JO de Paris 2024 : Escrime merguez, lancer de pavé… A quoi ressembleraient les Jeux olympiques de la grève ?
FICTION•Alors que la CGT-RATP s’engage dans une grève de plus de sept mois qui couvrira la période olympique, 20 Minutes imagine les JO de la contestation. Avec des épreuves… révolutionnairesWilliam Pereira
L'essentiel
• Ce lundi 5 février marquera le début de la grève de la CGT-RATP, qui se prolongera jusqu’au 9 septembre et devrait donc impacter les JO 2024.
• Dans le sillage de la colère des agriculteurs, cette annonce débouchera-t-elle à terme sur des Jeux olympiques de la contestation ?
• A défaut d’avoir la réponse à la question, « 20 Minutes » imagine des JO de la Grève au premier degré : 100 m gaz lacrymogène, escalade de gratte-ciel de multinationales à La Défense ou encore saut à la perche sur barricades enflammées
Attendue par les uns, crainte par les autres, la menace d’un mouvement social majeur autour des Jeux olympiques semble se matérialiser sous l’impulsion de la CGT-RATP. Le syndicat a déposé un préavis de grève à partir de ce lundi 5 février et jusqu’au 9 septembre (pile le lendemain de la fin des Jeux paralympiques), dénonçant un « désaccord relatif à l’alarme sociale déposée le mardi 23 janvier 2024, sur le thème des mesures salariales 2024 insuffisantes ».
Dans le sillage du mouvement de contestation des agriculteurs, la France rebelle réussira-t-elle à s’accaparer le plus grand événement sportif planétaire pour en faire les JO de la grève ? A 20 Minutes, à défaut d’une boule de cristal pour répondre à cette question, on a suffisamment d’imagination pour dessiner les Jeux olympiques de la révolte. Avec Sophie Binet à la tête du Comité d’Organisation, et quelques épreuves plutôt sympa.
> 100m gaz lacrymo
L’épreuve reine des Jeux Grévistes 2024. La règle est simple : huit coureurs doivent parcourir 100 mètres le plus rapidement possible au milieu d’un épais nuage de gaz lacrymogène dispersé tout au long de la piste par des CRS. L’usage du sérum physiologique, considéré comme un produit dopant par les autorités, est formellement interdit, de même que les lunettes de piscine. Trois qualifiés par série, les deux derniers sont interpellés.
> Escalade de sièges de multinationales à La Défense
Inspirée par les exploits du Spiderman français, Alain Robert, cette discipline oppose les représentants de chaque organisation syndicale sur le parvis de La Défense. Le premier à escalader la tour Total à mains nues et à planter le drapeau de son syndicat remporte la médaille d’or et le droit de mener les prochaines négociations avec Matignon.
> Rugby A7
Une épreuve de rugby à sept sur l’Autoroute A7, avec des agriculteurs et le rappeur SCH pour ambiancer tout ça, mais sans Antoine Dupont.
> Breakdance sur du Zebda et autres chants de manif
La grève, la manif, c’est pas un truc de boomers. A l’image des Jeux olympiques et dans un souci de modernisation, les JG2024 ont repris l’idée du breakdance, en l’adaptant à leur sauce. Les candidats danseront ainsi sur du Zebda, Bella Ciao et bien entendu le désormais indétrônable On est là. Les casquettes Red Bull seront confisquées à l’entrée, le capitalisme, c’est non.
> 400 m Châtel-haies les Halles
Une course d’obstacles de la mort dans les couloirs bondés de Châtelet les Halles à 8h du matin, où les concurrents devront trouver un moyen de monter dans les seules rames disponibles, celles des lignes automatisées du réseau RATP (la 1, la 4 et la 14), pour rejoindre des sites olympiques.
> Le lancer de pavés
Ah, le pavé. Véritable institution parisienne, le cube de pierre s’est inscrit au patrimoine de la contestation sociale au gré de manifestations et en vertu d’un certain pouvoir de destruction. De mai 68 au printemps-été 2023, il a su traverser les âges et demeurer indémodable. Il était donc tout naturel de l’utiliser dans cette version remastérisée du lancer de poids.
> Escrime : le Fleuret-Michon
Tout pareil que dans la discipline originale, à ceci prêt que chaque fleuret compte en son bout une merguez grillée dans la minute. L’objectif est de toucher le torse de l’adversaire. Celui qui gagne remporte la merguez adverse (mais pas sûr que ça soit hyper hygiénique, donc dans le doute ne pas la manger).
> Le saut à la perche au-dessus des barricades
Enfin un défi à la hauteur d’Armand Duplantis. Plutôt que de proposer au perchiste suédois d’améliorer son record du monde (6,23 m) une 50e fois, l’idée est de repenser totalement la discipline en la révolutionnant… c’est le cas de le dire. A la place du traditionnel matelas, ce sont des poubelles, des pneus et autres mobiliers urbains en feu qui attendent les athlètes sous la barre. Une seule tentative autorisée par barre, pour une raison évidente : on ne sort pas indemne d’un saut raté.
> 800 m rond-point
La course hommage au mouvement des gilets-jaunes qui avait tenu la France en haleine pendant des dizaines de semaines, et quel rond-point plus mythique que celui de l’Etoile pour faire s’affronter les manifestants les plus rapides sur les deux tours de piste ? Barbecue, pneus cramés et vitrines défoncées sur les Champs : là encore, le décor a été reproduit à la perfection et rien n’est laissé au hasard.
> Handball, avec un ballon à 100 % à base de chemises de DRH
Une épreuve historique qui avait fait son entrée aux Jeux de la grève dès 2015 et l’affaire des chemises arrachées à Roissy-Charles de Gaulle. Un peu chiant pour faire rebondir le ballon, mais plus sympa à défendre pour les gardiens de but. Et durable. Les vrais Jeux modernes, ils sont là.


















