Ligue 1 : Un match en clair par journée, masse salariale limitée… Les propositions de la mission parlementaire pour le foot français

FOOTBALL Cédric Roussel, président du groupe d’étude « Economie du sport », a présenté ce mercredi matin devant l'Assemblée nationale les conclusions de ses travaux concernant le modèle économique du football français

N.C.
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Une caméra filme la rencontre de Ligue 1 entre Lyon et Clermont, le 22 août 2021.
Une caméra filme la rencontre de Ligue 1 entre Lyon et Clermont, le 22 août 2021. — ALLILI MOURAD/SIPA

Après avoir entendu les principaux acteurs du fiasco Mediapro pour tenter de comprendre comment on avait pu en arriver là, le député Cédric Roussel s’était lancé il y a quelques mois dans une vaste consultation pour rendre le modèle économique du football français plus solide, et ainsi éviter qu’une nouvelle catastrophe vienne le secouer durement. Le président du groupe d’étude « Economie du sport » a présenté ce mercredi matin les conclusions de ses travaux devant l'Assemblée nationale.

« Grâce aux 60 auditions qui nous ont permis d’entendre près de 150 personnes et à une consultation citoyenne qui a recueilli plus de 8.000 contributions, nous avons pu conduire une réflexion d’ensemble sur le financement du sport par les droits de diffusion », écrit-il dans un communiqué, avant de détailler ses propositions.

Conforter et sécuriser les droits TV

Les premières visent à conforter et sécuriser les droits TV. Parmi elles, les principales visent notamment à permettre davantage de souplesse dans la durée de commercialisation des droits, à autoriser la création d’une société commerciale par la LFP en vue de l’exploitation et la gestion des droits, et à mettre en place un lot d’un match en clair par journée de championnat pour soutenir son exposition.

Le groupe d’étude propose également la création d’un lot highlights pour la diffusion en clair d’images de matchs, la création d’un lot streaming afin de s’adapter à l’évolution des usages et élargir la base des abonnés, une meilleure garantie financière et le versement d’un acompte à la conclusion de l’appel d’offres, et enfin la possibilité pour la LFP de s’opposer à la sous-licence des droits.

Une meilleure régulation

Les propositions suivantes ont trait à l’évolution du modèle économique des clubs et une meilleure régulation du football, notamment via un allongement de la durée du premier contrat professionnel, une limitation de la masse salariale et un plafond de 25 joueurs sous contrat. Sans oublier que le changement serait encore plus efficace s’il provenait d’une volonté commune au niveau européen.

« Soit on défend un modèle basé sur le droit de la concurrence, comme le fait la Cour de justice de l’UE, soit on défend le modèle sportif européen qui participe de nos valeurs européennes. Aujourd’hui, nous sommes dans un entre-deux, avec une concurrence faussée et des valeurs dévoyées », estime Cédric Roussel.

Une dizaine d’offres pour la future société commerciale

Mardi, la LFP annonçait avoir reçu une dizaine d’offres de la part « d’investisseurs financiers de premier plan, reconnus notamment pour leur forte expertise dans le domaine du sport, du divertissement et du digital », pour son projet de société commerciale. Ce dernier, porté par Vincent Labrune, doit permettre d’apporter une manne financière aux clubs de Ligue 1 et de Ligue 2.

Comme l’a expliqué Vincent Labrune samedi dernier lors de l’assemblée générale de la Fédération française (FFF), l’objectif est d’attirer un « partenaire minoritaire » au sein de cette société filiale de la LFP, à court terme pour sauver l’économie du football et à moyen terme pour être plus compétitif au niveau européen. La LFP avait modifié ses statuts en juin dernier, ouvrant la voie à la création de cette structure. En mars, l’Assemblée nationale avait adopté une proposition de loi validant le projet, qui doit encore être soumise au Sénat début 2022, a priori en janvier.