Stade Rennais-Astana: Joueurs, staff, supporters... Ne leur parlez surtout pas de finale

FOOTBALL Les joueurs bretons doivent battre les Kazakhes ce jeudi à 19h au Roazhon Park pour poursuivre leur chemin en Ligue Europa…

Camille Allain

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Hatem Ben Arfa mène le clapping au Roazhon Park après la victoire face à Jablonec.
Hatem Ben Arfa mène le clapping au Roazhon Park après la victoire face à Jablonec. — J. F. Monier / AFP
  • Le Stade Rennais affronte Astana ce jeudi au Roazhon Park pour son dernier match de poule de Ligue Europa.
  • En cas de victoire, les Rennais seront qualifiés pour la suite de la compétition. Une première dans l’histoire du club.
  • Souvent moquée pour ses ratés en finale, l’équipe bretonne arrive confiante. Son coach Julien Stéphan rejette la pression sur l’adversaire.

« Astana part favori. » En trois mots, Julien Stéphan a rejeté la pression sur son adversaire. Jeudi soir, son équipe jouera pourtant l’un des matchs les plus importants de son histoire sur la scène européenne. Une rencontre que le Stade Rennais doit absolument gagner s’il veut poursuivre son aventure en Ligue Europa. « Ils sont plus expérimentés que nous et ils auront l’avantage d’être qualifiés au coup d’envoi. Nous, on aura tout à gagner. Eux, ils ont tout à perdre. La pression, elle est sur Astana », assure le coach breton.

Avec un effectif plutôt jeune mais revigoré par deux victoires à Lyon et face à Dijon et le retour en grâce d’Hatem Ben Arfa, le Stade Rennais entend revêtir l’habit d’outsider dans cette rencontre à enjeu. Faut-il parler d’une finale ? « Surtout pas », ironisent les supporters, en référence aux trois finales perdues en 2009, 2013 et 2014. A la veille du match, Julien Stéphan a cherché au contraire à faire descendre la pression autour de cette rencontre.

« Tout le monde a envie d’aller plus loin »

Le nouvel entraîneur rouge et noir insiste. Il ne joue « ni sa saison, ni sa carrière » face à Astana. « Nous on va rentrer sur le terrain pour gagner. Mais on ne va pas se jeter dans la gueule du loup. » Assis à ses côtés, l’expérimenté Jakob Johansson acquiesce. « Tout le monde a envie d’aller plus loin. Sortir de la poule, c’était l’objectif de départ », rappelle le milieu de terrain suédois.

Sauf que le scénario d’origine n’avait peut-être pas prévu une rencontre décisive à domicile pour le dernier match de poule. « Je ne pense pas qu’il y ait plus de pression. Ce sera différent de la Ligue 1 mais on a déjà joué Astana. Notre équipe est peut-être moins expérimentée mais ce n’est pas toujours l’expérience qui fait la différence », ajoute très tranquillement l’international.

Depuis la pénible victoire à Jablonec, on sent pourtant un vent d’euphorie souffler parmi les supporters. Tous rêvent de voir leur club se qualifier et espèrent tirer un « gros » comme Arsenal, Chelsea ou les deux Milan pour un 16e de finale. « C’est un match très important, on le sent. Mais ça n’a rien d’une finale. Le club n’aura rien gagné s’il l’emporte », tempère Matthieu Lecharpentier.

« Il y a un peu d’émotion »

L’archiviste du très riche site Rouge Mémoire a assisté aux trois finales perdues par son club en coupe. Craint-il de voir son équipe se rater jeudi ? Pas un instant. « Vous m’auriez posé la question après le match contre Strasbourg, j’aurais peut-être douté. Mais là, toutes les planètes sont alignées. Le collectif est en confiance, notre entraîneur semble plein d’avenir, le stade sera derrière eux. La fête peut être belle », poursuit ce fin connaisseur du Stade Rennais. Ce soir, il fera 500 km dans la nuit pour venir encourager les Rouge et Noir.

« C’est tout un groupe, toute une ville, toute une région qui devra nous pousser », résume Julien Stéphan. Le regard fixe, le plus jeune entraîneur de Ligue 1 sait qu’il peut écrire une page de l’histoire de ce club. « Ma situation personnelle importe peu. Mais il y a de l’émotion, je ne le cache pas. »