France - Belgique : Un penalty, une passe dé... A Turin, Kylian Mbappé a pris ses responsabilités

FOOTBALL Kylian Mbappé sort grandi d'une semaine marquée par ses turbulences qu'il s'est lui-même imposées

William Pereira
— 
Mais oui Kyky!
Mais oui Kyky! — Insidefoto/Sipa USA/SIPA

De notre envoyé spécial à Turin,

S’il était possible de remonter dans le temps, on retournerait à la 10e minute de Belgique-France pour parier avec le nous du passé que Kylian Mbappé finirait homme du match avec un but et une passe décisive, chose à laquelle on ne croyait évidemment pas à ce moment de la rencontre. Certes, on regardait l’attaquant parisien avec l’œil de l’intransigeance, résultat de l’agenda médiatique qu’il s’est imposé en début de semaine, mais ses premiers pas sur la pelouse du Juventus Stadium – où sa première expérience en pro, avec Monaco, s’était soldée par un échec – jeudi soir n’ont pas été brillants. Intéressant une fois sur son rush initial où sa talonnade en retrait est malheureusement interceptée par Denayer, souvent caricatural et approximatif, Kyky termine la première mi-temps sans avoir inquiété Thibaut Courtois. 45 minutes de plus comme ça et le ciel lui tombait sur la tête, et nous avec.

Mais Kylian Mbappé n’est pas n’importe qui. 50 sélections à 22 ans, ça vous pose un bonhomme. On peut lui reprocher d’avoir l’ego des champions, il a prouvé en avoir également le sens des responsabilités et le mental de fer. A force de percuter, provoquer et chercher le duel quitte à se foirer à plusieurs reprises, l’attaquant a fini par trouver la faille dans la défense belge en sortant le bon dribble et la bonne passe pour Benzema sur le 2-1. Enfin, il ne s’est pas dégonflé quand l’attaquant du Real lui a offert le penalty de l’égalisation, transformé en patron dans la lulu. Une succession d’événement qui méritait bien les louanges du capitaine Hugo Lloris.

« Prendre cette responsabilité, c’est fantastique de la part de Kylian. Bien sur il y a le talent mais on sait qu’il a aussi un mental de vainqueur. On est tous contents pour lui parce qu’il le mérite. »

Le match contre la Belgique aura permis de gommer certains doutes nés des récentes performances poussives de la part de Mbappé, qui restait sur six matchs sans marquer le moindre but en équipe nationale. Et d’effacer certaines inquiétudes dont le joueur, si friand de marques d’affection, avait fait part dans ses dernières interviews : non, la France n’est pas meilleure sans lui et oui, ses coéquipiers et son sélectionneur l’adorent.

Didier Deschamps, dithyrambique en conférence de presse : « J’ai toujours fait en sorte d’être avec lui, derrière lui. J’ai reconnu sa détermination à l’Euro, il avait de très bonnes intentions, il lui a manqué l’efficacité. En septembre, il a été blessé. Il y a beaucoup d’exigence, d’attente autour de lui, mais j’ai toujours très bien su que l’équipe de France sera plus forte avec Kylian. Je n’ai jamais eu de doute, ça lui fait du bien à titre personnel, oui, mais depuis son arrivée cette semaine, j’ai bien senti que c’était un match pour lui. » Facile à dire après coup, Didier, mais là encore, il nous manque cette fichue machine à remonter dans le temps.