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Jasper Philipsen, une bonne tête de nouveau patron du sprint

Tour de France 2023 : Jasper Philipsen, une bonne tête de nouveau patron du sprint

cyclismeLe Belge de l’équipe Alpecin s’est imposé au sprint à Bayonne lors de la 3e étape du Tour
Nicolas Camus

Nicolas Camus

L'essentiel

  • La 3e étape du Tour de France a été remportée au sprint ce lundi par Jasper Philipsen.
  • Le coureur belge décroche ainsi sa troisième victoire sur la Grande Boucle, après ses succès à Carcassonne et sur les Champs-Elysées l’année dernière.
  • Le coéquipier de Mathieu Van der Poel s’impose peu à peu comme le meilleur finisseur du peloton.

Comme tout bon sprinteur qui se respecte, Jasper Philipsen est du genre à aimer les lignes bien droites. Alors, il se serait bien passé des montagnes russes émotionnelles qui ont suivi la fin de la 3e étape du Tour de France, ce lundi. Plus rapide que tout le monde dans le final tortueux de Bayonne, le Belge de l’équipe Alpecin a bien cru voir la victoire lui être enlevée pour un duel limite limite avec Wout van Aert le long des barrières, alors qu’une courbe vers la droite se dessinait à 200 mètres de la ligne. Mais après une vingtaine de minutes de tergiversations, les commissaires ont fini par confirmer son succès.


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« C’est un peu dur quand la dernière ligne droite est en courbe. J’ai juste essayé de prendre la ligne la plus courte, comme on fait toujours, donc je ne pense pas avoir commis d’erreur », a réagi le Belge juste après la libération. Cette grosse frayeur passée, il a pu savourer cette victoire qui en fait incontestablement le meilleur sprinteur du moment. Et peut-être pour un bon de temps.

Car Jasper Philipsen s’impose depuis la saison dernière comme le finisseur numéro 1 du peloton quand ça compte vraiment. Sur le Tour 2022, il avait connu la frustration ultime, celle d’avoir goûté à la victoire pendant quelques secondes lors de la 4e étape, avant qu’on lui dise qu’un avion nommé Wout van Aert avait en réalité passé la ligne deux minutes avant. Il avait fini par en rire, avant de se venger en levant les bras, pour de bon cette fois, à Carcassonne. Et de terminer en apothéose en s’imposant sur les Champs-Elysées.

Un train d’enfer

Le voilà donc à trois victoires sur le Tour, encore loin évidemment des 34 de Mark Cavendish, ou des 12 de Mario Cipollini, Erik Zabel ou Peter Sagan, mais à 25 ans, il arrive dans ses meilleures années. Capable de s’adapter à tous les terrains, en témoigne sa deuxième place sur Paris-Roubaix en avril, il peut surtout compter sur une équipe qui sait y faire. Disposer d’un tracteur comme Mathieu Van der Poel qui vous dépose dans un fauteuil à 150 mètres de la ligne, ça aide à gagner des courses.

« Je suis vraiment très heureux de la performance d’équipe, avec un super poisson pilote comme Mathieu. Il a fait un boulot fantastique, a-t-il salué après l’arrivée. S’il a juste un petit espace, il est capable d’y aller avec de la vitesse, personne ne peut faire ça. » C’est vrai qu’il fallait au moins l’adresse et la puissance du tout-terrain néerlandais pour naviguer dans un peloton ultra-tendu pour cette première arrivée au sprint, après deux étapes pour puncheurs. « Ça frottait énormément dans le final, franchement quand ça arrive comme ça à 70 à l’heure avec des petites bosses et des virages, c’est pas pour moi », soufflait d’ailleurs Bryan Coquard, 10e sur la ligne, après coup.


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Philipsen, lui, s’est régalé. Et peut espérer doubler la mise dès mardi, à Nogaro. Attention quand même à Wout van Aert, qu’on a encore vu bien énervé après avoir coincé (ou avoir été coincé…) à quelques mètres du but. L’an dernier, le Belge avait accumulé de la frustration pendant trois jours avant d’éparpiller tout le monde dans le final de la 4e étape vers Calais. La bataille entre les deux Belges promet encore de beaux épisodes. Et comme sur Netflix, « Jasper the Disaster » entend bien en être le héros.