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Vous les connaissez mal, mais eux aussi vont enflammer le Tour de France

Tour de France 2023 : Powless, Philipsen, Champoussin, vous les connaissez mal mais eux aussi vont enflammer la course

Full attackNon, il n’y a pas que Tadej Pogacar, Jonas Vingegaard ou Thibaut Pinot dans la vie des fans du Tour
Quentin Ballue

Quentin Ballue

L'essentiel

  • Le Tour de France s’élance de Bilbao, en Espagne, ce samedi, avec une première étape longue de 182 kilomètres.
  • Cette 110e édition emmènera le peloton dans les Pyrénées, le Massif Central, les Alpes, le Jura et les Vosges. 30 cols sont répertoriés.
  • Ce parcours devrait faire le bonheur de pas mal d’attaquants, parmi lesquels Giulio Ciccone, Neilson Powless ou Fred Wright.

Ce samedi, France 2 est un peu the place to be. En plus du grand retour de Fort Boyard, avec Robert Pirès (qui a musclé son jeu, promis), le service public donne le coup d’envoi du 110e Tour de France. Trois semaines bien corsées pour « l’édition la plus montagneuse de l’histoire » dixit Christian Prudhomme. Le directeur de l’épreuve se réjouit de voir « les favoris du Tour épaule contre épaule dès le premier week-end », mais la course ne se résumera pas qu’à Jonas Vingegaard et Tadej Pogacar. Eux aussi, ils vont enflammer ce mois de juillet.


Fred Wright (3e participation)

Le garçon sait tout faire, et il a les cannes. Huitième du Tour des Flandres au printemps, il a réalisé un mois de juin très costaud : huitième au Chambon-sur-Lac, septième à La Chaise-Dieu, il a aussi pris la quatrième place de l’exigeant chrono disputé dans la Loire. Malgré l’objectif du classement général pour Mikel Landa, voire Pello Bilbao, le tout nouveau champion de Grande-Bretagne - un titre qu’il a dédié à son coéquipier Gino Mäder - devrait avoir sa carte à jouer dans les échappées sur les étapes accidentées, comme l’an passé, où il s’était classé deuxième à Saint-Etienne. Le genre de coureurs qui pourrait très bien crucifier Thibaut Pinot…



Giulio Ciccone (3e participation)

Lui aussi est en forme, et impressionnant de régularité. Giulio Ciccone a déjà gagné trois fois cette saison, raflant une étape sur le Tour de Valence, le Tour de Catalogne et le Dauphiné – en résistant au retour de Jonas Vingegaard. Son équipe vient clairement sur le Tour pour chasser des étapes. Le coureur des Abruzzes, porteur du maillot jaune en 2019, sera donc libre de partir au front pour décrocher sa première victoire sur la Grande Boucle, voire un maillot à pois, qui lui avait échappé pour onze petits points l’an dernier. Seul bémol : l’affreux maillot arlequin qu’il sera obligé de porter suite à l’arrivée de Lidl comme sponsor de sa formation.


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Neilson Powless (4e participation)

EF Education-Easypost déborde de coureurs qui prendront un malin plaisir à jouer les poils à gratter. Magnus Cort Nielsen avait fait le show l’été dernier. Cette fois, Neilson Powless pourrait prendre le relais. Le premier Amérindien à disputer le Tour de France est du genre à choisir la solution offensive. En 2022, il avait effleuré le maillot jaune pendant la première semaine, ainsi que la victoire d’étape à Wallers-Arenberg et en haut de l’Alpe d’Huez. Cette saison, il affiche 16 top 10, pour deux victoires. « Au fil des ans, j’ai compris comment me glisser dans les échappées, celles qui vont au bout, expliquait-il à Outside. Je peux me mettre dans ces positions, et c’est déjà la moitié du travail. La deuxième moitié, c’est juste avoir les jambes pour finir. » Maintenant, il faut mettre le ballon au fond.


Clément Champoussin (1ère participation)

Arkéa-Samsic ne nourrit aucune ambition au classement général : l’équipe bretonne visera les étapes, et rien que les étapes - bon, un ou deux prix de la combativité, ça se prend aussi. Attendez-vous à voir Warren Barguil et Clément Champoussin se glisser dans tous les coups ou presque. Habitué de la Vuelta, où il a levé les bras en 2021, le Niçois va découvrir le Tour. Il a confirmé cette année qu’il était capable de rivaliser avec les meilleurs sur les étapes casse-pattes avec deux top 10 sur le Tour du Pays basque et une quatrième place à Salins-les-Bains lors du Dauphiné. Le grimpeur de 25 ans a le profil pour nous faire rêver d’un succès le 14 juillet - avant de craquer à 4 kilomètres de l’arrivée. Allez Champoupou !


Jasper Philipsen (4e participation)

Oubliez le Jasper « Disaster » que vous avez vu sur Netflix : Philipsen est le sprinteur le plus en vue cette année avec six victoires, dont deux étapes de Tirreno-Adriatico et le Grand Prix de l’Escaut. Son podium sur Paris-Roubaix a aussi prouvé qu’il pouvait mettre le bordel autrement qu’en tant que simple finisseur. Et il devra le faire s’il veut atteindre son objectif du maillot vert. Vainqueur de deux étapes en juillet dernier, dont la plus belle, sur les Champs-Elysées, il ne supportera pas seul la pression de sa formation grâce à la présence de Mathieu van der Poel, férocement ambitieux et beaucoup plus en forme qu’il y a douze mois. Et puis même s’il venait à ne pas briller, Philipsen continuera d’animer les pages pub d’Eurosport avec le fameux : « Why do I use Alpecin ? Because I want to keep my hair ! »


Philipsen of anarchy.
Philipsen of anarchy. - SIPA

Michael Woods (4e participation)

Michael Woods et le Tour de France, ce n’est pas encore une histoire qui roule. Victime de plusieurs chutes en 2021, il a dû quitter la course à quelques heures de l’arrivée sur les Champs-Elysées en 2022 à cause du Covid. Son profil de puncheur-grimpeur en fait un candidat naturel à la victoire sur pas mal d’étapes, comme il l’a démontré ces deux dernières années en finissant troisième au Grand-Bornand et à Foix. Le natif de Toronto, qui compense ses émissions carbone en reversant de l’argent à des associations, vient de finir deuxième au Mont Ventoux et de remporter la Route d’Occitanie, alors plus d’excuses : à bientôt 37 ans, c’est le moment.


Mikel Landa (6e participation)

Le leader de Bahrain-Victorious a traversé le Dauphiné comme un fantôme, lui aussi. Mais il estime être en bonne condition au moment d’aborder son sixième Tour de France. Ses fidèles se préparent à prêcher le « Landismo » tout au long de ces trois semaines : la course commence chez lui, au Pays basque, et le parcours, avare en chrono, lui offre une occasion unique. De monter sur le podium, pourquoi pas, après avoir fini quatrième (2017, 2020), sixième (2019) et septième (2018). Et de secouer le cocotier, assurément. De toute façon, s’il veut gagner ne serait-ce qu’une étape, il sera obligé d’attaquer : dans un sprint à trois, Landa finira toujours quatrième. Aupa !