Ligue 1: Du plus drôle au plus tragique, voici les chants de supporters que vous devez connaître

FOOTBALL « 20 Minutes » vous a fait une sélection des différents chants que vous pouvez entendre en tribunes…

B.V. et les bureaux en régions

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Des tribunes de Ligue 1
Des tribunes de Ligue 1 — AFP
  • Tous les week-ends, les supporters de Ligue 1 s'époumonent pour donner de l'ambiance aux matchs.
  • 20 Minutes a choisi une dizaine de chants emblématiques à absolument connaître. 

Vous les entendez, vous les fredonnez, et parfois même, vous les massacrez. Chaque week-end, les chants de supporters venant des tribunes donnent un peu de magie aux belles affiches (souvent) ou rendent supportables les purges (parfois) de notre Ligue 1. Parce que derrière ces chansons il y a souvent une histoire, 20 Minutes vous a fait une sélection de ceux qu’il faut absolument connaître. Histoire d’arrêter le yaourt les samedis soir.

Le plus 19e siècle : Pour ce Blason des supporters lyonnais

  • Les paroles

« Pour ce blason, frappé du lion, à tes côtés toujours nous chanterons. Pour les canuts, jamais vaincus, ce chant résonnera dans vos rues. Allez allez, allez allez, écoutez le peuple lyonnais. »

  • L’histoire

A l’image de nombreux tifos réalisés à Gerland comme au Parc OL pour souligner l’histoire de Lyon, « Pour ce Blason », apparu dans le virage sud il y a une dizaine d’années, est devenu l’un des chants emblématiques de l’OL dans tout le stade. « Ce chant représente bien notre histoire explique Richard (35 ans), habitué du virage sud du Parc OL. Il y a une vraie recherche des supporters de l’OL sur la culture de la ville et la question de l’identité. Là, il y a notamment une référence aux canuts (ouvriers tisserands de la soie connus pour leur révolte au XIXe siècle). Le passage "Ce chant résonnera dans vos rues" se veut un peu provocateur lors de nos déplacements. Le club est de plus en plus tourné vers le marketing et notre stade n’est même plus à Lyon (mais à Décines) donc il est important de perpétuer l’histoire de Lyon dans nos chants, tifos et messages. »

Le plus crescendo : Shalalalalalala oh Saint-Etienne des supporters des Verts

  • Les paroles

« Shalalalala oh Saint-Etienne (x100) »

  • L’histoire

Les deux kops stéphanois s’éclatent depuis plus de deux ans avec ce chant montant en puissance et né dans le Chaudron pour ce qui concerne la Ligue 1. Ils le partagent aussi parfois avec les joueurs en cas de grosse performance sur le terrain. « C’est le chant le plus puissant et impressionnant, assure Luc (35 ans), abonné à Geoffroy-Guichard depuis 20 ans. Il a beau être récent, quand il est entonné d’un coup par tout le stade, il peut faire vaciller l’adversaire. Et puis c’est un chant 2.0 : il a été créé en Norvège, introduit par les joueurs pour fêter les victoires dans le vestiaire grâce à Ole Selnaes (ex-Rosenborg), découvert par les supporters via les réseaux sociaux de l’ASSE, et lancé spontanément par les kops. Il monte crescendo avant d’exploser littéralement. C’est difficile de faire plus fédérateur. Même si Selnaes s’en va en Chine, le chant survivra aisément à partir du moment où les ultras le veulent. »

Le plus « Nostalgie, vos chansons de légende » : Hissez-haut les drapeaux des supporters de l’OM

  • Les paroles

« Allez l’OM, allez marseillais, Hissez haut, les drapeaux,
Tous unis sous les mêmes couleurs,
Le virage reprendra en chœur,
Allez l’OM, allez marseillais, Hissez haut, les drapeaux.
Tous unis sous les mêmes couleurs, Le virage chante avec ferveur… »

  • L’histoire

C’est une reprise de Santiano d'Hugues Aufray (qui a lui-même repris, en 1961, un chant marin anglais). Le Commando Ultra en a écrit les paroles au mitan des années 1980. « On voulait créer nos propres chants, en adaptant des chansons françaises, issues du folklore », raconte un membre de la Vieille Garde, le noyau fondateur du plus vieux groupe ultra français. Les jeunes gars du CU84 récupéraient des cassettes auprès de tifosi italiens mais voulaient aussi « créer [leurs] propres chants ». Choisissaient-ils les artistes en fonction de leurs convictions politiques ? Hugues Aufray s’affichait alors du côté de l’extrême-gauche et revendiquait son antiracisme, comme les ultras marseillais. « Mais franchement, on ne pensait pas à ça, reprend notre auteur-compositeur-interprète. C’était juste l’air qui nous plaisait. Le seul air dont je me souviens pour lequel il y avait un rapport avec nos convictions, c’est "qui ne saute pas", sur l’air de Bella ciao ».

Le plus régional : Nissa la bella, des supporters de l’OGC Nice

  • Les paroles

O la miéu bella Nissa (O ma belle Nice)
Regina de li flou (Reine des fleurs)
Li tiéu viehi taulissa (Tes vieilles toitures)
Iéu canterai toujou. (Je les chanterai toujours)
Canterai li mountagna (Je chanterai les montagnes)
Lu tiéu tant ric decor (Ton si riche décor)
Li tiéu verdi campagna (Tes vertes campagnes)
Lou tiéu gran soulèu d’or. (Ton grand soleil d’or)

  • L’histoire

Nissa la bella est l’hymne du club, repris à chaque début de match de l’OGC Nice à domicile. La chanson dépasse largement le cadre footballistique. «  C'est un chant local qui reprend l'histoire de Nice, explique Franck, supporter de la tribune Populaire Sud. Barcelone et tous les grands clubs le font aussi. Nissa la bella est un clin d’œil à notre culture locale, à notre identité. Les paroles sont en niçois : je ne pense pas que tout le monde comprenne. Mais de plus en plus de gens la connaissent. Elle revient dans les mœurs grâce au foot. »

Le plus bonne franquette : Galette-saucisse je t’aime, des supporters rennais

  • Les paroles

« Galette-saucisse je t’aime !
J’en mangerai des kilos, et des kilos
Dans toute l’Ille-et-Vilaine, avec du lait Ribot, du lait Ribot ! »

  • L’histoire

« Cette chanson est née au début des années 1990 après un déplacement à Marseille, raconte Benjamin Keltz, auteur des livres Galette-saucisse, je t’aime et Supporters du Stade Rennais, le manuel officieux. Deux fans du Roazhon Celtic Kop ont entendu 51, je t’aime dans les tribunes du Vélodrome. Cela les a fait marrer et ils en ont fait une version locale avec la galette-saucisse, qui est un peu l’emblème de la ville. La chanson a eu un succès incroyable dans les tribunes, elle a traversé toutes les couches sociales et les générations. C’est parti d’une tribune, d’un noyau dur de supporters et cela a contaminé tout le territoire, tout le monde connaît la chanson ici. Depuis deux ans environ, le RCK ne la chante plus systématiquement à chaque match. C’est sûrement lié à une question de générations. Les jeunes ultras s’en détachent un peu, ne se reconnaissant pas forcément dans cette chanson paillarde et folklorique. Mais ce chant n’est pas mort et le RCK continue de l’entonner pour certains matchs à domicile ou en déplacement ».

Le plus drôle : L’hymne des Ultrem 1995, groupe de supporters de Reims

  • Les paroles

« Depuis 95 résonnent les chants ultras.
Et depuis la DH, ils ne faiblissent pas.
Dans tous les stades de merde,
nous nous sommes déplacés,
parfois on s’est fait chier,
mais fidèles à jamais lalalalala. »

  • L’histoire

« C’est un chant qui se base sur la chanson d’Edith Piaf Milord. C’est le chant historique du groupe, qui représente son identité, qui nous accompagne à chaque match. On reprend quelquefois des airs connus et on les adapte avec des propos concernant le groupe, le club, la ville », explique Florian, 28 ans, président des Ultrem 1995.

Le plus mémoriel : Brice, on t’oubliera jamais, des supporters toulousains

  • Les paroles

« Oh Brice, on t’oubliera jamais (x3)

Ohoooooooooooooooh »

  • L’histoire

C’est le chant en hommage à Brice Taton, ce supporter toulousain, membre des Indians, est mort à Belgrade le 29 septembre 2009, dans un hôpital de la capitale serbe. Douze jours plus tôt, le jeune homme de 28 ans avait été attaqué par des hooligans du Partizan Belgrade alors qu’il se trouvait avec d’autres supporters du TFC à la terrasse d’un café, en marge d’un match de Ligue Europa sur le terrain du Partizan. Alex (21 ans), capo des Indians Tolosa 1993, principal groupe ultra du TFC : « Ce chant représente quelque chose de très fort pour nous. On le fera tout le temps, il est rempli d’émotion. Tous les supporters du TFC y sont sensibles. Après sa mort, il y avait eu plein d’hommages à l’échelle française, et même européenne, de la part de nombreux groupes de supporters. N’importe quel fan du club qui vient dans le virage (le virage Est du Stadium où se trouvent les Indians, rebaptisé virage Brice-Taton en novembre 2009) sera d’accord avec ça. De plus, nous sommes dans l’année des dix ans de sa mort. En septembre, nous allons faire quelque chose de gros. »

Le plus honnête : Peu importe le nombre des supporters de l’AS Monaco

  • Les paroles

« Peu importe le nombre
Peu importe le nombre qu’on est
Monaco nous on va supporter
Echarpes tendues on va chanter
Monaco est notre fierté
Indépendants nous on est
Partout en France on va se déplacer
Et quand Monaco va marquer
C’est tout les ultras qui vont chanter
Monaco allez allez (x4) »

  • L’histoire

« Ce chant met en avant le fait que les supporters savent qu’ils ne sont pas nombreux à Monaco, avoue Romain, 27 ans, supporter de Monaco depuis 1997 et ancien membre du Jardinier Fan Club. Il est une preuve de lucidité et représentatif de l’esprit des supporters. Oui, on se fait railler parce que Monaco a peu de supporters. On le sait et ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est la passion. On est peu de supporters mais on chante et on se déplace. A l’extérieur, Monaco est l’un des meilleurs parcages de France grâce à une forte communauté. »

Le plus tragique : C’est un Argentin qui ne lâche rien, l’hommage des supporters nantais à Emiliano Sala

Les paroles

« C’est un Argentin, qui ne lâche rien…

Emiliano Sala, Emiliano Sala, Emiliano Sala »

L’histoire

Ce chant a été inventé par les supporters de Nantes lorsqu'Emiliano Sala était porté disparu dans la Manche après son accident d'avion. « Je l’ai entendu la première fois en tribune mercredi lors de la soirée hommage à Sala à l’occasion de Nantes-Saint-Etienne, raconte Antoine, fan du FCN. Je pense qu’il a vraiment été bien choisi et pensé pour ce moment-là. Il va devenir un passage obligé, un peu comme l’hymne à la Beaujoire. Il sera chanté indéfiniment à la 9e minute de tous les matchs du FCN. Dans 10 ans, je me vois bien expliquer à mon fils son origine : "Mon fils, ce chant a été créé parce que le numéro 9 du FCN a disparu dans un accident d’avion." Je le vois comme une espèce de stèle musicale à la gloire de Sala. Il est rentré dans la tête de tout le monde. Il a tout de suite fait mouche avec son air entêtant. »

Le plus chelou : Quatre buts au fond des caisses, c’est vraiment un festival, le drôle de refrain à Strasbourg

  • Les paroles

« Quatre buts au fond des caisses,
c’est vraiment un festival,
et la cigogne du RCS qui s’envole dans les étoiles,
dans les étoiles… »

  • L’histoire

C’est l’ancien hymne de Strasbourg, datant du début des années 1990 (et ça s’entend). Cette chanson, interprétée par Christophe O’Neil, est « l’hymne de mon enfance », raconte Grégory Walter, vice-président de la Fédération des supporters du Racing club de Strasbourg : « Pour ma génération, il représente des souvenirs d’enfance à la Meinau, avec toute la nostalgie et les souvenirs liés. Aussi kitsch soit-il, il est lié à des émotions et fait donc partie de notre culture Racing ». Aujourd’hui, il est populaire pour ce passage que l’on a choisi. « Les Ultras aiment bien l’entonner dans un esprit second degré, notamment quand le Racing marque un quatrième but. Cela le remet ponctuellement sur le devant de la scène, même si je pense que beaucoup de supporters récents du club ne connaissent pas son origine », note Grégory Walter.