Euro 2016: Pourquoi le pays de Galles a une bonne tête de surprise (et pas que grâce à Gareth Bale)
FOOTBALL•Après le Danemark en 1992 et la Grèce en 2004...Jeremy Goujon
À Rennes,
Avant son entrée en lice dans le groupe B contre la Slovaquie, ce samedi à Bordeaux (18 h), voici quatre bonnes raisons de penser que le pays de Galles pourrait être LA sensation de l’Euro 2016.
Parce que Gareth Bale
Le clutch player des Dragons a réussi un superbe double-double cette saison avec le Real Madrid (19 réalisations, dix passes décisives), en seulement 23 matchs de Liga. Prolifique, le joueur le plus cher de l’histoire arrive donc, en plus, frais comme un gardon, auréolé d’une deuxième Ligue des champions en trois ans. L’appétit venant en mangeant, le gaucher entend enrichir son palmarès sur le sol français.
« Ma confiance est au plus haut. Tout le monde sera en forme et j’espère que nous pourrons le faire. On ne sait jamais. Deux trophées en quelques mois ! », avait-il lancé juste après la finale de C1 à Milan. Auteur de sept des onze buts de son équipe durant les éliminatoires, Bale est parti pour tout exploser. Y compris le record d’Europe du 100 m de Jimmy Vicaut ?
Parce que derrière, c’est du béton
« On ne peut pas gagner l’Euro sans une grande défense », disait Éric Di Meco après le récent France-Cameroun. Contrairement aux Bleus, le pays de Galles est serein à l’arrière, fort d’une campagne de qualification où le gardien Wayne Hennessey n’a pris que quatre pions. Seuls la Roumanie (deux buts), l’Espagne et l’Angleterre (trois) ont fait mieux. Alors OK, la Suède vient de coller un 3-0 aux Britanniques en match de préparation (1-0 à la pause, Hennessey n’a pas disputé la seconde période).
Mais en 2004, la Grèce, qui n’avait encaissé que… quatre buts pendant la phase éliminatoire, s’était mangée un 4-0 aux Pays-Bas avant de se rendre au Portugal. L’histoire n’étant qu’un éternel recommencement, ne reste plus qu’à deviner le décès d’une célébrité à la suite du but vainqueur d’Aaron Ramsey, le 10 juillet.
Parce que les Danois de 1992 le disent
Avant le hold-up grec, il y eut le braquage commis douze ans plus tôt en Suède par le Danemark. Un invité de dernière minute - plus exactement repêché par l’UEFA après l’exclusion de la Yougoslavie - qui allait taper un par un les favoris de la compétition (France, Pays-Bas, Allemagne). Parmi les héros inattendus, le milieu de terrain John Jensen, buteur en finale.
Interrogé par L’Équipe, l’ancien de la « Danish Dynamite » parie sur un triomphe des Gallois. « Ils savent exactement ce qu’il faut faire, ça part de l’entraîneur. Ils se connaissent et peuvent faire une surprise. Bale est un joueur de classe mondiale, mais tous les autres sont de bons joueurs de Premier League ou de Championship [D2 anglaise]. C’est aussi un petit pays… Je pense que la solidarité va beaucoup jouer dans ce tournoi. »
aParce que la pression, elle est uniquement dans le ballon
Le sélectionneur Chris Coleman a déjà dévoilé son onze pour la rencontre face aux Slovaques. Quelques surprises émaillent la composition de départ : on retrouve ainsi Sócrates (paix à son âme), Zico et Pelé, Diego Maradona et George Best (RIP too). De quoi ravir, pour la suite de la compétition, un autre Nord-Irlandais, en l’occurrence l’attaquant Kyle Lafferty, qui a déclaré vouloir affronter le Brésil et l’Argentine à l’Euro.
Si la vanne de Coleman n’a pas dû arracher un sourire à l’assistant-coach de l’Angleterre, elle témoigne en tout cas de la décontraction des Gallois. « Ils ont déjà réussi quelque chose de très spécial, donc ils n’auront pas de pression », enfonce la légende locale Ian Rush, dans So Foot. Jouer libéré, ou le meilleur moyen de surprendre ses adversaires.
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