Girondins de Bordeaux: Pourquoi l'arrivée de Koscielny crédibilise le projet des Américains

FOOTBALL Elle permet de lever certains doutes et surtout de rassurer des supporters très impatients

Clément Carpentier

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Laurent Koscielny avec Eduardo Macia, le directeur du football des Girondins.
Laurent Koscielny avec Eduardo Macia, le directeur du football des Girondins. — Clément Carpentier / 20 Minutes
  • Laurent Koscielny est la première «tête d’affiche» promise par les nouveaux dirigeants des Girondins.
  • L’expérience et la réputation d’Eduardo Macia ne sont pas anodines à l’arrivée du défenseur international français.
  • Le club ne compte pas s’arrêter là malgré le manque cruel de liquidités.

C’est un pur hasard, mais un joli clin d’œil. Les Girondins de Bordeaux se sont offert les services de Laurent Koscielny le jour de l’anniversaire de Joe DaGrosa (55 ans, ce mardi), l’un des propriétaires du club. « Un cadeau fantastique », comme le souligne avec sa bonne humeur habituelle le président du fonds d’investissement américain, GACP. Sans oublier d’ajouter « qu'Eduardo [Macia] et Hugo [Varela] ont [fourni] un très gros travail sur ce dossier. » Bien.

Mais il était surtout temps pour le directeur du football du club et le bras droit de Joe DaGrosa de concrétiser un mercato sans envergure pour le moment (Mexer, Kwateng et Benito). Il devenait également urgent de lever quelques doutes réapparus ces dernières semaines sur le projet des nouveaux propriétaires. A ce sujet, Hugo Varela, le vrai patron du sportif, répète souvent « que l’on n’achète pas des joueurs parce que les fans veulent des joueurs. Nous, on construit une équipe pour le long terme, ça prend forcément du temps. Restons calmes. » Et calme ne veut pas dire inactif.

Varela tient sa première promesse

Bordeaux a donc enfin réussi à boucler sa première « tête d’affiche » avec l’arrivée de Laurent Koscielny. Une expression importante car c’est celle utilisée régulièrement par la direction envers ses supporters et notamment les Ultramarines. Elle a en effet promis à ces derniers « deux têtes d’affiche » lors de ce mercato pour renforcer l’équipe et redorer le blason des Girondins après une saison calamiteuse (14e de Ligue 1).

Alors bien sûr l’ancien capitaine des Gunners va sur ses 34 ans et certains diront qu’il vient en préretraite, mais il reste tout de même un joueur de haut niveau. De très haut niveau même pour un club comme les Girondins. Pour comparer à un passé proche, Laurent Kocielny et ses 51 sélections en équipe de France, neuf saisons à Arsenal et son palmarès, c’est encore un cran au-dessus des Costil, Toulalan ou Debuchy. Ça en impose comme le rappelle Eduardo Macia :

« C’est un top player, un grand leader avec une magnifique mentalité. C’est l’un des meilleurs défenseurs au monde des 15 dernières années. On est très content de l’avoir ici. Il va faire progresser l’équipe en tant que joueur mais aussi en tant qu’homme. »

Macia et les bons tuyaux

L’autre point positif pour la nouvelle direction bordelaise, c’est de prouver qu’il est possible de faire de beaux coups sur le marché des transferts sans argent. Et par les temps qui courent, c’est pas mal. Aujourd’hui personne ne s’en cache aux Girondins : l’objectif est de faire des économies. Malgré la vente de Jules Koundé pour près de 25 millions d’euros, et les départs à venir de Youssouf Sabaly et François Kamano, le club ne peut pas faire de folies.

Mais Bordeaux a un atout dans sa manche, c’est Eduardo Macia. Laurent Koscielny a souligné son rôle dans sa venue : « Je le connais bien. Il a été dans des grands clubs. Il a toujours fait du bon boulot. J’ai tout de suite été convaincu par son discours. » Et comme le dit un proche du club : « S’ils avaient beaucoup d’argent, les Girondins n’auraient pas besoin de lui et de ses réseaux. » « C’est un grand professionnel. Il vous répond dans la minute. On ne perd jamais le contact. Pour travailler, c’est bien mieux », glisse de son côté un agent à 20 Minutes.

Il manque encore du monde

Mais attention, ce n’est pas pour ça que tous les doutes sont levés. Le directeur du football espagnol le reconnaît volontiers : « Nous avançons petit à petit mais nous avons encore besoin de progresser. Donc, on continue à travailler… »

Paulo Sousa l’a rappelé à ses dirigeants ces dernières heures, il veut encore au moins deux milieux de terrain, et un ailier est aussi visé. Et même si le poncif veut que la vérité soit le terrain et pas le mercato, des recrues comme Laurent Koscielny peuvent un petit peu aider à gagner des matchs et à rassurer les supporters.