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Face à l'Asvel, soirée riche en rebondissements pour Victor Wembanyama

Basket : Visite ministérielle, « déception » et dunk décisif, la soirée riche en rebondissements de Victor Wembanyama

basketMême s'il a réalisé un match en deçà des espérances, Victor Wembanyama a offert la victoire à Boulogne-Levallois, lundi, face à l'Asvel (84-83)
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Dans le choc de la 16e journée de Betclic Elite, Boulogne-Levallois a battu sur le fil l’Asvel (84-83), lundi soir.
  • Très attendu par les 2.800 spectateurs de la salle Marcel-Cerdan, Victor Wembanyama a vécu un match compliqué avant de délivrer son équipe en fin de match.
  • Le futur n°1 de la Draft NBA a bien été secondé par le meneur Tremont Waters, MVP du match.

A la salle Marcel-Cerdan (Levallois-Perret),

Et, à un peu plus de trois secondes du terme de la rencontre, la salle Marcel-Cerdan de Levallois-Perret (Hauts-de-Seine) explosa. De joie, bien sûr, afin de célébrer la victoire qui se dessinait pour les locaux face à l’un des concurrents pour le titre, l’Asvel (84-83). Mais surtout de soulagement. Oui, car, après un match très compliqué, Victor Wembanyama arrivait, enfin avec cette claquette monstrueuse qui faisait passer les Mets devant, à faire ce que tout le monde attendait de lui : dominer son adversaire, agresser le cercle, faire se lever la foule… Bref, enflammer une salle qui n'était venue quasiment que pour ça.



« Je voulais absolument qu’on offre à mon fils, qui est fan de NBA, une place pour un match des Mets avant que Victor ne parte aux Etats-Unis, avance Grégory (54 ans), croisé devant la salle une heure et demie avant le début de la rencontre. C’est la première fois qu’on vient ici, alors qu’on n’habite pas loin. » Jonathan Givony vient de beaucoup plus loin, lui. De New York, précisément. Accompagné de quelques collègues à lui, le journaliste d’ESPN a passé la semaine avec les Mets en vue d’un reportage sur le phénomène Wembanyama.

« J’adore ce mec, nous dit direct le journaliste américain, enjoué. On a pu passer du temps avec lui et c’est vraiment quelqu’un de sympa. On a de la chance de l’avoir à la Draft, il fait des choses que personne n’a jamais faites. Certains demandent s’il n’y a pas trop d’attentes autour de lui, mais il crée cette attente. On va être patient un peu, mais il n’y a aucune raison qu’il ne soit pas l’un des meilleurs joueurs de NBA. Je serais très surpris s’il ne gagnait pas le titre de MVP une année. » »

« Ce match-là, à Bercy… »

Avant la Draft, prévue à la fin du mois de juin, et la découverte de salles comme le TD Garden de Boston ou le Madison Square Garden de New York, Victor Wembanyama doit encore se « fader » la saison avec Boulogne-Levallois, sa salle de 2.800 places, son speaker qui crie (trop) fort et son kop de 30 supporteurs, dont 20 enfants de moins de 10 ans. Une ambiance sympathique, même si Vincent Collet, l’entraîneur des Metropolitans 92, aurait préféré un autre cadre pour accueillir cette affiche face à l’Asvel : « On était blindés de chez blindés. On a dû refuser 6.000 demandes. Ce match-là, à Bercy… »

Bien qu’empêtrée dans les galères liées au cas Noël le Graët, Amélie Oudéa-Castera faisait partie des privilégiés qui ont pu assister à la rencontre. La ministre des Sports est même allée faire un tour dans les vestiaires pour féliciter les Mets après leur victoire. « Je l’ai présentée, notamment aux Américains, pour qu’ils sachent que c’était la ministre des Sports, raconte Collet, rieur. Ca serait surprenant qu’elle soit venue pour nous, je pense qu’elle était là pour Victor. Elle a dit aux joueurs qu’elle avait apprécié le spectacle et que, même si elle n’était pas spécialiste, elle s’était régalée. »

Waters n’a pas pris l’eau

Celui qui a régalé, en particulier, c’est Tremonte Waters. Le meneur américain des Mets a été le principal artilleur de son équipe, avec 28 points et 7 passes. Grâce à ses lay-up et ses drives, il a notamment permis à son équipe, menée de 8 points, de recoller dans le money time. C’est aussi lui qui est au départ de l’action qui amène la claquette victorieuse de Victor Wembanyama, au bout du troisième rebond offensif.


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Cette claquette dunk est donc venue ponctuer un match en dedans pour le géant français, qui retrouvait là le club qu’il avait quitté il y a quelques mois, même si la feuille de stats peut laisser penser le contraire (15 points, 9 rebonds, 5 contres). Seulement deux points, sur lancer franc, dans le premier quart-temps, une troisième période traversée comme un fantôme, des fautes pénalisantes, un zéro pointé à trois points… La soirée a été franchement compliquée pour Wemby.

« J’ai aimé le fait qu’il reste calme, commentait Vincent Collet. J’ai trouvé qu’il a été patient et plus au service de l’équipe que lors des derniers matchs. Il a une confiance en lui et une capacité d’adaptation. Il a bien suivi et ça lui montre que lorsqu’il est près du cercle, c’est là qu’il peut dominer. Il faut aussi qu’il progresse dans la prise de position, qui n’est pas suffisamment claire dans la raquette. » »

« Il ne s’est pas arrêté sur ce qu’il a pu faire lui »

Il faut dire que l’Asvel avait plutôt bien préparé son coup. Même si elle s’est souvent retrouvée avec un déficit de taille, la défense de Villeurbanne, emmenée par Yves Pons, qui a notamment fait de VW sa chose sur une action, et Charles Kahudi, a parfaitement manœuvré face au cas Wembanyama. Et pas grand monde ne s’attendait à ça dans les tribunes. « J’ai été un peu déçu du match de Victor, qui a été bien défendu par Pons, regrette timidement Clément (22 ans), de Paris. C’est un peu pour lui qu’on était venus voir ce match, donc un peu déçu de ce qu’il a fait, même s’il a donné la claquette de la victoire. Après, c’était quand même cool de le voir et le but, c’est quand même que l’équipe gagne. »

Et à voir le visage radieux de Wembanyama à la fin du match, pas avare au moment de signer les autographes et faire des photos lors du « Ovation Tour » (oui, un tour d’honneur, mais ça sonne visiblement mieux en anglais), l’essentiel était bien là. « Il était très heureux dans le vestiaire et ne s’est pas arrêté sur ce qu’il a pu faire lui, se réjouissait Vincent Collet. Et j’ai bien aimé ça. » Même si, bon, on est d’accord, celui qui est aussi sélectionneur de l’équipe de France aurait préféré que son joyau en mette trente. Nul doute que ça arrivera très vite. A Dijon, dimanche ?