OL-Manchester City: Ça sent quand même le traquenard, ce match couperet en Ukraine, non?

FOOTBALL Tenus en échec dans les dernières minutes mardi par Manchester City (2-2), les Lyonnais ne devront pas perdre en Ukraine le 12 décembre pour participer aux 8es de finale de la Ligue des champions…

Jérémy Laugier

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Anthony Lopes a été sonné comme tout le Parc OL, mardi au coup de sifflet final.
Anthony Lopes a été sonné comme tout le Parc OL, mardi au coup de sifflet final. — ROMAIN LAFABREGUE / AFP
  • L’OL a été doublement sonné, mardi en fin de soirée, entre l’égalisation de Manchester City (2-2) et la victoire sur le fil du Shakhtar Donetsk à Hoffenheim (2-3).
  • Pourtant invaincus après cinq journées de Ligue des champions, les Lyonnais ne verraient pas les 8es de finale de l’épreuve en cas de revers, le 12 décembre en Ukraine.
  • Mine de rien, le parcours européen de l’OL cette saison glisse vers une spirale de la lose, notamment en constatant les coups du sort subis à la fin des derniers matchs.

Le Parc OL a connu une climatisation en deux temps mardi soir. Assurés d’être qualifiés pour les 8es de finale de la Ligue des champions en cas de succès contre Manchester City, les Lyonnais ont tout d’abord subi l'égalisation de Sergio Agüero (2-2, 83e), seulement deux minutes après avoir repris l’avantage. « Après notre deuxième but, on était encore un peu trop dans l’euphorie et on a concédé un corner évitable, constate Bruno Genesio. Puis on encaisse l’égalisation sur une erreur de marquage. Mais même à 2-2, je pensais qu’on était qualifié et je demandais aux joueurs de garder le ballon. »

Au coup de sifflet final d’OL-Manchester City (2-2), l'OL était virtuellement bien qualifié, comme annoncé par le speaker du stade. Sauf qu’il restait quelques minutes de jeu à Hoffenheim. Le Shakhtar Donetsk en a profité pour balancer la deuxième salve de clim dans le formidable outil en inscrivant le but de la victoire en Allemagne (2-3, 90e+2 par Taison). Après plusieurs minutes de flottement, le speaker du Parc OL a donc annoncé le coup de massue : les coéquipiers de Nabil Fekir devront disputer le 12 décembre (21 heures) en Ukraine un match couperet qu’il faudra absolument ne pas perdre pour accéder aux 8es.

« Hoffenheim nous aura fait beaucoup de mal dans les arrêts de jeu »

« Décidément, Hoffenheim nous aura fait beaucoup de mal dans les arrêts de jeu », soupire Bruno Genesio, conscient du scénario de lose totale planant sur l’OL dans ce groupe. Vainqueur chez le grandissime favori du groupe, Manchester City (1-2), à la première journée, l’OL pouvait se contenter de ne faire le plein qu’à domicile contre le Shakhtar et Hoffenheim pour rester en lice en 2019.

Entre un huis clos mal géré contre les Ukrainiens (2-2) puis une égalisation dans les arrêts de jeu à l’aller comme au retour contre Hoffenheim (3-3 et 2-2), la dynamique a bien changé, jusqu’à ce nouveau coup du sort mardi signé Sergio Agüero, encore dans le money time.

« La qualification nous tendait les bras ce soir »

« On ne peut s’en prendre qu’à nous-mêmes sur les deux matchs contre Hoffenheim, surtout au retour ici où on avait tout pour l’emporter, en menant 2-0 et en étant en supériorité numérique, pointe l’entraîneur lyonnais. Ce soir, il n’y a aucun regret à avoir, les joueurs ont fait le maximum. » Et ce même si Rafael jugeait « rageant » que les deux buts mancuniens sont « venus de coups de pied arrêtés ». « Ce sont les aléas du football, et Donetsk n’a rien lâché, confie avec philosophie le héros de la soirée Maxwel Cornet, auteur d’un doublé. A nous d’aller chercher cette qualification là-bas, il n’y a pas de raison que ça ne passe pas. »

Euh Maxwel, on en voit quelques unes en fait. Pendant plus d’une heure à l’aller, le Shakhtar a bougé l’OL comme jamais, au point de mener logiquement de deux buts avant de craquer (de 2-0 à 2-2). Et puis il va falloir se coltiner un long déplacement pour un match couperet en Ukraine en décembre, face à une équipe revenue de nulle part dans la course aux 8es. « La qualification nous tendait les bras ce soir, regrette Anthony Lopes. Les dernières secondes de chaque match ont été à notre désavantage. A nous d’inverser cette tendance. Il va falloir aller se qualifier dans un endroit où il fait très très froid. » Entre -8° et -14° actuellement à Kharkiv, où joue désormais le Shakhtar.

« A l’UEFA de prendre les décisions »

Sur ce point aussi réside une grande inconnue. La loi martiale ayant été instaurée lundi par le chef d’Etat ukrainien pour une durée de deux mois, la rencontre de Ligue Europa de jeudi entre le FK Vorskla et Arsenal vient d’être déplacée de Poltava à Kiev. Ce véritable 16e de finale de l’épreuve pourrait se disputer à Kiev ou à Lviv, plus loin de la frontière russe donc. Jean-Michel Aulas est évidemment sur le coup.

« On a demandé à l’UEFA de regarder de très près ce qu’il se passe. Le pays est malheureusement en crise et continue de souffrir. On n’a pas trop envie d’aller à Kharkiv. Ce sont des gens très sympathiques, mais il y a beaucoup d’insécurité en ce moment. On a même du mal à trouver un avion puisque les avions français ne sont pas assurés et ne veulent plus aller en Ukraine. A l’UEFA de prendre les décisions. Qu’on doive jouer à Kharkiv ou ailleurs, on ira pour gagner. »

« Pourquoi on ne joue pas tout le temps comme ce soir ? »

Pour tenter de réduire la pression qui va peu à peu envahir son club jusqu’au 12 décembre, JMA rappelle que l’OL est déjà « sûr d’être en Ligue Europa ». Un moindre mal au vu de la poule vraiment abordable. « On est invaincu, indique aussi Bruno Genesio. On est en position de se qualifier. On ira là-bas avec de l’ambition et de la confiance. Il faut positiver. On avait gagné à Moscou [0-1] dans des conditions difficiles la saison passée. » On se souvient de la suite.

Dans un contexte autrement moins clinquant que les deux confrontations contre City, l’OL ne devra pas flancher. Le mot de la fin est pour Rafael : « Pourquoi on ne joue pas tout le temps comme ce soir ? » Il s’agit sans doute de la principale inconnue à résoudre dans les deux prochaines semaines pour Bruno Genesio et son groupe.