Bernard Laporte: «Nos partenaires canadiens, ce sont des gens sérieux»

RUGBY Le nouvel homme fort du Stade Français répond aux interrogations concernant les repreneurs canadiens du club...

Propos recueillis par A.P.
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Bernard Laporte, le 14 juin 2011 à Paris.
Bernard Laporte, le 14 juin 2011 à Paris. — 20minutes

Nouvel administrateur du Stade Français, Bernard Laporte explique à 20Minutes qui est cette mystérieuse fondation canadienne d’aide à l’enfance (la Facem) capable d’investir 12 millions d’euros dans le sauvetage du club parisien. S’il connaît encore mal ses interlocuteurs, l’ancien sélectionneur ne doute pas de leur sérieux.

>> A lire: Notre reportage à Montréal à la recherche des repreneurs du Stade Français

Pourquoi n’entend-on toujours pas vos partenaires canadiens?
Ils vont communiquer la semaine prochaine. Ils avaient un conseil d’administration, ils ne pouvaient pas le faire cette semaine. Mais ce sont des gens sérieux que je découvre petit à petit. Des gens bien.

On a du mal à comprendre quel est le cœur de leur activité…
Ils ont une fondation, la Fadesm, qui investit et fait de l’asset management (NDLR: gérer et faire fructifier l’argent de particuliers ou d’entreprise). Ensuite, elle met ses bénéfices à disposition de la Facem qui est son volet humanitaire. Ils reprennent le principe de la fondation de Bill Gates. Il y a un capital de départ qui va générer des intérêts. Et ce sont ces intérêts qui sont réinvestis.

Avez-vous déjà rencontré le président de la Fadesm/Facem, Job Ariste?
Je ne connais pas Monsieur Ariste. Je ne l’ai jamais rencontré, je sais juste qu’il est dans la téléphonie mobile. Pour tout ce qui est opérationnel, je passe par le vice-président, Armand Hugolin Kongo. J’espère que je rencontrerai un jour Monsieur Ariste. Vous savez, ces gens-là ne sont pas dans le business mais dans les grandes opérations. Pour nous, 12 millions d’euros c’est beaucoup d’argent, pour eux, non.

C’est quand même miraculeux de trouver un repreneur à deux jours du passage devant la DNACG pour savoir si le club reste en Top 14…
Oui, c’est un peu miraculeux. C’est un coup de chance, surtout quand on ne connaît pas les gens. Avec Stéphane Benhamou, qui m’a mis en relation avec eux, on leur a proposé notre projet. Ils ont dit: «D’accord, on va monter une société ensemble (NDLR: Rugby développement) mais c’est vous qui allez être le porteur du projet».

On peut quand même se demander pourquoi une fondation d’aide aux enfants vient investir dans le rugby.
Ils sont déjà très attachés aux valeurs du rugby même si c’est un sport qu’ils connaissent mal. Ils veulent s’investir auprès de la jeunesse, on a encore parlé dimanche de cette idée de monter un centre de formation sur Paris. Et puis il ne faut pas le cacher, le Stade Français leur apporte une certaine notoriété. C’est un moyen de communiquer pour eux.   

Pour s’être rendu sur place, on a été surpris par la modestie des locaux…
Mais ce que vous avez vu, c’est la Facem et pas la Fadesm. A la Facem, ils ne sont pas beaucoup, cinq ou six je crois. Mais attention, ils ont des traders et des gens dans le monde entier qui travaillent pour eux. C’est du sérieux.