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Affaire Le Graët-Zidane : « Ça ne sert à rien d’attendre, il est viré », récit d’une journée mouvementée devant la FFF
FOOTBALL•Réuni ce mercredi matin au siège de la Fédération française de football, le comité exécutif a vu Noël Le Graët proposer sa mise en retrait du poste de président de la 3FAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Noël Le Graët, au terme du comité exécutif de la Fédération française de football, a décidé de se mettre en retrait en attendant les conclusions de l’audit mené par le ministère des Sports.
- Devant le siège de la FFF, à Paris, de très nombreux journalistes étaient présents pour accueillir les membres du Comex.
- Le collectif Les Dégommeuses en a profité pour demander la démission de Le Graët.
Les prix étaient attractifs. Sur le marché installé boulevard de Grenelle (dans le 15e arrondissement, à Paris), devant la Fédération française de football, on pouvait trouver un petit haut col roulé à 8 euros, un jogging à 15 euros ou des t-shirts à 5 euros. La belle affaire, même si la qualité ne semblait pas au rendez-vous. On ne connaît pas son prix, mais Noël Le Graët a, de son côté, pris une belle veste, mardi. Devant le comité exécutif, le président a entériné sa mise en retrait en milieu d’après-midi.
Empêtré dans une polémique sans fin, l’ancien président de l’En Avant Guingamp était arrivé dès potron-minet mardi au siège de la FFF – suivi à moto par un paparazzi, selon certains journalistes arrivés les premiers sur place – afin de s’expliquer devant ce fameux Comex, composé de quatorze personnes, qu’il avait réuni à 11 heures. Parmi cette grosse douzaine de dirigeants, certains visages étaient inconnus de la quarantaine de journalistes présents sur place. A tel point que l’ancien arbitre Antony Gautier, nouveau patron de l’arbitrage, est sorti de l’institution au milieu des journalistes sans être interpellé.
Trombinoscope et excitation
Néanmoins, dès qu’une personne en costard cravate approchait des locaux de la FFF, certains jetaient un œil rapide sur le petit trombinoscope maison préparé à l’avance ? « C’est lui, Philippe Lafrique ? » Oui, c’était bien lui. Celui qui gère les relations avec les Districts à la FFF a été le premier à montrer le bout de son nez à l’intérieur de la FFF. Premier, bref, moment d’excitation pour les journalistes dans la matinée, regroupés devant l’entrée de la Fédération en quête du moindre indice qui viendrait égayer une fraîche matinée.
Alors, quand Vincent Labrune est aperçu dans sa voiture, c’est une ruche entière qui se jette sur lui. Le président de la LFP, qui a fait tourner tout le monde en rond en faisant le tour du pâté de maisons avec son véhicule duquel il sort le pas affirmé et la mèche au vent, indique que « le statu quo [à la tête de la FFF] n’était pas une option », avant de s’engouffrer dans le bâtiment, bien encadré par un vigile.
Pour ce dernier, la matinée a été ardue. Après avoir passé la majeure partie du temps à filtrer les entrées pour ne laisser aucun journaliste pénétrer dans les locaux de la 3F, il a donné de sa personne pour protéger Jean-Michel Aulas, dernier membre du Comex à faire son apparition. Le président de l’Olympique Lyonnais n’a pas souhaité faire de commentaires avant la réunion. Et n’en a pas fait beaucoup plus après.
« On ne supporte plus ces modèles pour la jeunesse »
Entre ces deux moments, rien ou presque. Trois heures à patienter dans le froid, à se demander s’il fallait prendre le risque d’aller se chercher un petit gueuleton, à envisager de passer toute l’après-midi et même le début de soirée en compagnie du bruit pesant du métro, à répondre aux questions des touristes qui pensaient « voir une star ». Heureusement, il y a eu ce postier à vélo, klaxonnant, nous disant que « ça ne servait à rien d’attendre, Le Graët allait de toute façon être viré. »
Il y a eu aussi, pendant quelques minutes, le happening du collectif féministe Les Dégommeuses, qui demandaient la démission du président de la FFF. « On ne supporte plus ces modèles pour la jeunesse. On se bat contre ça, expliquait Nathanaelle Gerbaux. On espère qu’il va démissionner, pour que la FFF devienne enfin une belle Fédération. Ça fait des années qu’on sait ce qu’il se passe. Même avant la Coupe du monde, c’était sans cesse des propos haineux, racistes, homophobes. On n’en peut plus. »
Le Graët « était très malheureux »
Et puis, un peu avant 14 heures, tout s’est accéléré. Il y a d’abord eu Jean-Michel Aulas et Vincent Labrune qui ont été aperçus, au loin, en train de discuter. L’espoir, parmi le troupeau de journalistes, que le comité exécutif était enfin terminé. Et puis, les deux hommes ont disparu, avant de sortir par l’entrée principale : « Pas de commentaires, attendez le communiqué », réagissait Aulas, qui, avant de monter dans sa voiture, a quand même souligné que Noël Le Graët « était très malheureux ».
Le président de la Fédération française de football venait d’acter sa mise en retrait jusqu’aux conclusions de l’audit mené par le ministère des Sports. En attendant, c’est Philippe Diallo qui assurera l’intérim. Celui qui n'était jusqu’à présent « que » vice-président a été aperçu dans le hall d’entrée, discutant avec une collaboratrice, avant de rebrousser chemin et rentrer dans ses bureaux, sous les yeux des journalistes qui espéraient une réaction officielle. En vain.


















