VIDEO. OL: Des supporters lyonnais sont partis suivre la fin de carrière de «la légende» Lisandro Lopez en Argentine

FOOTBALL L’attaquant argentin Lisandro Lopez (à Lyon de 2009 à 2013) a clairement marqué l’histoire de l’OL. Ces derniers mois, cinq jeunes supporters lyonnais se sont carrément rendus à Buenos Aires pour retrouver leur idole, à 35 ans, sous le maillot du Racing Club…

Jérémy Laugier

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Hugo, Rico et Thibault ont pu assister en août dernier à la rencontre entre le Racing Club de Lisandro et River Plate (0-0).
Hugo, Rico et Thibault ont pu assister en août dernier à la rencontre entre le Racing Club de Lisandro et River Plate (0-0). — @hpbboss
  • Lisandro Lopez a clairement marqué les esprits à l’OL, de 2009 à 2013, à l’image d’émouvants adieux à Gerland.
  • Fan absolu de l’attaquant argentin, le Lyonnais Lucas (23 ans) a profité d’une opportunité de stage à l’étranger pour se rendre cinq mois à Buenos Aires, afin notamment de suivre la probable dernière saison de la carrière de « Licha » (35 ans).
  • Quatre autres supporters de l’OL ont rendu visite à Lucas en Argentine, en prenant évidemment soin d’inclure des matchs du Racing Club de Lisandro durant leur séjour.

Lorsque Lucas (23 ans) a eu l’opportunité d’effectuer un stage de cinq mois à l’étranger dans le cadre de son Master 2 en sciences politiques à Lyon, il n’a pas hésité bien longtemps. « Mon choix a clairement été orienté par le football. Buenos Aires, c’est le rêve pour les passionnés de foot. Et quand j’ai vu que Lisandro Lopez jouait encore au Racing Club, je me suis dit ''vamos''. »

Un alignement des planètes quasi parfait a permis à cet habitué du virage sud de l’OL d’assister à 25 matchs dans les nombreux clubs de la ville… et de profiter d’un Lisandro actuel meilleur buteur du championnat argentin (6 buts en 8 journées) à 35 piges. Car outre deux rencontres dans la mythique  Bombonera de Boca Juniors, le jeune Lyonnais s’est déjà rendu à huit reprises au Cilindro d’Avellaneda, dans la banlieue de Buenos Aires, pour y supporter le Racing Club de l’ancien attaquant de l’OL (de 2009 à 2013). Avec un premier rendez-vous pour le moins particulier le 20 avril.

« Au Racing, il n’y en a vraiment que pour lui »

« C’était contre Vasco de Gama en Copa Libertadores. Lisandro a raté deux penalties en première période. J’avais peur de lui porter la poisse. » Mais le bonhomme est du genre persévérant et il a marqué à sa troisième tentative ce jour-là (4-0), célébrant comme toujours sa réalisation avec un doigt pointé sur sa tête. « Le retrouver, après tout ce temps et dans une ambiance folle, c’était un peu comme dans un rêve, se réjouit Lucas. En plus, dans son club du Racing, il n’y en a vraiment que pour lui, surtout depuis le départ de Lautaro Martinez à l’Inter Milan. On sent un joueur en mission, prêt à tout pour remporter son premier titre avec le Racing [son premier et donc dernier club pro]. »

Quand on sait à quel point la dimension de club supplante les individualités dans la culture virages, comment les quatre saisons lyonnaises de Lisandro ont-elles pu à ce point pousser Lucas à le retrouver à Buenos Aires ? « ''Juni'' est mon idole d’enfance et ''Licha'' celle de mon adolescence, résume-t-il. Dès son but sur coup franc à 90e pour son premier match en Ligue 1 au Mans (2-2 en août 2009), j’ai aimé son caractère, sa grinta. C’est le joueur central de notre parcours jusqu’en demies de Ligue des champions 2010. C’est une légende pour moi. J’ai pleuré pour ses adieux contre Nice en 2013. »

« C’est comme s’il était devenu lyonnais »

Une émotion partagée par ses amis Alexis, Hugo, Rico et Thibault, qui ont tous tenu à venir passer quelques semaines en Argentine, notamment pour voir jouer Lisandro, cinq ans après son départ de Lyon. « C’est assez fou, parce qu’il n’a absolument pas changé, apprécie Hugo, qui a assisté en août au nul contre River Plate (0-0). Il est le capitaine du Racing du haut de ses 35 ans, et au début de l’échauffement, c’est lui qui sort dix mètres devant tous ces coéquipiers. C’est une vraie idole là-bas. »

Alexis (23 ans), qui a vécu dimanche le nul (2-2) du Racing contre Boca Juniors, assure avoir « davantage célébré » le doublé de Lisandro que des buts lyonnais cette saison. « Autant on suit toujours les carrières de nos jeunes formés à l’OL comme Lacazette, Umtiti et Tolisso, autant cette envie est beaucoup plus rare pour un joueur étranger passé chez nous, constate-t-il. Mais Lisandro, c’est comme s’il était devenu lyonnais, c’était l’âme de notre équipe. »

Lisandro ou « le leadership de l’ombre »

Hugo prolonge avec justesse ce qui unit les supporters de l’OL à l’ex-international argentin, vainqueur d’un seul trophée avec Lyon, la Coupe de France 2012, qui s’avère être le dernier titre du club.

« Il a un tempérament incroyable et un leadership de l’ombre qui donnent envie de partir à la guerre avec lui. Et puis c’est vraiment un homme sincère et simple, avec lequel on irait bien boire un maté. »

Avec leur démarche tout aussi authentique, les cinq amis ont déclenché la curiosité des fans du Racing, le personnel de la boutique du club tenant même à prendre des photos avec eux. « Ça les a amusés de voir qu’on était tous habillés en Lisandro. C’est comme si une relation s’était créée entre nos deux clubs, via la carrière de ''Licha''. On a même croisé au stade un Argentin portant un maillot de l’OL floqué Lacazette », se marre Lucas.

« Je voudrais lui dire à quel point je l’aime »

Finalement, l’intéressé, qui devrait annoncer sa retraite à la fin de la saison, aurait-il encore sa place à Lyon aux côtés de Memphis Depay et Nabil Fekir ? Même avec les yeux de l’amour, tous s’accordent à répondre négativement. « Le championnat argentin est quand même beaucoup plus faible et plus lent. Lisandro s’est réinventé mais il n’a plus la même vitesse qu’à l’époque », constate Lucas. « Et puis, l’enlever de cette ville et de ce stade serait inhumain, ça se voit qu’il y est trop bien », complète Hugo (23 ans).

Après un séjour entre Pérou et Chili avec Alexis, Lucas assistera avec lui, le 28 octobre, à Racing Club-San Lorenzo. Il y verra Lisandro pour la dernière fois avant de retrouver sa vie à Lyon. « Je regrette déjà de ne pas être là pour vivre la fin du championnat, soupire-t-il. J’aimerais tellement que ''Licha'' gagne le titre avant de prendre sa retraite. Et puis même si j’ai peur de l’embêter, je voudrais lui dire à quel point je l’aime avant de rentrer. » Lisandro, si tu nous regardes…