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Diallo, Platini, Keller… Qui pour prendre la présidence de la FFF ?

Affaire Le Graët : Diallo, Platini, Keller… Qui pour prendre la présidence de la FFF ?

FOOTBALLAlors que l’audit mené par le ministère des Sports, livré mercredi, a été accablant pour Noël Le Graët, la question de la succession du président de la FFF se pose
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Mercredi, le ministère des Sports a livré un audit accablant pour le président de la Fédération française de football, Noël Le Graët, dont les « dérives » sont « incompatibles » avec la fonction.
  • En retrait depuis le 11 janvier, le Breton voit sa place de plus en plus menacée.
  • S’il démissionne ou est poussé vers la sortie, 20 Minutes a dégagé quatre candidats pour le remplacer : Philippe Diallo, Jamel Sandjak, Marc Keller et Michel Platini.

On a beau être deux jours après la Saint-Valentin, il n’y aura pas d’états d’âme. Oui, après quelques mois compliqués, la relation entre Noël Le Graët et la Fédération française de football est sur le point de prendre fin. Le président de la 3F s’est bien mis en retrait, le 11 janvier, après plusieurs polémiques, en espérant de jours meilleurs, mais les morceaux ne pourront jamais se recoller.

Les signaux sont clairs pour l’ancien président de l’En Avant Guingamp : après le prérapport accablant de l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche - qui pointait que Le Graët n’avait « plus la légitimité nécessaire pour administrer et représenter le football français » compte tenu de « son comportement envers les femmes, ses déclarations publiques et les défaillances de la gouvernance » à la FFF - la mission d’inspection diligentée par le ministère des Sports a aussi épinglé l’octogénaire, mercredi.



Désormais, la balle est dans le camp de Noël Le Graët, qui est poussé à la démission par certains de ses proches. En cas de poste vacant, à la suite d’un départ volontaire (ou non) de Le Graët, quatre noms se dégagent pour prendre la succession de celui qui est visé par une enquête pour harcèlement moral et sexuel, ouverte à la suite d’un signalement fait par les inspecteurs : Philippe Diallo, Marc Keller, Jamel Sandjak et Michel Platini. On vous fait un état des lieux des forces en présence.

Philippe Diallo, le favori

Il est la figure qui a permis à la FFF de retrouver un peu de calme. Nommé président intérimaire de la Fédération française depuis la mise en retrait de Noël Le Graët, Philippe Diallo a déjà assuré plusieurs postes à responsabilités dans le sport français, comme président du Conseil social du mouvement sportif et président de l’UCPF (Union des clubs professionnels de football). « Je dois me mettre au-dessus de la mêlée à avoir pour seul souci l’intérêt général. Ce qui veut dire que les ambitions personnelles doivent se mettre entre parenthèses », expliquait ce proche de Florence Hardouin à L’Equipe.

L’avis de Gervais Martel, dans Ouest-France, qui l’a côtoyé à l’UCPF : « Il n’est pas nécessaire de monter sur la table pour se faire remarquer. Philippe a de la retenue. Il n’a pas besoin de gueuler pour expliquer ses positions, mais c’est un homme d’idées à même d’assumer ses convictions. On a fait preuve de bon sens en appliquant les statuts. Il va redonner beaucoup de calme et de sérénité à la FFF​. »

Notre pourcentage de chance qu’il soit élu : 85 %

Marc Keller, l’enfant prodigue

Le baiser du diable ? En mars 2022, interrogé par Pierre Menés, Noël Le Graët avait indiqué qu’à la fin de son mandat, en 2024, il verrait bien le président du Racing Club de Strasbourg prendre sa place : « Marc Keller est un homme qui a bien réussi sa vie et son club. Il ne la ramène pas pour tout et rien. Mais il est clair que, s’il est libre, j’aimerais qu’il prenne ma place. » Membre du Comex depuis 2016, l’ancien milieu offensif est un fidèle soutien de Le Graët, qu’il avait d’ailleurs poussé à se représenter en mars 2021.

L’avis de Fabrice Voné, journaliste suiveur du Racing Club de Strasbourg : « Je l’avais interrogé sur ça il y a quelque temps, et il n’aime pas trop qu’on en parle. C’était un peu tabou. Là, il est focus sur le Racing. La priorité absolue, c’est le maintien du club en L1. Il est aussi concentré sur la rénovation de La Meinau, pour augmenter les recettes. Il veut aussi regrouper les féminines et la réserve dans le même stade. Et puis, je ne le vois pas là-dedans, même s’il a été adoubé par Noël Le Graët. »

Notre pourcentage de chance qu’il soit élu : 15 %

Jamel Sandjak, l’outsider

Lors de la dernière élection à la tête de la FFF, en mars 2021, beaucoup avaient été surpris de voir le nom de Jamel Sandjak sur la liste des soutiens de Noël Le Graët. Et pour cause : le président de la Ligue de Paris-Île de France avait combattu le Breton pendant dix ans, en soutenant Fernand Duchaussoy (en 2011) et Jacques Rousselot (en 2017). Mais le confinement, et l’arrêt par Le Graët des championnats amateurs, a fini par convaincre par celui qui se considère comme « un passionné, une personne de confiance et un facilitateur ».

L’avis de François Charasse, président du district des Hauts de Seine : « C’est un candidat crédible pour le poste, vu ce qu’il montre sur la Ligue Paris Île de France, avec ses initiatives, son mode de consultation, notamment avec les présidents de districts, avec qui il échange au moins une fois par mois. Et puis, c’est un fervent défenseur du football amateur. Il a créé le collège des présidents de clubs, il a mis en place des dotations pour les clubs futsal et les arbitres. Tous ces aspects n’existaient pas avant qu’il ne prenne la présidence de la Ligue. Et c’est indispensable quand on est au plus haut niveau de la Fédération, car ça permet de connaître la vie d’en bas, pour paraphraser un ancien Premier ministre. »

Notre pourcentage de chance qu’il soit élu : 55 %



Michel Platini, le retour inespéré

Elle est là la surprise, le retour qu’on n’attendait pas. Etranger à la bataille des clans Le Graët/Hardouin, l’ancien n°10 de la Juventus pourrait venir doubler tout le monde au sprint. Plusieurs voix influentes, jusqu’au sommet de l’Etat, poussent même en faveur de l’ancien président de l’UEFA. Une réunion a ainsi eu lieu entre Amélie Oudéa-Castéra et Michel Platini. « Ce rendez-vous n’est pas lié à la crise de la FFF », a tenu à prévenir la ministre des Sports en amont du rendez-vous. En juillet, Platoche, dont les problèmes judiciaires sont terminés, disait lui-même ne pas vouloir « se présenter à la Fifa, à l’UEFA, à la FFF, à la Fifpro ».

L’avis de Jacques Vendroux, journaliste et ami de Platini : « Mon favori est évidemment Michel, parce que je considère que c’est l’homme de la situation, qui sera capable de faire consensus autour de lui, par rapport à tout ce qu’il a déjà fait. J’en ai parlé avec lui, et non, il n’a pas très envie de revenir. Mais si on lui demande de revenir dans l’intérêt de la France, il va revenir. »

Notre pourcentage de chance qu’il soit élu : 90 % (pour la beauté du geste), 2 % en réalité.