Attention le monde, la Corée du Nord veut «former des joueurs plus talentueux que Messi»

FOOTBALL Ça bosse très fort à l'académie de football de Pyongyang...

N.C. avec AFP

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De jeunes footballeurs à l'entraînement à Pyongyang, en Corée du Nord, le 24 août 2016.
De jeunes footballeurs à l'entraînement à Pyongyang, en Corée du Nord, le 24 août 2016. — Dita Alangkara/AP/SIPA

Tremble, le monde du foot. La Corée du Nord a bon espoir de te dominer un jour prochain. Pleinement conscient de la force de propagande du sport, le leader Kim Jong-Un a fait du ballon rond une priorité stratégique. «Nous formons nos jeunes pour en faire des joueurs plus talentueux encore que Lionel Messi», annonce sans ciller Ri Yu-Il, un entraîneur de l'Ecole internationale du foot de Pyongyang. Ouverte en 2013, cette dernière est pour lui une vraie fabrique de champions.

En fait, la Corée du Nord rêve de revivre un jour l'épopée glorieuse du Mondial 1966, où elle avait battu l'Italie pour atteindre les quarts de finale. «Pour l'instant, nous cherchons à dominer l'Asie et, dans un avenir proche, j'espère que nous pourrons dominer le monde», reprend celui qui est le fils de Ri Chang-Myong, le gardien de la Corée du Nord lors cet exploit.

Le sléectionneur n'y croit que moyennement...

Mais la réalité est tout autre sur le terrain, entre aides de la Fifa suspendues, talents qui ne s'exportent pas et championnat anémique. Aujourd'hui, la sélection nationale vivote au 126e rang du classement de la Fifa, entre l'Arménie et l'Ethiopie, et loin derrière les rivaux régionaux chinois, japonais et sud-coréens.

Les Nord-Coréens ont dû ensuite attendre 44 ans avant de goûter à nouveau au frisson du tournoi suprême, en 2010 en Afrique du Sud. Mais leur campagne sud-africaine a tourné court avec trois défaites.L'homme censé les guider vers la gloire est le Norvégien Jorn Andersen, sélectionneur. Mais la Corée du Nord est déjà éliminée de la course au Mondial 2018.

Face aux ambitions de Pyongyang pour la nouvelle académie de football, le Norvégien, ex-buteur de Nuremberg et Francfort affiche, lui, son réalisme. «Non, je ne crois pas qu'elle peut former un Lionel Messi, mais je pense que peuvent en sortir de bons joueurs pour l'Asie», déclare dans un entretien à l'AFP le technicien de 53 ans dans l'hôtel de Pyongyang où il réside. «Nous avons beaucoup de talents, mais ils doivent toujours rester dans le pays», déplore-t-il. Et la Corée du Nord ne pourra progresser qu'en se frottant davantage aux équipes étrangères...

La Fifa a suspendu son aide au développement

L'ancien coach de Salzbourg aurait difficilement pu arriver à un pire moment. Son contrat d'un an, il l'a signé en mai, soit quatre mois après le quatrième essai nucléaire nord-coréen et quatre mois avant le cinquième. Deux événements qui n'ont fait qu'accroître l'isolement du pays. En mars, la Fifa a ainsi annoncé qu'elle suspendait le versement d'environ 1,7 million de dollars théoriquement promis à des projets de développement du football. Basée à Zurich, elle est tenue par les sanctions suisses interdisant les transferts de fonds vers Pyongyang.

L'académie de Pyongyang, qui a par le passé bénéficié de financements de la Fifa, affronte désormais des difficultés financières. «Les sanctions créent des problèmes pour le pays, ici aussi», concède Song Hye-Yong, un responsable de la fédération nord-coréenne.

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Autre obstacle de taille, le manque de matchs: les clubs nord-coréens ne disputent pas les compétitions de la Confédération du football asiatique - onze équipes participent au championnat national nord-coréen, devant seulement 200 à 300 spectateurs par rencontre. «Les internationaux ne font que s'entraîner, s'entraîner, s'entraîner mais ils ne jouent jamais de matchs», déplore Jorn Andersen.

Les Nord-Coréennes sont bien plus à leur avantage que les hommes ces derniers temps: elle sont classées 9e par la Fifa et l'équipe féminine U-17 a même été sacrée championne du monde en octobre. Sur 200 pensionnaires âgés de neuf à 15 ans, l'académie compte d'ailleurs 40% de filles.

Mais quel que soit leur sexe, les perspectives sont plus que minces. «Nous sommes ici pour réussir dans le foot, quoi qu'il se passe», témoigne un jeune de 15 ans... sans aucun plan B si cette ambition ne se concrétise pas.