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Etre accro à l’application Strava nous éloigne-t-il du sport plaisir ?

VIDEO. Etre accro à l’application Strava nous éloigne-t-il du sport plaisir ?

Réseaux sociauxL’explosion depuis quelques années de l’application Strava a, qu’on le veuille ou non, une influence dans notre pratique du sport. Avec des pièges qui peuvent avoir des conséquences sur notre santé mentale
Les applis comme Strava ont-elles ruiné le sport plaisir ?
Jérémy Laugier

J.Lau.

L'essentiel

  • L’application Strava, qui permet d’enregistrer ses activités sportives, connaît une croissance fulgurante et influence désormais la pratique sportive de nombreux utilisateurs.
  • Interrogée par 20 Minutes, la préparatrice mentale Cindy Laplace met en garde contre les risques de courir « pour de mauvaises raisons, pour une communauté dont on espère des commentaires positifs », ce qui peut nuire à la santé mentale et au plaisir du sport.
  • Pour retrouver « des motivations intrinsèques », Cindy Laplace recommande de « sortir faire du sport sans Strava pour revenir aux bases, sans le moindre indicateur de performances ou technologie ».

La quête de Kudos peut-elle nous jouer des tours ? Dans le cadre de notre chronique sport et santé, diffusée dans 20 Minutes Arena, la nouvelle émission du service des sports de 20 Minutes, on s’est intéressé au rôle joué par l’application Strava dans notre pratique du sport. Car qu’on s’en rende compte ou non, celle-ci est devenue un tel phénomène (de 1,2 million d’utilisateurs dans le monde à 135 millions en huit ans) qu’elle nous influence.

Un utilisateur découvre l'appli Strava sur son téléphone.
Un utilisateur découvre l'appli Strava sur son téléphone. - Y.Mahjoub/SIPA

Il ne s’agit pas de tacler cette appli née en 2009 aux Etats-Unis afin de nous permettre d’enregistrer nos activités sportives (course à pied, cyclisme…) mais de se questionner sur l’usage qu’on peut en faire, avec des risques pour notre santé mentale. Interrogée par 20 Minutes pour cette chronique vidéo à retrouver ci-dessus, la préparatrice mentale toulousaine Cindy Laplace est attentive au sujet.

« Revenir aux bases »

Car on se surprend à partager nos datas tel Pogacar avalant la concurrence au plateau de Beille sur le Tour de France 2024. Et qui dit partage sur les réseaux sociaux dit souvent comparaisons et ego piqué. « Si tu ne cours que pour alimenter tes données Strava, tu rentres dans un processus où tu cours pour de mauvaises raisons, pour une communauté dont tu espères des commentaires positifs », liste Cindy Laplace.

Cindy Laplace est préparatrice mentale à Toulouse.
Cindy Laplace est préparatrice mentale à Toulouse. - S. Stacino

De quoi vite voir « les motivations extrinsèques » (la pression sociale) prendre le pas sur « les motivations intrinsèques » (la concentration sur soi). Et si l’Observatoire du running nous explique, chiffres à l’appui, que les 12,5 millions de runners français recherchent avant tout le bien-être, la notion de sport plaisir peut être fragilisée par une forte utilisation de Strava.

Notre dossier sur la course à pied

« Il faudrait miser sur une communauté diversifiée, chercher à se valoriser en évitant de se comparer uniquement à des cracks de Strava, et surtout sortir faire du sport sans Strava pour revenir aux bases, sans le moindre indicateur de performances ni la moindre technologie », conseille Cindy Laplace. Afin de retrouver, via ce précieux voyage en DeLorean, ce qui nous animait plus que tout à prendre nos baskets et notre vélo il y a vingt piges. Tentant, non ?