Euro 2016: Vous cherchez des billets au marché noir? Préparez-vous à vous faire plumer

BIZNESS Les grandes affiches de l’Euro se jouent à guichets fermés. Pour tenter d’acheter un ticket in extremis, il faut payer très cher. Exemples avant Italie - Suède, vendredi à Toulouse…

Nicolas Stival

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Pour acheter des places de l'Euro 2016 au noir, préparez-vous à casser votre tirelire.
Pour acheter des places de l'Euro 2016 au noir, préparez-vous à casser votre tirelire. — G. Michel / Sipa

Même si l’UEFA fait tout pour l’éradiquer, le marché noir continue d’exister pendant cet Euro. Sur Internet ou aux abords des stades. Bien sûr, il est encore possible d’acheter tout à fait légalement, via la billetterie officielle, des tickets pour des matchs aussi affriolants que le Roumanie – Albanie de dimanche à Lyon (pour des sommes comprises entre 105 et 145 euros, tout de même).

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En revanche, pour les grosses affiches, seuls les chanceux du tirage au sort et quelques VIP ont pu dégoter leur sésame. Celui-ci est nominatif, mais les contrôles d’identité, à la différence des palpations, sont plus qu’aléatoires à l’entrée des stades… Donc, des acharnés tentent leur chance comme ce vendredi à Toulouse, avant un alléchant (a priori) Italie – Suède, joué à 15 h et à guichets fermés. Tranches de vie.

13 h 40 : Une heure vingt avant le début de la rencontre, on arpente les derniers mètres du boulevard des Recollets, en direction du Stadium. Un Italien nous accoste pour nous céder à prix coûtant deux places en catégorie 1, les plus chères (145 euros l’unité). Tous les autres revendeurs que nous croiserons ensuite seront français.

13 h 50 : On avance sur le pont Pierre-de-Coubertin, qui dessert le Stadium. Les revendeurs sont rares et discrets, même si les forces de l’ordre, très nombreuses, ne s’intéressent pas à eux. D’autres chats à fouetter… Un jeune homme cherche des billets (pour les revendre ?). « Il y en a qui en vendent là-bas, mais pas à moins de 100 euros », déplore-t-il.

14 h : En effet, deux hommes accompagnés d’un gamin de six ou sept ans proposent des billets de matchs. Le premier en a deux dans la main, à 150 euros pièce. L’autre un seul, à 100 euros. Non négociable…

14 h 15 : On a trouvé un champion. Un jeune homme vend ses tickets 100 euros l’unité. Il nous les montre. Ce sont des catégories 4, les plus mal situées, derrière les buts. Au tarif UEFA, chacun coûte 25 euros, même si on n’en trouve plus depuis des lustres sur la billetterie officielle. Jolie culbute.

14 h 50 : Après une lente balade parmi les supporters suédois (surtout) et italiens, et deux allers-retours sur le pont Pierre-de-Coubertin, on descend vers le Stadium, juste devant les accès. Une dizaine d’acheteurs potentiels (on n’en avait pas beaucoup croisé jusque-là) discute par petits groupes avec les revendeurs. Le match commence dans dix minutes, et les prix flambent.

Extraits de conversations

« Quoi, 200 euros le billet ? C’était 150 tout à l’heure », s’étrangle un aspirant spectateur. Un supporter français de l’équipe d’Italie, venu avec son fils d’environ 10 ans, tente l’apitoiement, liasse de billets au bout des doigts. « Allez, je vous donne 200 euros pour deux places, je suis avec le petit ! » Un homme plus âgé s’énerve. « Vous avez des places grâce à la mairie de Toulouse et vous osez les revendre aussi cher ! »

Autant le dire, l’affaire est mal engagée, et on est bien content d’avoir déjà son précieux sésame. On passe les derniers contrôles de sécurité pour ne pas rater le coup d’envoi.