PSG - Reims : Marco Verratti, l’homme qui a enfin (un peu) appris à marquer

FOOTBALL L’Italien a ouvert le score contre Reims et on peut le créditer, avec un peu de mauvaise foi, du troisième but parisien. Une rareté

William Pereira
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PSG - Reims : Le débrief express de la victoire 4-0 de Paris — 20 Minutes

Au Parc des Princes,

S’il y a bien un moment où il faut monter en puissance, c’est bien à l’approche d’un 8e de finale de Ligue des champions contre le  Real Madrid. Sergio Ramos, qui a collectionné quelques petits trophées avec son ex, est bien placé pour en parler. « C’est le meilleur moment pour arriver en forme », confirme l’Espagnol au micro de Prime Video. Si le défenseur, auteur du 2e but du  PSG contre le  Stade de Reims, fait allusion à son cas personnel, on se permet de l’appliquer également à celui de Marco Verratti.

Au top, « à son prime » comme on dit, l’Italien à une fois de plus démontré qu’il était vital au milieu de terrain parisien. Positionné tantôt en meneur de jeu reculé, comme en tout début de match où il a multiplié les sorties de balles périlleuses, puis en relayeur sur un côté, le milieu de terrain a été brillant. Il a réussi tout ce qu’il a entrepris, à l’exception de cette chute burlesque en fin de première période, alors qu’il remontait le terrain, balle au pied.

Dixième but à Paris

Et à part ça ? Marco a marqué. Une fois, peut-être deux ? Va pour une et demie, bien que les registres ne retiennent que l’ouverture du score. Un amour d’extérieur du mauvais pied, comme si le but en soi n’était pas assez rare comme ça. Le second, un tir chanceux détourné 56 fois avant d’atterrir dans le but de Rajkovic, a finalement été attribué à Wout Faes, contre son camp. Mais qu’importe, Verratti a fait se lever deux fois la poignée de supporters parisiens présents au Parc des Princes. Et c’est tout ce qui compte pour Mauricio Pochettino, qui applaudit en conférence de presse :

 « C’est important que Marco ait trouvé le but. C’est bien qu’un joueur qui ne marque pas souvent le fasse. On connaît ses qualités dans le jeu, et il devrait pouvoir ajouter les buts à son jeu. »
 

Petit rappel des chiffres. Le milieu de terrain vient d’inscrire son 10e pion en 363 matchs avec le maillot du PSG, on vous épargne le ratio à 10.000 décimales, ne tirons pas sur l’ambulance qui a l’habitude de transporter ce joueur bien fragile à l’infirmerie. Si on compte les buts avec la Nazionale et Pescara, on monte péniblement à 15 en approximativement 500 matchs chez les pros. S’il n’a jamais vraiment marqué, c’est avant tout qu’il n’a jamais vraiment tenté. Sa prestation contre Reims est finalement l’aboutissement d’un processus d’autant plus lent qu’il vient de très loin. La preuve avec deux stats édifiantes du début de carrière de Verratti, à l’époque sorties par Opta.

  • 2012-13 (PSG) : Une saison à 0,06 tir/match
  • 2013-14 (Italie) : Cinq matchs, zéro tir

Plus haut, donc plus de tirs

Bref, l’adage « qui ne tente rien n’a rien » a été fait sur mesure pour le hibou, qui a souvent justifié ses carences en statistiques par un positionnement très bas avec le PSG. C’est pour ça, disait-il à la Rai en 2019, qu’il apparaît sous un meilleur jour avec l’Italie de Mancini avec Jorginho en appui. A moitié recevable – combien de fois n’a-t-on pas vu l’Italien choisir la passe à 2m50 des buts adverses quand bien même il jouait bas – mais recevable quand même. Car on sent bien que son repositionnement pas très conventionnel en relayeur de côté lui permet de se projeter un peu plus et de fait de se retrouver dans des zones du terrain plus favorables à la finalisation d’actions. Autre signe qui ne trompe pas : à l’échauffement avant les matchs, l’Italien ne fait plus semblant quand il prend part aux exercices de frappe. Et, spoiler alert, là aussi il marque. Verratti en franc-tireur, la mutation la plus surprenante de 2022 ?