Bordeaux: Histoire, stade, ambiance, record, parité… Comment le Décastar fait pour attirer les stars?

ATHLETISME A l’image de Kevin Mayer et Nafissatou Thiam, les meilleurs athlètes du monde seront encore présents ce week-end à Talence

Clément Carpentier

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Kévin Mayer et Nafissatou Thiam sont très attendus lors de cette édition 2019.
Kévin Mayer et Nafissatou Thiam sont très attendus lors de cette édition 2019. — NICOLAS TUCAT - Andrej ISAKOVIC / AFP
  • La 43e édition du Décastar se dispute exceptionnellement en juin en raison des championnats du monde de Doha.
  • Comme chaque année, les organisateurs proposent un plateau de rêve pour un meeting de cette dimension avec notamment les deux stars, Kevin Mayer et Nafissatou Thiam.
  • Plusieurs facteurs (histoire, stade, ambiance, etc.) expliquent la grande réussite de cette épreuve.

C’est un beau cadeau ! Pour sa première en tant que président de l’ADEM, l’association qui organise le Décastar de Talence depuis 1976, Philippe Varela va offrir l’un des plus beaux plateaux de l’épreuve girondine, le week-end prochain. Avec en tête d’affiche, le roi du Décathlon Kevin Mayer (vice-champion olympique et champion du monde en titre) et la reine de l’Heptathlon, Nafissatou Thiam (championne olympique, championne du monde et d’Europe en titre).

Si le Français est un habitué et reviendra sur la piste de son exploit (record du monde de sa discipline établi en septembre dernier), ce sera une première pour la Belge. Alors comment le « modeste » meeting de la banlieue bordelaise fait-il pour attirer tous ces champions ? Philippe Varela livre à 20 Minutes ses secrets !

Philippe Varela, le nouveau patron du Décastar de Talence.

 

Tout d’abord, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Cela fait 23 ans que je suis bénévole pour le Décastar. Ma première, c’était en 1996 avec la présence du champion olympique Jean Galfione. Au fur et à mesure, je me suis de plus en plus investi. Je suis rentré au conseil d’administration puis je suis devenu vice-président de l’association il y a quelques années. Aujourd’hui, c’est une immense fierté d’en être le président.

Avant de parler de cette édition 2019, le Décastar vient d’être récompensé ?

Oui, l’IAAF (la Fédération Internationale d’Athlétisme) a décidé de faire entrer le meeting au patrimoine mondial de l’athlétisme. On va recevoir une plaque « Héritage » comme les athlètes qui ont marqué ce sport. C’est un grand honneur.

Comment qualifiez-vous le plateau de cette année ?

Franchement… Il est exceptionnel ! Même s’il a fallu faire quelques ajustements avec le changement de date (juin au lieu de septembre en raison des championnats du monde de Doha en octobre prochain), il est fantastique. Il y a Kevin Mayer et Nafissatou Thiam bien sûr mais aussi la Lettone Laura Ikauniece qui va livrer un beau duel à la Belge et puis, on est aussi content d’avoir la petite pépite bordelaise, Solène Ndama.

Comment faites-vous pour les faire venir ?

Déjà, c’est nous qui décidons qui on invite ! Après, je pense que c’est un ensemble de chose. L’histoire, car il y a eu des records sur cette piste, les athlètes y font toujours attention. Le stade car c’est magique pour eux de courir en pleine verdure au milieu d’un bois. Et puis, il y a bien sûr cette ambiance si particulière…

C’est-à-dire ?

Les athlètes sont chouchoutés avec une prise en charge très personnelle. Il y a une vraie convivialité avec les spectateurs et les équipes. On est les seuls à leur proposer de choisir leur propre musique pour leur course d’élan. Et puis, ils peuvent prendre part également à une sortie en dehors, cette année, ce sera une escape game. C’est pour toutes ces choses qu’il y a une vraie fidélisation.

Racontez-nous la venue de Nafissatou Thiam ?

Déjà soyons honnêtes, cela fait plusieurs années qu’on l’invite. Là, elle a dit oui ! Ce sera son premier meeting cette saison, on est très impatient de la voir. Il faudra lui demander mais pour la première fois, notre price money respecte la parité ! C’est exactement le même pour les garçons et les filles. Ça a peut-être joué. En tout cas, les télévisions belges remplissent la moitié de la tribune de presse (rires) et son fan-club sera sûrement là. Ça promet une superbe ambiance !