Galatasaray-PSG : « Ils se sont trouvés »... Tuchel-Gueye, récit d'un coup de foudre annoncé (mais retardé)

FOOTBALL Malgré l'échec des négociations en janvier, Thomas Tuchel n'a jamais perdu espoir de recruter Idrissa Gueye. Un choix payant pour le moment

Aymeric Le Gall

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Ca c'est un sacré gros câlin où ne s'y connait pas.
Ca c'est un sacré gros câlin où ne s'y connait pas. — Lucas BARIOULET / AFP
  • Le Paris Saint-Germain se déplace à Istanbul mardi soir pour y affronter l'équipe de Galatasaray en Ligue des champions. 
  • Après sa masterclass face au Real Madrid lors de la première journée, le milieu de terrain s'est déjà imposé comme un élément important du XI de Thomas Tuchel. 
  • Le technicien allemand est un fan absolu du joueur, qu'il avait déjà tenté de faire venir en janvier dernier lors du mercato hivernal. 

C’est une histoire de rendez-vous (presque) manqué ou de partie remise, appelez ça comme vous voulez. Quand Idrissa Gueye pose enfin ses valises à Paris cet été, il accuse un retard de six mois sur la feuille de route qu’il s’était dressée. En janvier, tout semblait en passe d’être bouclé pour le milieu de terrain sénégalais, mais les tractations ont traîné et le deal a fait « pshit ». La faute à Everton, un peu, qui ne souhaitait pas se séparer de son milieu de terrain, la faute à Antero Henrique (le directeur sportif parisien de l’époque), beaucoup, qui a préféré craquer le PEL de l’émir du Qatar pour se payer Leandro Paredes pour plus de 40 millions. Bien vu.

Six mois plus tard, la donne a changé : Henrique a pris son baluchon et a été sommé de faire parler son flair de chien truffier loin de la capitale, Leonardo est arrivé pour le remplacer et le dossier Gueye a fini pas se faire. Pour le plus grand bonheur de Thomas Tuchel qui, à l’heure de défier Galatasaray en Ligue des champions mardi soir, a fait du joueur formé à Lille l’une des pièces maîtresses de son milieu de terrain. Ca valait bien un gros câlin.

Tuchel en est gaga

Il faut dire qu’il l’a vraiment voulu, son récupérateur infatigable capable de faire des courses de 80m dans les arrêts de jeu d’un match, comme face à Madrid il y a quinze jours : « On a beaucoup combattu pour acheter ce joueur. Avec lui on n'encaisse pas de buts, c'est une machine, hein ! (sourire) Il n'arrête jamais de courir, il gagne beaucoup de ballons et contre une équipe comme le Real c'est super important. »

Ils étaient fait pour travailler ensemble

Ca tombe bien, la réciproque est vraie. Dès les premiers coups de fil du coach allemand, en fin d’année derrière, Gueye tombe sous le charme. « C'était déjà très important pour moi d'avoir le coach au téléphone, on a échangé également par textos. Voir un coach dire " c’est ce joueur-là qu’il me faut, c’est lui que je veux ", je ne m’y attendais pas du tout, expliquera-t-il sur le site du PSG le jour se signature. Rien que de recevoir un appel de sa part, pouvoir échanger avec lui, montre sa personnalité, mais le côtoyer tous les jours à l’entraînement c’est encore mieux. Tout le monde sait que c’est un bon coach mais, au-delà du coach, c’est une très bonne personne. » Le courant est passé, pas de doute. Facile dès lors d’imaginer la déception de Gueye quand l’affaire ne s’est pas faite en janvier dernier.

L’ancien footballeur Jimmy Adjovi-Boco, fondateur de l’institut Diambars (une école de foot réputée au Sénégal), qui a suivi les premiers pas du joueur quand il n’était encore qu’un gamin, se souvient bien du « coup sur la tête » reçu par le joueur quand le transfert ne s'était pas fait. « J’étais souvent en contact avec lui à ce moment-là car je sentais la grosse déception poindre, je me devais d’être là pour discuter avec lui, pour le conseiller, le rassurer sur le fait que ce n’était que partie remise, raconte-t-il. On dit que le train ne passe jamais deux fois mais j’étais persuadé qu’il faisait trop bien les choses pour ne pas que ça se fasse un jour ou l’autre. Ce qui s’est passé cet hiver a renforcé d’un côté comme de l’autre l’envie de travailler ensemble. C’est un mal pour un bien. » 

Pour l’ancien Lensois, le coup de foudre entre Gueye et Tuchel a été aussi immédiat qu’inévitable : « De ce que je vois et ce que je lis de Tuchel, et de ce que je connais d’Idrissa, je ne suis pas surpris du tout que ça colle. C’est la rencontre de deux hommes qui se sont sentis, qui se sont compris, qui se sont trouvés. » « On a une relation, même en dehors du terrain, qui est une relation humaine et qui est importante pour moi. Et pour lui aussi je crois », confiait  Gueye sur RMC après après le match face au Real. 

Un homme au service du collectif, toujours

Pour Adjovi-Boco, le technicien du PSG a trouvé le chaînon qu’il manquait à cette équipe pour solidifier le milieu du terrain. Le genre de gars qui va au charbon pour les autres – ce qui devrait plaire au duo Neymar-Mbappé, pas franchement fan des replis défensifs à la perte du ballon – et qui n’a jamais un mot plus haut que l’autre. C’est aussi la théorie du fondateur de l’association Diambars : « Je pense que la personnalité d’Idrissa, au-delà des qualités incroyables du joueurs, a séduit Tuchel. Dans un vestiaire, avoir des joueurs avec de telles qualités humaines, c’est pas donné à tout le monde. Je pèse mes mots : je pense que les gens vont le découvrir peu à peu, Idrissa est d’une humilité incroyable, il est toujours à la recherche de l’équilibre, à la recherche du bien être de l’équipe, et ça par expérience je vous assure que c’est un gros plus pour un groupe. Encore plus pour un club comme le PSG avec autant de stars. »

Il en est tellement convaincu qu’il a lui-même fait passer le message à Kylian Mbappé, lorsque les deux hommes se sont rencontérs lors d’un dîner à l’Elysée, au moment de la venue de l’ancien footballeur et actuel président du Libéria, George Weah. Le « match surhumain » de Gueye face au Real Madrid laisse penser qu’il ne s’était pas beaucoup trompé. Reste à confirmer ça sur la durée.