OL-Shakhtar: De «dominé dans tous les domaines» à «grande équipe»… Comment décrypter le vrai niveau de ce Lyon-là?

FOOTBALL En arrachant un nul (2-2) après avoir frôlé une énorme désillusion (0-2 à la 69e), mardi contre le Shakhtar Donetsk, l'OL n'a vraiment pas levé les doutes qui accompagnent cette équipe si imprévisible...

Jérémy Laugier

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A l'image de Marcelo, très inquiétant mardi, l'OL donne trop peu de garanties sur son véritable niveau, notamment dans l'organisation défensive.
A l'image de Marcelo, très inquiétant mardi, l'OL donne trop peu de garanties sur son véritable niveau, notamment dans l'organisation défensive. — JEFF PACHOUD / AFP
  • D’abord à la ramasse face aux fins techniciens du Shakhtar Donetsk (0-2, 55e), l'OL a réussi à accrocher un nul (2-2, 72e). Un moindre mal.
  • Pourquoi cette inconstance au sein d’un même match est-elle un problème majeur de la bande à Bruno Genesio, depuis la nomination de ce dernier sur le banc lyonnais?

Au bout d’une précédente soirée européenne de dingo, en mars 2017 contre l'AS Roma (de 1-0 à 1-2 puis à 4-2), on avait titré : « Comment Lyon a une nouvelle fois joué les Dr Jekyll et Mr Hyde dans un gros match ». A l’époque, on faisait notamment référence à deux rencontres aux visages très différents, avant et après la pause, face à la Juventus Turin (0-1, 1-1) ainsi qu’à un sommet de Ligue 1 devant le PSG (1-2). C'était il y a deux saisons, lors du premier exercice complet de Bruno Genesio donc, et rien n’a changé.

Depuis cet OL-Roma, on peut citer en vrac Besiktas (2-1), l'Ajax (3-1), Monaco (3-2), le PSG (2-1) ou encore l’OM (2-3 au Vélodrome) comme rencontres quasi-schyzophréniques sur le plan du jeu. « Il faut probablement qu’on réfléchisse à comment faire en sorte que les joueurs démarrent mieux les matchs, a évoqué Jean-Michel Aulas mardi soir, après ce nul 2-2 en tous points illisible contre le Shakhtar Donetsk. Et surtout qu’ils aient cette densité de la deuxième période pendant 90 minutes. »

« On a pressé de manière beaucoup trop désordonnée »

A l’entendre ainsi, on pourrait imaginer qu’il s’agit d’un dilemme propre à un nouveau groupe à la fin de son deuxième mois de vie commune seulement. Lucas Tousart a rappelé l’historique tenace de cette équipe à un confrère l’interrogeant sur l’inconstance des 10 premiers matchs officiels de la saison : « Ça remonte à un peu plus loin. On est conscient de ça mais je pense que c’est compliqué de gagner en régularité ».

OK, donc a priori, les supporters lyonnais sont bons pour attendre à nouveau un bon bout de temps pour revivre un match aussi plein qu’à Manchester City (1-2). Vous voulez savoir à quoi ressemble un OL passant complètement à côté de son premier acte, comme mardi face au Shakhtar, il est vrai dans un contexte de huis clos total ? Bruno Genesio parle des manques affichés avec une franchise louable sur ce coup.

« On a été dominé tactiquement, techniquement, dans tous les domaines. On avait prévu de presser beaucoup plus haut mais on l’a fait de manière beaucoup trop désordonnée pour les inquiéter. On était beaucoup trop loin d’eux. Comme c’est une équipe techniquement très à l’aise, le Shakhtar a réussi à ressortir les ballons beaucoup trop facilement, à trouver du jeu dans les intervalles et il nous a mis en grandes difficultés sur son côté gauche. Il fallait aussi reprendre la possession du ballon. On le savait mais on n’a pas bien géré cet aspect tactique-là. »

« Pas l’impact nécessaire pour un match de Ligue des champions »

Une leçon tactique de laquelle il est forcément en partie responsable, dans son duel de banc avec Paulo Fonseca. Surtout quand on voit donc à quel point le tandem Taison-Ismaily a pu faire souffrir le côté droit lyonnais composé de Bertrand Traoré (invisible et qui a laissé sa place à un Memphis Depay énorme en fin de partie) et de Léo Dubois (qui a remplacé juste avant la partie Rafael, blessé). Finalement, comment les différents acteurs de l’OL justifient-ils cette première période désastreuse ?

« On n’a pas mis l’impact nécessaire pour un match de Ligue des champions », admettent en chœur Nabil Fekir et Lucas Tousart. Accordé. « On n’a pas forcément fait les courses ensemble, confie de son côté Léo Dubois, souvent en galère mardi mais auteur du but de l’égalisation (2-2, 72e). Chacun avait bien sûr envie de défendre mais on n’a pas su trouver les liens pour pouvoir bien le faire. » Accordé ++. 

Quel visage (ou double visage) dimanche au Parc des Princes ?

« Nous avonsun peu trop été traumatisés par ce match sans public, balance carrément Jean-Michel Aulas. Nos supporters nous ont immensément manqué. » Une opinion tranchée et so JMA qui n’est pas partagée par Bruno Genesio : « Je ne pense pas que le contexte à huis clos explique notre entame mais il y a peut-être aussi l’enchaînement des rencontres. On était à notre 6e match en 18 jours. Eux avaient eu un jour de récupération en plus de nous. » Ouch, excuse refusée coach, toutes nos confuses mais votre première longue sortie nous suffisait. Evidemment, les Lyonnais se sont tous réfugiés dans « la belle réaction » après la pause, lorsque le match est devenu « un peu fou », dixit Léo Dubois.

« Tout dépend ce qu’on veut retenir, glisse Bruno Genesio. C’est sûr que sur la première période, on peut se dire que c’est inquiétant. Mais je préfère retenir la deuxième et la capacité de réaction positive de mon équipe, surtout sans notre public. » Une positive attitude afin de préparer au mieux le choc au Parc des Princes dimanche (21 heures) dans lequel le PSG pourrait prendre 13 points d’avance sur l’OL en neuf journées. « Sur les buts contre le Shakhtar, on a tout fait tous ensemble, avec cette envie d’aller de l’avant et de se faire la dernière passe, s’emballe Léo Dubois. Quand on fait ça, on est une grande équipe. » Si notre petit lexique de l’OL est à peu près à jour, Lyon devrait montrer son visage « grande équipe » au Parc.