très clairement.

« C’est une ambiance très particulière mais on était prévenus, expliquait Choupo-Moting après le match. En Allemagne il y a beaucoup de Turcs et j’ai pas mal d’amis de là-bas qui m’ont dit la même chose avant le match. » A l’arrivée, on n’en aurait même pas voulu aux Parisiens s’ils avaient eu les jambes tremblantes en début de match. Car oui, tout être humain normalement constitué aurait parfaitement le droit de réclamer sa tototte et d’appeler sa maman dans un tel enfer. « C’est chaud oui, mais nous sommes des professionnels et on sait jouer dans ces ambiances hostiles. C’est même agréable de jouer devant des supporters comme ça », relativisait cependant Icardi en zone mixte.

Thiago Silva chauffe les Turcs

Thiago Silva a même semblé prendre un pied phénoménal lorsque, en arrivant sur la pelouse au moment de l’échauffement, il levait les bras vers ce public en guise de petite provocation. « On a vu l’apport du douzième homme avec une ambiance qui s’intensifie à chaque possession de balle, ça joue psychologiquement pour l’équipe à domicile. Donc systématiquement on doit encaisser », avouait finalement Thomas Meunier au micro de RMC Sport.

Les joueurs de Galatasaray en ont tellement conscience que, chose inédite à nos yeux, ils se sont dirigés vers la tribune derrière les cages de Keylor Navas pour applaudir les ultras alors que les Parisiens étaient en place pour donner le coup d’envoi. Plus qu’une équipe, donc, le PSG est venu à bout d’un public. Et nous, on en redemande.