Arsenal-Rennes: Coupables d’un premier quart d’heure indigne, les Rennais se font éliminer par des Gunners revanchards

FOOTBALL Malgré un joli matelas d'avance après le match aller, Rennes a été battu (3-0) par Arsenal 

Aymeric Le Gall

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Rennes n'a quasiment pas existé au match retour à Arsenal.
Rennes n'a quasiment pas existé au match retour à Arsenal. — Ian KINGTON / AFP

De notre envoyé spécial à Londres,

Le Stade Rennais avait l’occasion de vivre une qualification historique en quart de finale de Ligue Europa mais, face à une équipe d’Arsenal joueuse et expérimentée, les Bretons n’ont jamais vraiment pu espérer mieux jeudi soir. Cette élimination ne doit en revanche pas faire oublier le super parcours des hommes de Julien Stéphan cette saison sur la scène européenne.

>> La pire entame possible. On n’apprendra donc jamais des errements du PSG en Coupe d’Europe… Il y a pourtant une règle simple avec cette formule des matchs aller-retour : que tu aies deux, trois ou quatre buts d’avance après le match aller, le premier objectif au retour c’est d’éviter de prendre le bouillon dans les premières minutes afin de ne pas laisser l’adversaire prendre confiance et le stade devenir une cocotte-minute. Mais les Bretons devaient roupiller en classe ce jour-là.

Et Arsenal ne s’est pas privé pour en profiter en ouvrant la marque dès la 5e minute par Aubameyang (5e), avant de rajouter un deuxième pion à la suite d’une belle tête claquée signée Maitland-Niles (15e) (le VAR n’étant pas en fonction en Ligue Europa, le hors-jeu d’Aubam' sur son centre n’a pas été signalé par l’arbitre). A la pause, alors qu’Arsenal a renversé la table, on a la sensation que le SRFC n’a jamais commencé son match, inexistant devant, à la ramasse totale derrière…

>> Il fallait marquer à tout prix. En conférence de presse la veille du match, l’entraîneur breton Julien Stéphan avait prévenu : il faudrait jouer ce match avec l’ambition de marquer au moins un but et ne pas faire de calcul après la victoire (3-1) au match aller. C’est ce qu’a bien failli faire Mbaye Niang dès le retour des vestiaires avec ce tir tendu sur le poteau de Petr Cech (47e), imité quelques minutes plus tard par un Bensebaini signalé hors-jeu (67e).

Malheureusement, ce but n’est jamais venu et Arsenal a fini par faire craquer une équipe rennaise dont les ambitions de jeu sont restées lettre morte. Auteur d’un match trois étoiles (et encore, le Gabonais a croqué une ou deux grosses occases) Aubameyang est venu sceller la qualification en poussant le ballon dans le but vide (72e) après un super centre de Kolasinac au second poteau.

>> Rennes, victime de lui-même. Si leur parcours européen mérite évidemment d’être salué, on pourra en revanche reprocher aux Bretons, malgré le gouffre qui sépare les deux équipes en termes d’effectif et d’expérience, de n’avoir commencé à jouer qu’une fois qu’ils étaient dos au mur. Or, leur manque d’efficacité, couplé à la puissance offensive des hommes d’Unaï Emery, aura été fatal aux Rennais.

Plus que de cibler tel ou tel joueur, on préfère noter que c’est la prestation collective dans son ensemble qui fut bien trop faible jeudi soir à l’Emirates. Mais si la déception des Bretons est à l’image des espoirs nés après le match aller, immense, les hommes de Julien Stéphan auront tout de même engrangé une sacrée expérience et personne à Rennes ne viendra leur reprocher cette mauvaise soirée londonienne.

>> Une marée bretonne déferle sur Londres. Il fallait connaître l’endroit jeudi après-midi pour savoir que le sympathique quartier de Camden Town, non loin de l’Emirates Stadium, se trouvait à Londres. Toute la journée en effet, ce sont des hordes de Rennais qui ont pris possession des lieux. Arrivés en (grand) nombre dans la capitale anglaise mercredi et jeudi, ce sont entre 5.000 et 6.000 Bretons qui ont ensuite pris la direction d’Highbury Fields afin de préparer l’immense et bruyant cortège vers le stade d’Arsenal.

Une fois dans le stade, et malgré un scénario compliqué, ils ont continué à faire du bruit et encourager leur équipe, jouant leur rôle de douzième homme à la perfection. Le club pourra être fier d’eux, autant qu’eux le sont de leur équipe.