PSG-OL: Bataille haletante puis route à sens unique... Dimanche, il y a eu deux matchs en un seul

FOOTBALL Dimanche, il y a eu deux PSG-OL. Et Lyon n'en a gagné aucun...

William Pereira

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Mbappé vs Denayer
Mbappé vs Denayer — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Bizarre. Le mot revient en boucle quand en zone mixte, nous autres journalistes essayons de prendre la mesure du match échappant à toute logique. Ou plutôt « ces » matchs. Car dimanche soir, il y a eu deux PSG-OL. Le premier, « super dur » du propre aveu de Thomas Tuchel au micro de Canal + et le second, super dur aussi, mais pour Bruno Genesio. Ceux qui en parlent le mieux, ce sont encore les joueurs.

Le match « aller » : PSG 1-0 OL

Mbappé : « On a commencé c’était un peu compliqué… on voulait se jauger, c’était une bonne équipe. »

Denayer : « C’est compliqué [de perdre comme ça], on fait une bonne première mi-temps, on a eu des occasions qu’on n’a pas su concrétiser. On a bien joué, on a eu le ballon et on l’a bien fait tourner au début. »

Anthony Lopes : « Il y a eu des occasions, on aurait pu les mettre au fond. On a eu des opportunités, on a essayé de mettre notre jeu en place. Je pense qu’on a fait une très belle première mi-temps, on n’a pas du tout à rougir de notre prestation surtout en première période. On n’a pas su faire la différence au moment où on aurait dû le faire. »

Vous l’aurez compris, les mots-clés sont ici « occasions manquées ». Après le penalty prématuré de Neymar (7e), les Gones ont pris le contrôle du jeu et fait reculer les Parisiens jusqu’à leurs 20 derniers mètres. Sans jamais toutefois réussir à marquer. Au doigt mouillé, on retient trois grosses occasions que les hommes de Genesio auraient dû convertir en égalisation.

  • Juste après le 1-0, Aouar loupe un ballon dangereux dans la surface. N’Dombele réussit à frapper du gauche mais c’est trop mou pour tromper Buffon. C’était pourtant cadeau.
  • Denayer vendange de manière assez folle une tête alors qu’il avait été idéalement servi au second poteau par Depay. Le défenseur avouera avoir « vu la balle dedans… au début seulement ». Drôle.
  • La folle tête de Cornet sur le poteau de Gigi Buffon. C’était un peu le loto, mais avec un peu de réussite ça pouvait rentrer.

Le match « retour » : PSG 4-0 OL

Encore une fois, on laisse la parole aux joueurs avant de décrypter le naufrage.

Mbappé : « Ça a été une attaque défense et il y a eu beaucoup d’occasions. »

Lopes : « Quand on prend le deuxième, je pense que ça coupe un peu les jambes des joueurs. Dès le moment où on prend ce but, c’est plus dur. »

Denayer : « Il y a eu beaucoup de situations de un contre un [avec les attaquants du PSG]. C’est sûr que ce sont des joueurs qui vont très vite, et quand ils partent dans notre dos, ça paye. »

Genesio : « La moindre erreur, la moindre défaillance tactique se paye très cher face à des attaquants avec une telle qualité de vitesse et de déplacement. Il faut avoir davantage de maturité quand on est mené 3-0 au Parc face à une équipe comme Paris. Il faut arrêter d’attaquer à sept ou à huit comme on l’a fait et libérer les espaces dans le dos de notre défense. »

S’il est en grande partie responsable de la descente en Enfer de ses brebis, Pep a raison. Le bloc lyonnais s’est désagrégé, particulièrement au milieu et en dépit des efforts sisyphéens du pauvre Tanguy Ndombele, laissant à Neymar & co tout le temps du monde pour préparer la dernière passe à destination du TGV Mbappé. La rigueur tactique niveau district se paye cash contre ces gars-là.

Et le tournant du match, c’est quoi alors ?

Les Lyonnais ont beaucoup parlé de concrétiser les occasions qu’ils se sont procurées, sans jamais évoquer leur plus grand raté : ne pas avoir réussi à jouer pendant une heure en supériorité numérique (Presnel Kimpembe a été expulsé à la 33e minute). Lucas Tousart a été exclu 12 minutes après la réduction à dix des Parisiens, à un moment où ces derniers paraissaient fébriles.

Ce second rouge consécutif en L1 pour le mileu lyonnais a été salvateur pour l’ennemi. Et Mbappé ne dira certainement pas le contraire : « les expulsions ont beaucoup changé la physionomie du match. Je pense que sans ça, c’est pas le même match du tout. Après ça, tout a été beaucoup plus ouvert, il y avait plus d’espace et on a su en profiter plus qu’eux. » « C’est difficile de jouer à dix contre nous », confirme Tuchel. Lyon n’était pas prévenu. Les prochains adversaires du PSG, si.