Euroligue : Même battue par le Real Madrid, l’Asvel « n’abandonne jamais » et ravit l’Astroballe

BASKET Très en vue en ce début de saison dans la plus prestigieuse compétition européenne, les Villeurbannais se sont logiquement inclinés mardi contre l’ogre madrilène (74-87)

Jérémy Laugier
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L'ambiance est montée crescendo mardi à l'Astroballe, même si l'Asvel a payé durant tout le match sa mauvaise entame contre le Real Madrid.
L'ambiance est montée crescendo mardi à l'Astroballe, même si l'Asvel a payé durant tout le match sa mauvaise entame contre le Real Madrid. — Jérémy Laugier/20 Minutes
  • L’Asvel a concédé sa quatrième défaite de la saison en Euroligue, mardi à l’Astroballe, face au Real Madrid (74-87).
  • Proches d’une énorme claque peu après la mi-temps (- 21), les joueurs de TJ Parker ont tout de même affiché un visage très combatif et ont tout fait pour s’accrocher.
  • L’enceinte villeurbannaise, à guichets fermés mardi, peine parfois à s’enflammer comme elle a pu le faire lors des fins de match haletantes contre l’Anadolu Efes Istanbul et le CSKA Moscou.

A l’Astroballe (Villeurbanne),

Les 5.560 spectateurs de l’Astroballe n’ont cette fois pas eu droit à un dénouement fou furieux comme contre l’Anadolu Efes Istanbul (75-73), le CSKA Moscou (70-68) et Kazan (85-82). Menée durant l’intégralité de son 10e match d’ Euroligue de la saison, mardi face au Real Madrid (8-20 après 5 minutes de jeu), l’équipe de  l’Asvel s’est logiquement inclinée (74-87). Lourdement handicapés par les blessures de cinq joueurs (Lighty, Diot, Howard, Wembanyama et Morgan), les Villeurbannais marquent le pas avec trois défaites lors de leurs quatre derniers matchs, toutes compétitions confondues.

« On est tombés sur une très grande équipe du Real Madrid, il faut le reconnaître, indique l’arrière de l’Asvel Paul Lacombe. OK, on a pris zéro rebond en premier quart-temps, mais car ils n’ont rien raté, tout simplement. C’était assez incroyable. » Dévorés durant toute cette première période (24-33), durant laquelle seul l’épatant Elie Okobo (16 points, 26 au final) a maintenu son équipe dans le match, les joueurs de TJ Parker comptent toujours un bilan positif dans la plus prestigieuse compétition européenne (6 victoires et 4 défaites).

Elie Okobo est le leader offensif de l'Asvel sur ce début de saison, à l'image de ses 26 points et 6 passes décisives réalisées contre le Real Madrid d'un grand Fabien Causeur (25 points en 18 minutes).
Elie Okobo est le leader offensif de l'Asvel sur ce début de saison, à l'image de ses 26 points et 6 passes décisives réalisées contre le Real Madrid d'un grand Fabien Causeur (25 points en 18 minutes). - Jérémy Laugier/20 Minutes

Une déroute évitée, grâce à un improbable 16-3 infligé à – 21

Le rêve d’atteindre le Top 8 en avril reste donc évidemment d’actualité avant d’accueillir le Barça vendredi (à 21 heures). Pas de quoi aider l’entraîneur villeurbannais à relativiser. C’est avec le regard très sombre que le frère cadet de Tony Parker s’est présenté en conférence de presse, ne digérant pas l’entame de son groupe. Et si cette déception très marquée de perdre contre un tel cador, trois semaines après l’exploit face au CSKA Moscou, symbolisait les nouvelles ambitions du club ?

TJ Parker était remonté contre son groupe mardi, après cette deuxième défaite consécutive en Euroligue.
TJ Parker était remonté contre son groupe mardi, après cette deuxième défaite consécutive en Euroligue. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« Non, l’an dernier, j’étais déjà tout aussi déçu après chaque défaite en Euroligue, assure TJ Parker. Déjà que je n’aime pas perdre aux jeux vidéo… » Cette mentalité rejaillit sur une équipe qui filait droit vers sa première déroute de la saison juste après la mi-temps (54-75, 22e). Mais un improbable 16-3 a alors permis aux Villeurbannais de rêver d’un hold-up, à – 8 à cinq minutes du buzzer. Paul Lacombe raconte cette belle séquence.

Nous nous sommes battus pour revenir. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on n’abandonne jamais. On n’accepte pas de se prendre 20 points, même contre une telle équipe. »

« C’est davantage un public de spectateurs que de supporteurs »

Mise à mal par un Real aux allures d’équipe de France (51 points pour le quatuor de tricolores Heurtel-Yabusele-Poirier-Causeur, dont 25 pour ce dernier en seulement 18 minutes), cette combativité n’a pas échappé au public d’une Astroballe, à guichets fermés. « Ça faisait des années qu’il n’y avait pas eu aussi souvent une telle ferveur dans l’ensemble de la salle, estime Cécile, qui a rejoint en 2016 l’unique groupe de supporteurs du club, les Green Gones [70 membres dans le kop]. C’est peut-être lié au style de l’Euroligue, qui est devenu beaucoup plus spectaculaire. »

Les Green Gones forment le kop de supporteurs de l'Asvel.
Les Green Gones forment le kop de supporteurs de l'Asvel. - Jérémy Laugier/20 Minutes

« Franchement, l’Euroligue, ça envoie toujours, ça n’a rien à voir avec le championnat de France », poursuit Romain (26 ans), amateur de basket et régulièrement présent à l’Astroballe. A ses côtés, Vincent (48 ans) nuance l’idée d’une euphorie permanente dans l’enceinte villeurbannaise : « En fait, ça ne s’enflamme que dans un money time vraiment serré. C’est davantage un public de spectateurs que de supporteurs. S’il n’y a pas le panier qui met le feu dans les dernières minutes, ça reste calme comme ce soir ».

« On peut davantage s’identifier à l’Euroligue qu’à la NBA »

Autant dire que si l’Astroballe affichait complet mardi, tout comme face au CSKA Moscou, la question du remplissage dans la future Arena de Décines, programmée pour fin 2023, risque de se poser, au vu de sa capacité annoncée autour des 12.000 places en version basket. La sono a beau balancer un mythique C’est bon pour le moral pour célébrer une bombinette à trois points d’ Elie Ekobo, un groupe d’amis reste aussi dubitatif sur l’ambiance mise à Villeurbanne, hormis lorsqu’il s’agit d’huer à l’unisson ce cher Rudy Fernandez. « Jusque-là, ce n’est pas si chaud que ça dans les gradins quand ce n’est pas ultra-serré. Le public ne sait pas mettre la pression suffisante pour gratter des coups de sifflet des arbitres qui auraient pu être importants ce soir », lancent Jérémy et Seydou.

Tout comme eux, Thibaud a quand même tenu à s’abonner pour les 17 matchs à domicile d’Euroligue (et non pour le championnat de France), pour 220 euros. « L’Asvel joue bien cette saison et l’Euroligue permet de découvrir de gros joueurs dans toutes les équipes, confie-t-il. On peut davantage s’identifier à cette compétition qu’à la NBA, car c’est un basket qui se rapproche bien plus de ce qu’on fait nous. » Seydou et Jérémy retiennent difficilement leur rire, les trois compères évoluant en Départementale 3 à Francheville (Rhône), où la priorité pour le prochain entraînement de jeudi est d’optimiser le combo gagnant beaujolais nouveau-raclette.