France - Belgique : Inquiétants puis bouillants, les Bleus renversent les Diables Rouges à Turin

FOOTBALL Renversants, les Bleus ont (encore) battu la Belgique pour se qualifier en finale de la Ligue des Nations

William Pereira
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France - Belgique : Le débrief de la victoire des Bleus — 20 Minutes

De notre envoyé spécial à Turin,

Après Saint-Pétersbourg, Turin élue ville amie de l’équipe de France. Trois ans après la demi de Coupe du monde victorieuse contre la Belgique, les Bleus ont remis ça en battant les Diables Rouges d’entrée de Final Four au terme d’un match complètement dingo, au Juventus Stadium (3-2). C’était pourtant mal parti : menés 2-0 à la pause, les hommes de Didier Deschamps se sont offerts une remontada qu’a sûrement appréciée Arnaud Montebourg. En finale, les Bleus retrouveront l’Espagne, tombeuse de l’Italie.

Un peu de seum, beaucoup de spectacle

Si l’on doit faire preuve d’objectivité, on peut dire que l’amateur de football a passé une belle soirée à Turin, où il a obtenu le très beau match qu’il était venu chercher. Propre, intense mais sans animosité. Il y a bien eu quelques débiles pour siffler la Marseillaise, et des railleries du côté des supporters, mais il y avait aussi, surtout en première période, une certaine courtoisie dans cette manière de laisser à l’autre équipe ses phases de possession autour de la surface. Avec une meilleure maîtrise des intervalles chez nos amis Belges, portés par un tandem De Bruyne-Hazard particulièrement brillant en première période.

Une première mi-temps en dedans

Côté français, Deschamps opte pour la compo attendue en l’absence de Kanté. Un 3-4-1-2 amovible en 5-3-2 en phase défensive, un temps fiable malgré une première alerte prématurée de De Bruyne après une bourde de Koundé, mais qui finira par s’effriter au fil des minutes, jusqu’aux deux estocades belges (38e et 48e) en fin de première période.

Difficile, d’ailleurs, de parler de ce temps faible en épargnant Hugo Lloris. Le capitaine français est sans aucun doute (un peu) fautif sur les deux actions, même si on en voudra plus à Benjamin Pavard de s’être fait promener comme un touriste par le premier buteur, l’ancien Monégasque Carrasco, sur son couloir droit. Sur le second, on peut reprocher au gardien tricolore de ne pas boucher un angle, même déjà bien fermé, face à un attaquant du pedigree de Romelu Lukaku, mais la sacoche du gardien belge est telle, qu'à part Goldorak, franchement...et puis Lloris était là en fin de match pour sortir une frapasse de De Bruyne qui sentait la douche froide. 

Théo Hernandez, la belle histoire

Offensivement, le début de match est poussif. Kylian Mbappé touche pas mal de ballons mais ne les utilise pas proprement et ne parvient pas à profiter de la bonne relation Griezmann-Benzema. Résultat des courses, le trio défensif belge s’est régalé et Courtois n’a rien eu à faire jusqu’au retour des vestiaires, synonyme de réveil pour les Bleus.

Plus agressive, la France s’installe dans le camp belge et sèvre l’adversaire de ballons. Les Belges craquent vite sous la pression : à la 60e, sur un formidable tir en pivot de Benzema après un bon travail de Kylian Mbappé, buteur dix minutes plus tard sur un penalty obtenu par Antoine Griezmann. Et, après une dernière frayeur sur un but refusé à Lukaku, le match finit de basculer en faveur de la France. Pogba trouve l’équerre sur coup-franc et, surtout, Théo Hernandez se permet de terminer le travail dans les arrêts de jeu pour sa première avec son frère sous le maillot tricolore. La belle histoire au bout de la nuit.