Betis-Rennes : Pour créer l’exploit, les Bretons pourront compter sur la mobilisation exceptionnelle de leurs supporters

FOOTBALL Près de 3.500 fans des Rouge et Noir sont du déplacement à Séville pour le 16e de finale retour de Ligue Europa

Manuel Pavard

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Les ultras du RCK, plus gros groupe de supporters du Stade Rennais, seront présents en nombre à Séville.
Les ultras du RCK, plus gros groupe de supporters du Stade Rennais, seront présents en nombre à Séville. — Ouest Médias / SIPA
  • Le Stade Rennais, tenu en échec 3-3 à l'aller, se déplace sur la pelouse du Betis ce jeudi en 16e de finale retour de Ligue Europa.
  • Près de 3500 supporters rennais, venus en avion, en car ou en voiture, sont attendus à Séville pour ce match.
  • Un chiffre record pour le club breton en Coupe d'Europe et une très belle affluence pour un déplacement européen de supporters français, surtout pour un 16e de finale.

« On est arrivé à Séville depuis quatre heures et on croise déjà des Rennais partout, aux terrasses des bars, sur les places… » Antoine Biard, qui tourne un documentaire sur les ultras du RCK, n’aurait manqué pour rien au monde le 16e de finale retour de Ligue Europa face au Betis. Il est encore estomaqué par la « mobilisation massive des supporters, malgré les faibles probabilités de qualification ». « C’est historique et exceptionnel, je suis bluffé ! », s’enthousiasme-t-il.

Près de 3.500 fidèles des Rouge et Noir garniront en effet les tribunes du stade Benito Villamarin ce jeudi soir. Un atout de poids pour les Bretons, en quête d’un exploit après le nul 3-3 concédé à l’aller au Roazhon Park. Et un joli chiffre aussi pour un déplacement européen d’un club français, surtout pour un « simple » 16e de Ligue Europa.

Du jamais vu en Coupe d’Europe pour les Rennais

De mémoire de supporter rennais, c’est en tout cas du jamais-vu en Coupe d’Europe. Co-créateur du RCK, Christophe a tout connu avec son club de cœur depuis trente ans. « Il y a eu des gros déplacements pour les finales de coupe ou la remontée en D1 en 1994. Mais dans ce contexte, avec autant de kilomètres, je n’en ai fait aucun qui soit aussi impressionnant. C’est un vrai pèlerinage ! »

Le mot prend d’ailleurs tout son sens pour Christophe et ses amis. La petite troupe est ainsi descendue en voiture en Andalousie : « À huit dans un véhicule Mercedes, quinze heures de route et rebelote vendredi pour le retour. » Le Stade Rennais n’ayant rien organisé de particulier pour ce déplacement, les supporters bretons sont venus par leurs propres moyens : en voiture, en avion, en car ou avec le bus réservé par le RCK. L’engouement était tel que la compagnie Vueling a même affrété un vol spécial entre Rennes et Séville pour l’occasion.

« Contrairement aux déplacements habituels qui se font souvent en bus, la plupart des gens ont pris l’avion, indique Christophe. Mais ça donne un aspect rigolo car tout le monde n’arrive pas en même temps. En arrivant à Séville, on est tombé par hasard sur une dizaine de potes près de la cathédrale. »

« On n’a rien à envier aux autres clubs européens »

Pour ces supporters, l’investissement n’est pas anodin. Laurent et sa compagne ont ainsi posé une semaine de vacances pour venir soutenir leur club. « On a trouvé un aller-retour à un peu moins de 200 euros en low cost auxquels s’ajoutent encore plus de 200 euros pour l’hébergement en Airbnb et 25 euros pour chaque place au stade. » Un tarif heureusement « très abordable pour un match de Coupe d’Europe ».

Pourtant, aucun n’a hésité une seconde après l’annonce du tirage au sort. « Pour nous, le facteur Séville a joué, reconnaît Laurent. C’est une belle ville donc c’est aussi l’occasion de faire du tourisme. » Mais Christophe explique surtout cet engouement par la « rareté » du match : « Depuis des années, on voyait avec envie les supporters des autres clubs vivre ce genre de choses. »

Pour le fondateur du RCK, cela montre le « gros potentiel du public rennais, qui a connu beaucoup de déception ces dernières années mais est resté fidèle ». Comparant les 3.500 Rennais aux autres supporters français en Coupe d’Europe ou au millier d’aficionados du Betis présents au Roazhon Park, Antoine Biard va même plus loin : « On n’a rien à envier aux autres clubs européens ! »