OM : « Ça suffit ! C’est nous qui morflons », le coup de gueule de Dimitri Payet contre les violences dans les stades

VIOLENCES Dimitri Payet a poussé un nouveau coup de gueule à l’encontre des violences dans les stades de Ligue 1, tout en appelant à plus de solidarité entre joueurs et clubs

Adrien Max
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Dimitri Payet reçoit une bouteille d'eau sur le crâne lors d'OL - OM.
Dimitri Payet reçoit une bouteille d'eau sur le crâne lors d'OL - OM. — PHILIPPE DESMAZES / AFP
  • Dans une tribune publiée sur Le Monde, Dimitri Payet prend une nouvelle fois position contre les violences dans les stades de Ligue 1.
  • Le milieu de l’OM avait été lui-même visé par un jet de bouteille, lors du match interrompu contre l’OL.
  • Il évoque les conséquences pour les joueurs agressés, et appelle les joueurs et les clubs à plus de solidarité pour lutter contre ces violences.

Une prise de parole aussi rare qu’importante. Le meneur de jeu de l'Olympique de Marseille Dimitri Payet a publié ce mercredi sur Le Monde une tribune contre les violences dans les stades. Cette prise de parole intervient à la veille de la réunion interministérielle sur le sujet.

« Depuis la reprise du championnat de Ligue 1, des scènes de violence se multiplient dans les stades. J’en ai été la victime la plus médiatisée, même si je ne suis pas le seul à avoir été agressé d’une façon particulièrement lâche et inacceptable », débute-t-il, en prenant le soin de préciser qu’il n’agit pas à la demande de son club. Il le fait pour « essayer d’apporter un point de vue » et faire en sorte que la réunion interministérielle « ne soit pas sans lendemain ».

« Ne nous divisons pas »

Le numéro 10 revient sur les conséquences de telles agressions, comme il en a subi à Nice, puis à Lyon. « J’ai été autant blessé par la bouteille que par l’impression d’être le responsable des violences et de l’arrêt du match. Je dis stop ! Y en a marre », en rappelant que les joueurs sont les premiers concernés par ces violences. « Ce sont les joueurs, c’est nous qui morflons. Et en l’occurrence, c’est moi qui tire les corners. Je dois arrêter de les tirer ? Arrêter de jouer ? Dites-moi », s’interroge-t-il.

Pour faire changer les choses, il appelle à la solidarité entre joueurs et clubs. « Ne nous divisons pas parce que nous portons les couleurs d’un club. Le football doit s’élever, notre Ligue 1 est belle. Lorsqu’il s’agit de notre sécurité, j’aimerais que l’on oublie nos appartenances, qu’il n’y ait ni maillot, ni fanions, ni couleurs », plaide-t-il. Avant de regretter les propos de Jean-Michel Aulas, le président de l’OL. « J’entends des choses dégoûtantes, comme par exemple des propositions visant à remplacer le joueur qui serait victime d’une agression pour reprendre le match coûte que coûte. Mais c’est de la folie pure ! C’est la porte ouverte à tout », estime Dimitri Payet.

Des annonces attendues jeudi

Le joueur formule une demande claire. « Voilà ce que j’aimerais : au prochain incident, quel que soit le stade et y compris l’Orange Vélodrome, je voudrais voir les deux capitaines, les deux entraîneurs se réunir dans le rond central et décider de ne pas reprendre. C’est aussi aux joueurs désormais de prendre leurs responsabilités. Je sais que cela va faire blêmir les dirigeants de clubs, ceux du foot français et les diffuseurs, mais j’aimerais que cette idée fasse son chemin parce que ça suffit ! », conclut-il.

Des annonces sont attendues à l’issue de la réunion interministérielle de ce jeudi. L’Olympique de Marseille a également annoncé faire appel​, auprès de la FFF, de la décision de la commission de discipline de la LFP qui avait infligé un point de retrait à l’OL, et de rejouer le match OL-OM à huis clos.