L’OL est-il «visionnaire» ou axé sur le «trading» de joueurs comme Monaco? Jean-Michel Aulas défend ses choix

FOOTBALL Au moment de présenter un excédent brut d’exploitation (EBE) record de 73,9 millions d’euros sur l’exercice 2017-2018 ce mercredi, Jean-Michel Aulas en a profité pour exposer la politique sportive de son club…

Jérémy Laugier

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Jean-Michel Aulas, ici au Parc des Princes dimanche lors de la lourde défaite de l'OL contre le PSG (5-0).
Jean-Michel Aulas, ici au Parc des Princes dimanche lors de la lourde défaite de l'OL contre le PSG (5-0). — J.Spencer/Sipa
  • Sans surprise, les résultats économiques annuels de l’OL au 30 juin 2018, dévoilés ce mercredi, sont très satisfaisants.
  • Un chiffre majeur sort de ces comptes : les 125,3 millions d’euros obtenus en 2017-2018 grâce à un « trading joueurs record ».
  • Finalement, cet OL n’aurait-il pas des airs d’AS Monaco lançant de jeunes joueurs avant de vite les vendre avec une spectaculaire plus-value ?

« Je sais qu’il faut quelques fois être critiqué pour gagner après. » Si on en croit cette sortie de Jean-Michel Aulas, l’OL devrait remplir de manière considérable son armoire à trophées, qui attend un successeur à la Coupe de France 2012. Parmi les critiques récurrentes des supporters à l’encontre du président lyonnais figure cette politique sportive assumée de revente de joueurs appréciés, comme Alexandre Lacazette, Emanuel Mammana ou Sergi Darder sur l’exercice 2017-2018.

En présentant mercredi ses résultats annuels, l’OL a tenu à mettre en avant un « trading joueurs record » de 125,3 millions d’euros, contre 33,3 millions en moyenne sur les quatre années précédentes. « Il avait aussi été prévu que Nabil Fekir s’en aille, rappelle JMA. Si Liverpool ne s’était pas rétracté au dernier moment, ça aurait fait 60 millions d’euros de plus dans les comptes. Il y a un certain nombre de joueurs qui veulent aller à Madrid, Barcelone ou Manchester, et on ne peut pas s’y opposer. »

« L’AS Monaco a peut-être poussé à l’extrême le modèle »

L’OL ne marcherait-il pas de plus en plus sur les traces du modèle de trading, cher à l’AS Monaco ? « Je ne le pense pas, répond Jean-Michel Aulas. Nous avons vendu quelques joueurs qui n’étaient pas des têtes d’affiche ni même des titulaires, plus un ou deux très bons joueurs. Dans ses opérations d’achat-revente, l’AS Monaco a peut-être poussé à l’extrême le modèle. »

Rappelant les récentes prolongations de Tousart, Ndombele, Aouar, et les transferts ces deux dernières saisons à plus de 20 millions d’euros de Memphis Depay et Moussa Dembélé, le président de l’OL assure qu’une nouvelle ère ambitieuse est bien ouverte : « On a été en danger pendant la construction du stade mais il ne nous pénalise plus depuis un an. Au contraire. On peut avancer et investir ».

« Je ne peux pas vous dire qu’on va garder Ndombele ou Aouar »

Mais pas sur les fameux « Mondialistes » Ruben Dias ou Yerry Mina, estimés à « des prix déraisonnables » (au-delà de 35 millions d’euros). Quant au Lillois Nicolas Pépé, le boss de l’OL a reconnu avoir formulé (en vain) une offre de 30 millions d’euros fin août. Pour la prochaine intersaison, des investissements sur le mercato « à hauteur » du fameux excédent brut d’exploitation (EBE) record, soit 73,9 millions d’euros, sont envisagés.

Tout comme, dans l’autre sens, les départs de certaines pépites déjà sollicitées ces derniers mois. « Je ne peux pas vous dire qu’on va garder Tanguy Ndombele ou Houssem Aouar l’été prochain », avoue Jean-Michel Aulas, en quête « de comptes récurrents positifs pour durer dans le football ».

« Est-ce qu’il faut être fier d’avoir recruté Neymar et Mbappé ? »

Celui-ci ne se refait pas : il y est (encore) allé de son tacle bien senti à l’encontre du PSG.

Sur le long terme, la politique de l’OL est la meilleure. Nous sommes le premier club français sur la durée. Si les grands clubs européens pensent qu’on est dans le vrai, c’est la confirmation qu’on est plutôt visionnaire que retardataire. Est-ce qu’il faut être fier d’avoir recruté la même année Neymar et Mbappé ? Oui, si la règle le permet. Mais si après, je me faisais rattraper par la patrouille au niveau européen, je ne serais pas fier d’avoir des comptes à rendre auprès de mes supporters. »

Allant au bout de son raisonnement, JMA en a profité pour passer un message aux nombreux fidèles de l’OL aujourd’hui plus que sceptiques quant à la trajectoire de leur club : « Qui est plus crédible que nous ? Ou alors il faut que les supporters voulant qu’on ait tout de suite des résultats acceptent que je vende le club demain matin à l’Arabie Saoudite ou à des Chinois qui n’ont pas la même approche économique que la nôtre »…