Coupe du monde 2018: «Si on m’avait dit qu’un jour un petit de Bondy gagnerait la Coupe...»

INTERVIEW Athmane Airouche, président de l'AS Bondy, revient sur la victoire des Bleus et le parcours de Kylian Mbappé...

Propos recueillis par Florence Floux

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Kylian Mbappé et Lucas Hernadez soulevant la Coupe du Monde, le 15 juillet 2018.
Kylian Mbappé et Lucas Hernadez soulevant la Coupe du Monde, le 15 juillet 2018. — GABRIEL BOUYS / AFP

C’est là que tout a commencé pour Kylian Mbappé. A l’AS Bondy, où le numéro 10 de l’équipe de France a débuté, c’est peu de dire que l’on est fous de joie. Le sacre de champion du monde de leur chouchou, qui a fait ses débuts dans le club amateur à 6 ans, a probablement galvanisé les jeunes Bondinois encore un peu plus qu’ailleurs en France.

Autant dire que quand l’Elysée a invité entre autres, les U13 de l’AS Bondy ce lundi après-midi, à célébrer la victoire en présence des Bleus, le club a répondu présent. Athmane Airouche, le président de la section football, a répondu à 20 Minutes.

Qu’avez-vous ressenti dimanche soir, au coup de sifflet final ?

On était tellement heureux, tellement fiers de ce qu’a fait l’équipe de France, fiers de ce qu’a fait Kylian. J’avais 20 ans en 1998, si on m’avait dit qu’un jour un petit jeune de Bondy remporterait la Coupe du monde, je ne l’aurais jamais cru. C’est une magnifique réponse à ceux qui ont dit que la France était la sixième équipe du continent africain de ce Mondial. En fait, c’est juste la France. Cette mixité, c’est notre point fort, il faut que nous l’acceptions.

Vous connaissez bien Kylian Mbappé ?

Kylian, je l’ai vu grandir. Il a commencé à jouer à 6 ans, mais il venait au stade depuis ses 3-4 ans. Quand il était encore à Monaco, on le croisait souvent à Bondy, il revenait pour les vacances, se baladait à pied. Maintenant il ne peut plus faire ça, c’est le revers de la médaille, mais il n’a jamais oublié d’où il vient. C’est vraiment magique de voir comment ce gamin s’est fixé des objectifs et les a atteints : devenir footballeur professionnel -vu ses capacités, on n’avait aucun doute-, ensuite gagner le Mondial… Le numéro 10 est lourd à porter, de grands joueurs l’ont affiché avant lui, mais il l’a porté haut et fort. Je connais très bien ses parents, je peux vous dire qu’ils l’ont bien éduqué. Il a la tête sur les épaules et il va la garder.

Quel exemple Kylian Mbappé et ses coéquipiers constituent, d’après vous ?

Ils sont la preuve que c’est beau ce que peut créer la banlieue. Cette France-là, elle est tellement belle, elle a des valeurs. On montre toujours la banlieue de façon négative, mais regardez ces gamins, ils ont bien été éduqués. Il y en a beaucoup en banlieue comme eux. D’entendre crier « Vive la France, vive la République », hier à Bondy, ça m’a rappelé 1998. Nous sommes français avant tout. Pendant une semaine, on va oublier tous nos soucis grâce à l’équipe de France. Et nous, dans les clubs amateurs comme l’AS Bondy, on va continuer à former des petits garçons et des petites filles, avec les moyens dont on dispose et les sponsors qui manquent souvent. Mais je peux vous dire que quand Kylian revient nous voir, ça n’a pas de prix de voir briller les yeux des gamins, ça fait du bien.

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