CAN 2022 : Le vrai faux gardien comorien Alhadhur « mort de rire » quand il revoit ses arrêts face au Cameroun

FOOTBALL Dans « Le Parisien », le latéral droit comorien revient sur son 8e de finale passé dans les buts contre le Cameroun avec une défaite honorable à la clé (2-1)

J.L.
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Chaker Alhadhur, héros d'un soir pour les Comores.
Chaker Alhadhur, héros d'un soir pour les Comores. — Kenzo Tribouillard / AFP
  • Le comité d’organisation a décidé que le seul gardien disponible des Comores, l’ancien Toulousain Ali Ahamada, ne pouvait pas jouer le 8e de finale contre le Cameroun malgré un test négatif au Covid le matin.
  • Chaker Alhadhur, latéral de métier qui revient tout juste d’une longue blessure au genou, a passé 90 minutes dans les buts.
  • « C’est marrant. Quand je regarde les vidéos, je suis mort de rire. Je suis déjà content de ne pas avoir fait cinq boulettes et qu’on perde 6-0 », affirme-t-il dans Le Parisien.

Chaker Alhadhur. Simple remplaçant anonyme à Ajaccio dans le civil, mais star d’un soir à la CAN. Le latéral de métier, qui revient tout juste d’une longue blessure au genou, a passé 90 minutes dans les buts de l’équipe comorienne lundi soir en 8es de finale de la CAN contre le Cameroun, après que le comité d’organisation a décidé que le seul gardien disponible, l’ancien Toulousain Ali Ahamada, ne pouvait pas jouer malgré un test négatif au Covid le matin.

Malgré la défaite, le gardien intérimaire a plus que rempli son rôle, permettant aux Coelacanthes d’y croire jusqu’au bout (2-1). Il revient dans Le Parisien sur cette incroyable soirée : « Depuis ce week-end, entre nous, on en rigolait, on se charriait du genre : " C’est toi qui vas jouer gardien. Non, c’est toi… ". La première chose qu’on a faite à l’entraînement, comme des gamins, c’est qu’on a fait des frappes et que chacun est allé aux buts à tour de rôle. Mais on était dans le jeu. Le dimanche, c’était plus sérieux. Le staff avait décidé de ne pas toucher à son onze de départ. Donc, cela ne pouvait être qu’un remplaçant. Et celui qui est ressorti, c’est moi. Je n’ai rien demandé. Mais le staff a pensé que j’avais l’expérience pour pouvoir supporter cette pression, que je saurai commander la défense, jouer avec mes pieds. C’était ça le projet. »



Jusqu’au bout, poutant, Alhadhur a pensé qu’il n’aurait pas vraiment besoin d’aller aux cages, décidant d’aller s’échauffer avec ses équipiers. Il a malgré tout sorti un ou deux arrêts de grande classe pendant le match, dans un style iconoclaste. « Vous savez, je suis naze comme gardien. Déjà, je suis tout petit [1,72 m]. Mais je n’ai pas compris pourquoi les Camerounais n’avaient pas essayé  de frapper davantage de loin. Sur mes arrêts, ce n’était pas vraiment académique, comme celui où je fais main opposée, puis je me couche par terre… C’est marrant. Quand je regarde les vidéos, je suis mort de rire. Je suis déjà content de ne pas avoir fait cinq boulettes et qu’on perde 6-0 ».