Coupe du monde tous les deux ans : Pas au programme du congrès de Doha, le projet en perte de vitesse?
FOOTBALL•La FIFA a écarté son projet de Mondial biennal du menu de son Congrès jeudi à Doha, laissant planer le doute sur l'avenir de cette réforme qui a rencontré beaucoup d'hostilitéW.P, avec AFP
Le projet de Coupe du monde biennale ne sera pas remis sur la table à l’occasion du Congrès de la FIFA qui a commencé ce matin à Doha. Portée par Arsène Wenger, la réforme s’est avérée très impopulaire, notamment chez les stars du football.
S’agit-il donc d’une mise en sommeil ou d’un abandon pur et simple ? Impossible d’obtenir une réponse claire de l’instance sur sa détermination à doubler la fréquence de sa compétition reine à partir de 2026. Il n’y a aucune mention de ce dossier brûlant à l’ordre du jour du Congrès réunissant les 211 fédérations membres de la FIFA jeudi au Centre des expositions de Doha.
La FIFA avait renoncé dès décembre à programmer un vote lors de son Congrès à Doha, et ne prévoit même pas de discuter plus largement de la refonte du calendrier international à l’horizon 2024.
Manne financière et arguments de « bonne » foi
Ce souci de temporiser – sinon d’enterrer l’affaire – contraste avec le lancement en fanfare à l’été dernier d’une « étude de faisabilité » sur un Mondial tous les deux ans, alors présenté comme une piste de réforme parmi d’autres, mais qui a aussitôt suscité une farouche opposition. La FIFA assure pourtant qu’organiser une phase finale de grand tournoi chaque été, en alternant Coupe du monde et compétitions continentales comme l’Euro et la Copa America, bénéficierait « à tous ».
En décembre, l’instance mondiale promettait ainsi 19 millions de dollars (16,8 millions d’euros) supplémentaires par cycle de quatre ans à chacune de ses fédérations, quadruplant donc leur « financement de solidarité » de 6 à 25 millions de dollars sur cette période si sa réforme aboutit.
Se défendant de vouloir uniquement faire flamber ses recettes, la FIFA insistait par ailleurs sur les chances accrues « de briller » qu’elle veut offrir aux joueurs, et sur la réduction du nombre de trêves internationales infligées chaque année aux clubs. Politiquement, l’organisation s’est aussi posée en unique rempart face au creusement des inégalités sportives et financières sur la planète foot, s’assurant le soutien des fédérations africaines et asiatiques face au richissime football européen.
Le retour de la Coupe des Confédérations ?
Mais l’UEFA avait immédiatement pris la tête du front du refus, vite rejointe par son homologue sud-américaine (la Conmebol), puis par le Forum des ligues mondiales regroupant une quarantaine de championnats professionnels, et nombre d’organisations.
Quelle issue pour la FIFA ? Parmi les autres pistes à l’étude figurent un retour de la Coupe des Confédérations, mini-tournoi à huit sélections disputé entre 1992 et 2019, ou un élargissement aux équipes américaines de la Ligue des nations, créée en 2018 par l’UEFA.
Mais « aucune discussion concrète n’a été engagée », indique une source ayant connaissance des négociations, d’autant que les instances sportives ont été accaparées depuis fin février par les sanctions inédites prises contre la Russie après l’invasion de l’Ukraine.


















